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 De la difficulté d'échanger sur l'ésotérisme

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Silence
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   Posté le 23-02-2013 à 21:33:09   Voir le profil de Silence (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Silence   

De la difficulté d'échanger sur les sujets ésotériques


Salut à tous, ça fait longtemps que je n'avais pas parlé ici.
Une des raisons, outre le temps qui me manque, se trouve fondée dans le présent sujet.

En effet, il est si difficile d'échanger sur les sujets subtiles, que je me demande bien souvent si cela en vaut vraiment la chandelle.

Quelque soit le domaine, plus on veut s'approcher du cœur même du sujet, plus cela est difficile.

Tout d'abord l'interlocuteur a toujours ses limites, dans l'acceptation d'idées qui lui sont nouvelles. S'il est profane au sujet, il sera tout de suite dubitatif et fermé. Si il est coutumier du sujet, alors il adhère déjà à un courant ou une variante, et il ne souhaitera pas entendre un nouveau son de cloche.

Après quelques années sur le chemin, j'ai vite compris pourquoi un des quatre piliers de l'occultisme est 'se taire'. Ce n'est pas parce qu'il faut garder jalousement ses secrets, non, c'est plutôt parce que cela n'apporte généralement rien de bon de vouloir les partager.

Je suis déjà passé pour faisant du prosélytisme auprès de certains bons amis, juste pour avoir voulu partager ma connaissance dans une démarche purement altruiste et généreuse. Cela aura été ma première leçon: laisse les matérialistes dans leur matérialisme, fussent-ils tes amis. Leçon que j'ai mis du temps à accepter, puisqu'étant moi-même extrêmement curieux et aimant prendre tout ce qui est spirituellement bon à prendre, j'accorde toujours une oreille très attentive à toutes les idées que l'autre partage avec moi, surtout si elles sont différentes des miennes.

Bon, avec le temps, je me suis vite rendu compte qu'il n'y a pas qu'avec les matérialistes qu'il est difficile de discuter. Les ésotéristes ne sont pas plus ouverts. La plupart du temps, ils se figent sur un courant, un credo qu'ils porteront haut comme un étendard et pour lequel ils sont prêts à en découdre, rhétoriquement parlant, si toutefois l'idée émise par un autre remet en cause tout ou partie de ses croyances. Ironiquement, beaucoup se présentent comme des "cherchants". Mais les pires sont encore ceux qui pratiquent sorcellerie ou magie, où la vanité et les guéguerres d'ego sont légions.

Finalement, la seule chose qu'il est possible de faire, c'est de "respecter les croyances d'autrui": un joli terme pour cacher qu'on ne pourra jamais échanger sur le fond des choses, qu'on se contentera surtout de banalités superficielles, qu'après chacun repartira de son côté sans que la discussion n'ait permis à aucun de progresser d'un iota.

Pour ma part, ne faisant parti d'aucun carcan, ma position est encore plus délicate. Ca ne fait pas sérieux quand des idées ne sont pas appuyées par une foule qui se chiffre en milliers ou en millions. Du coup, j'adopte la posture du "p'tit candide": si mon interlocuteur ne veut pas de mon expérience, tant pis pour lui, moi je prends volontiers la sienne! Inutile de tourner une discussion en débat stérile, autant gagner du temps et qu'il m'en dise un maximum sur son interprétation des mystères dans le temps qu'il nous est imparti.

Sur mes recherches, à part mon frère et ma compagne, je n'ai trouvé nulle âme à qui les confier. En général, les prémisses de la discussion suffisent à m'en dissuader. Même sur internet, j'ai mon blog et il y a ce forum, j'ai longuement hésité, et pourtant chaque fois que je tire les cartes pour savoir si je peux, les cartes sont catégoriques: TAIS-TOI. Ce n'est pas un "bof ça ne servira à rien", ou un non un peu mou, un peu tiède... c'est un NON énergique. La diffusion grand public me semble interdite (enfin "grand public"... je dois avoir 1 visite par jour sur mon blog délaissé, mais ça a l'air déjà trop). Trois fois que je demande, et trois fois exactement la même réponse des cartes, sans nuance.

