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 Abrasax  Le coin des Arts  Arts de l'écrit 

 le droit à la paresse - Paul Lafargue

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aleister.c
Inactif
   Posté le 27-10-2005 à 21:04:41   Voir le profil de aleister.c (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à aleister.c   

bonjour !

aujourd'hui, c'est un petit pamphlet que je vous propose, je n'ai pas tout le livre a disposition, mais j'en ai retrouvé un extrait, le bouquin se trouve de toute façon en librairie pour celles et ceux que ça interesse, il est écrit par paul lafargue et fut publié la première fois en 1880

donc voila:

Citation :

" Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'a l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture.
(...)
Notre époque est, dit-on, le siècle du travail; il est en effet le siècle de la douleur, de la misère et de la corruption.
(...)
Si, déracinant de son coeur le vice qui la domine et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible, non pour réclamer les droits de l'homme, qui ne sont que les droits de l'exploitation capitaliste, non pour réclamer le droit au travail, qui n'est que le droit a la misère, mais pour forger une loi d'airain, défendant à tout homme de travailler plus de 3 heures par jour, la Terre, la vieille Terre, frémissant d'allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers...
(...)
ô Paresse, prends pitié de notre longue misère! ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, soit le baume des angoisses humaines! "


afin d'etayer le propos de paul lafargue , citons la définition du dictionnaire:
travail, pl travaux n.m. , du latin trepalium, instrument de torture...

le travail, au moyen-âge, désignait la table de torture sur laquelle on accrochait le prévenu avant de lui poser LA question, le cas échéant on le "travaillait".....

enfin, encore plus loin de nous, dans la genèse (dans la bible, donc) le travail est une punition que dieux inflige a l'homme qui vient de manger de l'arbre de la connaissance, de même qu'il impose a la femme d'accoucher dans "de grandes douleurs"
citons donc: genèse chapitre 3 verset 17 à 19 :
" il dit à adam :" parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit a cause de toi. C'est dans la peine que tu t'en nourriras tous les jours de ta vie, IL fera germer pour toi l'épine et le chardon et tu mangeras l'herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu'a ce que tu retournes au sol car c'est de lui que tu a été pris. Oui tu es poussière et a la poussière tu retourneras."

alors quoi, soyons modernes, les femmes ont maintenant droit a la péridurale, les hommes devraient donc avoir droit a une bonne sieste!

j'ai retrouvé l'extrait de "droit au travail" dans un petit livre intitulé "paroles de paresse" édité chez albin michel, je ne résiste pas non plus a vous partager quelques autres citations

"la mort attrape d'abord ceux qui courent" Jean giono

"ne pas dire un mot de toute la journée, ne pas lire le journal, ne pas entendre la radio, ne pas écouter de commérages, s'abandonner absolument, complètement a la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer." Henry Miller

"Il est un temps pour aller à la peche et un temps pour faire sécher les filets" proverbe chinois

"il ne manque cependant a l'oisiveté du sage qu'un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille, s'appelât travailler." La Bruyère

" l'essentiel de la civilisation c'est le travail, le Travail avec un grand T , le nouveau Dieu. C'est la pire invention, c'est la grande alination de l'homme, la parfaite mystification.
L'animal naturellement ne travaille pas.Tout animal, oiseau ou poisson, possède son domaine propre, un lopin d'air, un arpent de sol, ou il chasse et pêche de plein droit. Pendant des millions d'années, l'homme n'a pas plus travaillé que le condor, la gazelle ou le rhinocéros. C'était le paradis terrestre.
Je n'ai jamais travaillé, sauf a contrecoeur: les travaux forcés. Mais travailler pour faire fortune, pour l'industrialisation de la patrie, pour l'honneur, par devoir, voire pour le plaisir - pour le diable quoi! nenni! nada! niente! niet!
Le mot travail n'existe pas en grec. Il n'y a que le mot agir, faire: faire l'amour, faire la sieste." Joseph Delteil
Solomon Kane
Membre
Solomon Kane
   Posté le 28-10-2005 à 15:25:14   Voir le profil de Solomon Kane (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/chemins-du-reve   Envoyer un message privé à Solomon Kane   

Le débat était