Je m'interroge sur cette difficulté d'échanger, j'ai pu constater autour de moi que c'était courant, voire même la règle. Mais j'aimerais avoir votre opinion. Sommes-nous condamnés à effleurer les sujets sans jamais oser les aborder de front?

Finalement, si c'est une fatalité, peut-être qu'il y a un vrai sens derrière cette difficulté: chacun aurait ainsi la charge de trouver la Vérité par lui-même, ce serait alors une vertu de l'Univers pour nous faire sortir des sentiers battus, pour éviter que l'humanité ne s'encroute dans des certitudes bien trop relatives.



À vous de jouer!


Edité le 23-02-2013 à 21:41:15 par Silence


enliin
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enliin
   Posté le 05-03-2013 à 16:34:39   Voir le profil de enliin (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à enliin   

Salut Silence, content de te lire à nouveau

Je trouve aussi qu'il est difficile, et parfois même dangereux d'échanger sur ce genre de sujets.

Le choix de l'interlocuteur est fortement limité, peu de gens se penchent vraiment sur le fond des choses. La plupart préfèrent passer le temps qu'il leur est donné de vivre sur cette terre sans trop se compliquer la tâche, et je les comprend.
Et pour ceux qui aiment chercher des réponses à l'existence, comme tu le disais beaucoup sont fermés aux nouvelles idées.

Chacun a sa propre vérité, qui lui confère sa vision de la création, sa vision du créateur, quel qu'il soit, ou qu'il ne soit pas.
Echanger sur cette vérité personnelle, ces fondements qui font la foi d'un homme, c'est prendre le risque de voir son univers intérieur s'effondrer. Il est plus simple et plus sûr de cacher profondément ses sujets ou de se fermer aux idées extérieures.

Il existe aussi la limite de la langue, comment exprimer avec des mots des idées,des visions et des concepts si subtils ? L'exercice est difficile et si même on y parvient tout de même, les mots risquent d'être mal compris.

A force de recherches on trouve parfois des choses magnifiques, simples, pures et on voudrait les faire partager. Mais ces sujets sont si subtils qu'ils changent la vie d'un homme. Je pense que ce changement doit se faire seul, en tête à tête avec soi-même, parfois peut être soutenu par des forces plus élevées, de subtil à subtil.


Je pense que si l'ont souhaite partager, alors le mieux n'est pas de faire part de sa propre vérité, mais de guider l'interlocuteur pour qu'il trouve la sienne.


Mais tout ceci n'est que mon opinion, j'espère Silence qu'elle pourra t'aider à te dire que tu n'es pas seul à te sentir parfois très seul héhé.

Ce sujet est excellent, j'aimerai aussi avoir d'autres opinions !

A bientôt,

Enliin

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"Ni les vivants ni les morts, le Sage ne les pleure" ext. Bhagavad Gita
Silence
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   Posté le 10-03-2013 à 14:22:29   Voir le profil de Silence (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Silence   

Salut Enliin,

Ce qui m'attriste le plus, c'est qu'il y a une chose que j'ai compris depuis longtemps: il y a de multiples interprétations à l'univers, et que connaître l'univers, c'est les embrasser toutes à la fois.

Ceux qui s'enferment dans une interprétation précise se condamnent eux-même... Mais comment leur faire comprendre?

Récemment j'entendais une discussion entre un scientiste et quelqu'un de plus religieux. À deux moments précis de la conversion, le scientiste a tour à tour dénigré son interlocuteur en lui faisant comprendre (poliment) que ce qu'il disait été absurde et incensé, puis un peu plus loin il a déclaré que TOUT dans l'univers était logique.

Ce qui m'a tout de suite fait dire en moi: si vraiment tout dans l'univers est logique, alors ton interlocuteur l'est aussi, non? Ou alors si ton interlocuteur est absurde, l'univers a sa part d'absurde. Une chose est sûre: au moins l'une des deux propositions est FAUSSE.

Ca a l'air de rien, cette petite anecdote, mais on peut la transposer partout. Quand deux personnes ne sont pas d'accord sur ce genre de sujets fondamentaux, chacune à tendance à nier la part de vérité de l'autre alors même que cela implique bien souvent de nier l'autre en entier avec son expérience... donc nier quelqu'un qui est pourtant devant soi. Bien souvent, la personne en face avec laquelle on a des désaccords est la preuve bien vivante de l'imperfection de notre conception.

Si notre conception du monde est parfaite, alors chacun rentre nécessairement dans son cadre, chacun ayant son rôle à y jouer. Il n'y a pas d'anomalie, si on tombe sur une anomalie, c'est que la conception du monde est fausse ou incomplète.

Bien-sûr, il y a des idées idiotes et infertiles, et pourtant il faut comprendre comment elles sont apparues, et trouver la part de vrai dans le discours d'autrui. Car oui: il y a TOUJOURS une part de VRAI. Toujours. Même dans la bouche d'un fou.
Abraxas
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Abraxas
   Posté le 15-05-2013 à 18:11:30   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Salut,

Je suis profondément d’accord avec ta constatation silence, et il me devient de plus en plus pénible d’échanger sur des sujets ésotériques dans les différents forums que je fréquente.

Je pense que nous souffrons encore de deux millénaires de logique binaire aristotélicienne qui divise le monde et la réalité en vrais et faux, avec le temps je comprends de mieux en mieux le constat de Korzybski que ce système de pensée nous à amener tout droit dans le mur. Le monde n’est pas divisé en deux, avec d’un côté les bons et de l’autre les méchants, avec une vérité absolu que nous devrions embrassé de manière dogmatique.

Il y a cependant deux vision de l’ésotérisme qui me paraisse totalement antagoniste, l’une considère que l’ésotérisme est une science, c’est-à-dire la connaissance et la mise en application de lois, et cette vision considère souvent que ces lois sont « universelles », elles représenteraient une « vérité » absolu, mais souvent caché. Cette vision scientiste implique qu’un rite magique ne serait qu’une recette à appliquer, une formule mathématique qu’on pourrait reproduire à l’infini en suivant des instructions très stricte, et quand cela ne marche pas, c’est souvent alors qu’on a pas respecter « à la lettre » les instructions données. L’astrologie, avec ces méthodes de calcul savant est un très bon exemple de cette vision scientiste, qui a véritablement commencé à dominer la pensée ésotérique au 18ème siècle avec entre autre la vision d’un homme soumis et soumettant des forces « magnétiques ». L’autre vision relie l’ésotérisme à la spiritualité et en fait ainsi une affaire individuelle, subjective et non plus objective.

La vérité je pense ne peut pas être absolu, ce que la science, qui elle se remet constamment en question nous apprend, c’est que les choses, les théorèmes, les observations, les vérités ne sont vrais que dans un référentiel donné.

Tout le monde connait les lois de Boyle et les théorèmes corollaires qui font que la température d’ébullition d’un liquide dépendra de la pression, il en résulte que dire que l’eau bout à 100° n’est qu’une réalité relative et pas universelle. De la même manière on pourrait se poser la question, que valent les constellation du zodiaque sur mars ? Ces dernières n’ont d’ailleurs aucune réalité dans les visions spirituelles et magiques de l’Amérique d’avant la colonisation et l’assimilation culturel forcé. Les chamanes amérindiens ne connaissent pas nos constellations et pourtant ils utilisent également le ciel et ces signes dans leur rites et leur spiritualité. Alors la réalité, la vérité peuvent-elles se définir en classant tout en « vrais » et en « faux » ?

On tire souvent des lois génériques de choses que nous observons ou expérimentons, c’est ce qui a fait croire jusqu’à Copernic que c’est le soleil qui se déplaçait dans le zodiaque. Les lois universelles me semble en dehors de la science « objective », plus une chimère qu’autre chose, et même dans cette dernière les contradictions sont tellement grandes qu’une loi physique n’est bien souvent vrai que dans un référentiel bien défini. Corollairement, j’ai donc du mal à « croire » à l’existence de lois universelles, comme j’ai véritablement du mal à croire qu’un référentiel soit « meilleur » qu’un autre, ce ne sont peut-être que les facettes d’une même réalité.

Un chemin ésotérique, une progression magique, une quête spirituelle, sont à mon humble avis avant tout des chemins individuels ou la remise en cause, le doute, sont les meilleurs moteurs de progression. On ne croit pas ce que nos hommes politiques nous racontent, alors pourquoi croit-on bêtement ce que l’on peut lire dans des ouvrages ésotériques ou magiques ou pire encore ce qu’un hypothétique « maitre » pourrait enseigner à ces « élèves » ?

Je m’étonne à chaque fois devant la crédulité naïve qui nous amène à croire que prononcer des paroles qui ne font aucun sens aurait une quelconque utilité ou un quelconque effet, de la même manière qu’il est totalement étonnant de voir autant de gens croire aveuglément qu’appliquer une recette issue d’un grimoire du moyen-âge aurait plus de chance de réussir que de faire confiance à la médecine moderne…. Et pourtant l’ésotérisme est « par définition » quelque chose de caché. Quand on lit dans un grimoire qu’il faut mélangé des ailes de chauves-souris et du sang de vierge, ceux qui comprennent la définition même de ce qu’est l’ésotérisme devrait savoir qu’il ne s’agit pas d’une recette à prendre au sens littéral.

J’ai de plus en plus de mal, car je me rends compte au fur et à mesure de ma progression de ce que tu implique en disant que « TOUT » contient en soit une part de vérité, cela rejoint en quelque sorte l’axiome de la magie du chaos « tout est possible », ou du moins on ne doit jamais fermer complètement la porte à cet autre « possible », celui auquel on ne croit peut-être pas encore.

On s’enferme dans des certitudes qui volent souvent en éclats dès qu’on commence à égratigner le vernis qui recouvre nos propres conception dogmatique de la réalité. On a parlé en France après l’affaire cahuzac de réintroduire des cours de « morale » dans les lycées, mais comment pourrait-on enseigner la morale autrement qu’en se basant sur des conceptions totalement dogmatiques ? Pour moi la morale se développe sur l’esprit critique et la remise en cause, par sur un enseignement de principe qu’on voudrait nous faire croire universels.

Quand j’ai créé ce forum, c’était aussi en parti liés à ce constat de la difficulté d’échange sur ces sujets, parce que je voulais un lieu de liberté, il n’y a ici aucune « lois » aucune contrainte, nous laissons les fous et les pseudos savants s’exprimer, les satanistes, les francs-maçons, les chamanes et les médiums côtoient les wiccains, les radiesthésistes, les ufologues et les écologistes….. et j’ai toujours mis en avant que les débats de rhétoriques pur était pour moi totalement stérile, c’est pour cette raison que je me fais un point d’honneur à ne presque jamais reprendre les paroles de mon interlocuteurs point par point.

Je crois encore à la confrontation des idées, et à ces lieux d’échanges ou des rencontres et des discussions comme celles que je peux avoir ici, m’aide personnellement et tout égoïstement à « ouvrir » les yeux sur mes propres biais cognitifs, sur mes propre erreurs de raisonnement, sur mes propres conception dogmatique.

Et heureusement que vous êtes là, encore et toujours fidèle au poste et prêt à reprendre le bâton de parole pour nous emmener dans des sujets passionnants…. Alors oui, je pense qu’on peut aller au fond des choses, même si les forums sont limitatifs par leur forme même, et qu’il devient de plus en plus compliqué de communiquer devant une génération de plus en plus zappeuse et qui ne fait que lire en diagonale sans même faire l’effort de comprendre le point de vue de l’autre. Mais dont on s’étonner quand la norme communicative de l’internet d’aujourd’hui se résume en des phrases de moins de 150 caractères ? Quand la relation sociale et la communication se résume souvent à un « like » ?

Grüssi

Abra

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Carita bene ordonata incipit a se met ipso
Silence
Membre du conseil
   Posté le 19-09-2014 à 17:06:13   Voir le profil de Silence (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Silence   

Salut,

Un an et demi après, le constat reste toujours plus ou moins le même: très difficile d'avoir une discussion poussée.

Si je peux me permettre de rebondir sur l'intervention d'Abra, je pense pour ma part qu'il existe des Lois Absolues, sans quoi notre univers ne pourrait tout simplement pas exister. L'univers tient en un seul parce que ses Lois sont constantes et omni-présentes.

Cela étant dit, ce n'est pas sûr que de telles Lois soient intelligibles. Je doute pour ma part qu'aucune tradition ait atteint cette connaissance absolue.

C'est vrai que beaucoup de vérités sont relatives et valables uniquement dans un référentiel donné. En général, j'ai d'ailleurs énormément de mal à intégrer des vérités beaucoup trop relatives. Pourtant j'admets que certaines d'entre elles marchent et produisent des résultats, comme l'astrologie en général.

Donc petite anecdote:

Pour l'astrologie chinoise (qui n'a en fait aucun rapport avec les astres, sauf indirectement à travers le calendrier), je me suis creusé la tête encore et encore pour comprendre comment on peut l'appliquer en France. Le scientifique en moi ne peut se taire et me faire remarquer que quelque chose n'est pas logique. Et pourtant ça marche...

Pour ceux qui ne connaissent pas, l'astrologie chinoise associe quatre couples animaux-élément en fonction de l'année, du mois, du jour et de l'heure de naissance. Au delà de la description de la personnalité, elle décrit aussi les faiblesses organiques de chacun, qui peuvent déclencher des maladies tout au long de la vie. Ce sont donc des résultats assez concrets et vérifiables.

Mais alors se pose la question de comment transposer cela à notre fuseau horaire? Pour l'année: aucun problème. Pour le mois: rarement de problème sauf aux changements de mois. Après ça se gâte pour le jour: évidemment si on utilise la ligne de changement de date qui a cours (dans le pacifique) il y a un décalage d'un quart de jour avec Pékin. Mais cette ligne de changement de date est parfaitement arbitraire et n'a aucun fondement naturel. Si cette ligne était ailleurs, il y aurait 3/4 de jours de décalage INVERSÉ avec Pékin. Donc ça changerait le signe du jour d'un cran pour tout le monde en France...

Là le scientifique en moi craque...

Dans ces cas là, nous sommes contraints d'accepter qu'on est face à une vérité relative, pas aussi excitante qu'on le voudrait, mais qui produit quand même de beaux résultats tant qu'on ne se pose pas trop de questions.

Tel que je comprends les choses, il y a des Vérités, des Lois Absolues, qui sont à la fois simples mais pas ou peu intelligibles, voire même inéffables. De ces Lois Primordiales, qui doivent en plus être peu nombreuses, se produisent des intéractions. Ces intéractions sont multiples mais sont aussi plus facilement qualifiables et quantifiables pour nous. À partir de cela, l'esprit humain créée des lois relatives expliquant chacun des aspects de ces intéractions.

Comme cela, ça paraît étrange, mais si vous êtes joueurs d'échecs, de dames, de go ou de tout autre jeu de stratégie, vous savez qu'avec un tout petit nombre de règles, il est possible de créer énormément de possibilités, et de bâtir un très grand nombre de théories. Après tout, il y a plus de positions différentes aux échecs, qui ne comporte que 64 cases, qu'il n'y a d'atome dans l'univers. La complexité naît toujours de la combinaison d'éléments simples entre eux.


Après concernant les grandes écoles, les grands courants de pensée, j'ai toujours eu la démarche de toujours écouter. Il y a deux catégories de gens:
- la vaste majorité a une attitude que j'appelle négative, puisqu'elle consiste à relever les différences, les oppositions, les contradictions, les incompatibilités entre deux paradigmes
- quelques personnes dont je fais partie prône une attitude positive, consistant à relever les points communs, les analogies, les similitudes, allant jusqu'à faire un travail de transpositions pour comprendre comment cela s'incorpore dans un contexte culturel différent de l'un à l'autre... cet effort permet régulièrement de noter que des choses qui apparaissent totalement différentes sont en fait totalement identiques, ou au moins cohérente l'une vis-à-vis de l'autre.

Aller hop, un autre exemple!

De ce que je connais de la chrétienté et plus particulièrement du catholicisme, on nous dit qu'il ne faut pas avoir de pratiques sexuelles sans avoir l'intention de procréer. Le faire sans ce but là et de façon régulière est carrément un péché: la luxure.
De l'autre côté, l'orient semble complètement décomplexé: il y a le tantrisme et d'autres courants indiens, il y a la sexualité taoïste, et d'autres encore dont j'ignore l'existence.
On a ici une énorme contradiction en apparence.

Mais cherchons un instant à creuser un peu...

Tout d'abord «pécher», c'est quoi? Ce n'est pas être l'incarnation du mal absolu que de pécher.
Un péché, c'est simplement un acte ou une pensée qui ne va pas dans le sens de l'évolution spirituelle. Celui qui pèche un peu, se retarde sur le chemin spirituel, celui qui pèche beaucoup est probablement en train de rebrousser chemin, il régresse en quelque sorte.
Malheureusement au temps des inquisiteurs, c'est limite si il ne fallait pas couper la tête de ceux qui péchaient... Voilà comment déformer l'intention de départ de la religion.
Il ne faut pas pécher, comme il ne faudrait pas, par exemple, se couper un doigt volontairement, parce que dans ce dernier cas cela nous dessert physiquement, on deviendrait alors un peu moins capable physiquement... Dans le premier cas c'est pareil: pécher, c'est un peu de potentiel spirituel qu'on ampute à chaque fois. Souvent nous sommes les premiers à qui cela fait du mal.

Donc si l'on comprends bien, la luxure c'est quelque chose qui ampute notre potentiel spirituel.

De l'autre côté, que nous disent les traditions orientales?...

Que faire l'amour, c'est une déperdition énorme d'énergie, surtout pour les hommes au moment de l'éjaculation. On comprendra facilement que celui qui s'adonne à la luxure, dilapidant de jour en jour son énergie, aura alors le plus grand mal à progresser spirituellement... Il manquera en quelque sorte de carburant pour son ascension (pour vulgariser de façon éhontée).

Seulement c'est là où l'orient va plus loin: partant de ce constat là, plutôt que de déconseiller les rapports sexuels, ils ont étudié le phénomène et découvert comment non seulement ne pas perdre cette précieuse énergie pour rien, mais mieux: comment utiliser l'acte pour raffiner son être. Quand cette énergie sexuelle se met en mouvement, au lieu de l'expulser, il faut la garder en soi et la faire monter dans le corps, la sublimer, et l'offrir aux parties les plus élevées de notre être. De fait, l'acte n'est plus un péché qui nous retarde sur le chemin, mais au contraire un des moyens pour évoluer spirituellement.

Une fois cela mis en lumière, il est claire qu'il n'y a aucune contradiction entre le catholicisme et l'orient. C'est simplement que le catholicisme, ne connaissant pas les techniques sus-citées, n'avait d'autres choix... Le constat initial étant le même dans les deux cas: faire l'amour «normalement», c'est une grande déperdition d'énergie qui nuit à l'évolution spirituelle.

Après c'est sûr que c'est dommage que le catholicisme ne puisse pas s'actualiser un peu... Ca c'est le problème des dogmes, ça reste figé pour l'éternité jusqu'à ce que ce soit devenu tellement obsolète que ça finit par disparaître...



Bon après un tel pavé, je ne suis plus en mesure d'enchainer sur une réponse pour Imperatrix Mundi.


Edité le 19-09-2014 à 17:21:07 par Silence


Silence
Membre du conseil
   Posté le 19-09-2014 à 18:09:38   Voir le profil de Silence (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Silence   

Si quand même, juste au passage, quoi de plus frustrant que les notions d'âmes et d'esprits, à géométrie complètement variable selon les traditions.

Rien que hiérarchiquement, entre ceux qui place l'Âme tout en haut et l'Esprit en médiateur entre l'Âme et les parties plus basses (mental, etc)... et d'autres qui font plus ou moins le contraire...

D'ailleurs les indiens parlent du Grand Esprit comme étant l'absolu, leur Dieu à eux... Mais pourquoi pas la Grande Âme?

Devant le manque de consensus sur ces mots, j'ai donc décrété autocratiquement que l'Âme était ce qui AniME l'Être, ce qui AiME au sens spirituel, ce qui donne un sens à la vie, nous pousse vers notre but et notre destinée... Je lui confère des propriétés Solaires et l'associe donc au feu.

Quand à l'Esprit, j'ai donc décrété que c'était la partie légère, raffinée, subtile et volatile de l'Être, disposant du potentiel créateur, et je l'ai donc naturellement associé à l'air et au Ciel.

Là vous vous dites «tiens, mais ce sont les 4 éléments? et pourquoi les deux autres seraient en reste?». Eh bien en effet, les deux autres ont aussi leur part belle, mais évidemment, existe-t-il un mot équivalent en français?

Disons que pour l'eau, c'est la partie qui fait de nous des Êtres sensibles, la partie capable de perceptions subtiles, possédant une Nature intime, son propre lien avec les mystères des origines... Je la nomme l'Essence de l'Être, et lui confère les propriétés Lunaires.

Et pour la terre, c'est la partie de notre Être qui entre dans les processus d'incarnation, d'individualisation et d'identité... en somme, la Conscience. C'est pas forcément le terme parfait, mais je n'en ai pas de mieux. Il est trop circonscrit à mon goût. On pourrait dire que c'est l'Être étant.

Quand à la hiérarchie, il n'y en a pas vraiment, bien que l'Âme et l'Esprit soient disposés plus en hauteur et la Conscience naturellement plus basse. Je dirais que ce sont plus des considérations géographiques (si je puis dire) que des différences d'importances.

Mais si l'Imperatrix Mundi veut bien m'enrichir de ce qui se cache derrière «l'Âme» selon elle (et pourquoi pas l'Esprit tant qu'on y est), ça serait avec grand plaisir!


Edité le 19-09-2014 à 18:11:27 par Silence


Erika
Membre
   Posté le 04-10-2014 à 20:57:24   Voir le profil de Erika (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Erika   

Je viens de tout lire, parfois je l'avoue en accéléré...

Il n'y a pas plusieurs vérités il y a changement de paradigmes. Tout ce que vous énumérez est vrai : la préparation (à l'initiation) par la démarche intellectuelle (par contre pas d'élitisme forcené : chacun à son niveau, rien d'autre n'est requis) puis ce terme tombé en désuétude à force d'être outre-passé : l'initiation (transmission spirituelle d'un Maitre) et c'est là que l'on change de paradigme.

Vous n'y croyez pas ? Observer l'évolution des sciences : pour expliquer les phénomènes il suffit de changer de "plan" : on n'a pas réformé les sciences elles ont évolué. On en est à la physique suivant les théories de la mécanique quantique.

Par la transmission du Maître on passe dans les fondements occultes qui le sont de facto, comme vous l'avez observé. En pire. On ne peut pas expliquer il faut y être. Aucun élitisme, ce sont les fruits de la matérialité.

En regardant de près ensuite tous les occultes parlent de la même chose, c'est dans le cheminement vers l'objectif qu'ils diffèrent, mais les lois régissant l'autre coté sont consensuelles.

Pour l'histoire du Maître, je ne connais pas encore d'initiation hors transmission Maître-Elève, mais je continue de chercher.

Désolée si je ne suis pas compréhensible, je débute sur le forum et je n'ai pas encore pris votre rythme !


Edité le 05-10-2014 à 15:34:14 par Erika




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Tribal
On use de ce qu'on ne sait point...
Membre
Tribal
   Posté le 02-08-2016 à 12:34:16   Voir le profil de Tribal (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Tribal   

Salutation,

Je romps le silence pour vous entretenir du… silence, et employer la parole pour décrire le silence est paradoxal;

Il semble impossible de parler de ce qui est absence ou abolition de toute parole. Le silence se présente comme le point zéro à partir duquel s’inaugure tout langage, sans qu’on y puisse faire retour.

Pour reprendre une terminologie empruntée à Claude Lévi-Strauss, on peut dire que le silence est la nature pure, donc l’inabordable, la culture étant la rupture définitive du silence. Celui-ci ne saurait être objet de connaissance.

C’est d’ailleurs à lui que, par bien des côtés, les sciences humaines voudraient ramener les contemporains : silence de la religion, silence de l’homme, silence de Dieu, à l’image du sage que Lévi-Strauss, à la fin de Tristes Tropiques, évoque au pied de son arbre, ou du Bouddha qui renvoie au grand silence, dans l’essence universelle.

Pourtant c’est à cette expérience, in-objectivable comme moment privilégié de présence à soi, au monde et à Dieu, que toutes les religions convient leurs fidèles. La prière contient toujours cet élément de solitude silencieuse.

Toutes les voies ascétiques passent par le silence. De Jésus, qui conseille de s’enfermer dans sa chambre et dans le secret de son cœur, aux ermites, qui fuient dans le désert, tous les maîtres spirituels nous convoquent au silence comme à l’expérience de la présence de l’Autre. Même si certains mystiques chrétiens eux-mêmes font l’expérience du nada, nada, nada de saint Jean de la Croix, tous affirment cependant que le silence est plein d’une présence cachée.

Le silence est-il donc franchissement de la limite, catharsis devant l’étouffement possible de nos tâches et de nos relations, néant qui permet tout le reste, envers inconnaissable du langage, dont certains « langages » cependant nous rapprochent ( comme la musique ) ? Chacun peut en faire ce qu’il veut, puisque le silence s’expérimente, mais ne se dit pas.

Le silence des espaces infinis, qui effrayait Pascal, peut-il être absolu ? Le silence - mais, alors, celui-là angoisse - n’est-il pas simplement l’absence de réponse à mes questions, l’impossible intelligibilité des choses et des êtres ? Alors peut-être le manque de ce que j’attends, l’effort du langage pour sauter par-dessus son ombre me font-ils reconnaître, comme à Ludwig Wittgenstein, « qu’il y a du mystique », mais en sachant bien que « ce dont on ne peut parler il faut le taire » ( dernière proposition du Tractatus logico-philosophicus ). Saurait-on pour autant y trouver la garantie d’une présence ?

Ainsi le Silence peut être le Principe : La Parole n’existe que par le Silence, comme elle le manifeste également. Le Silence dont il est question est donc « Archétype », il est le « Principe » de la « Parole »… ( cf. Cataphase et Apophase de la Vie Spirituelle ), signifiant de la sorte que l’esprit humain ne peut dissocier l’organisation spatio-temporelle de l’Univers et le mystère de son origine sans attenter à l’Existence elle-même ( complémentarité entre les deux aspects de l’énigme primordiale : Le Chaos symbolise alors la déroute de l’esprit humain devant le mystère de l’existence )

Amicalement

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Faustus scène 11
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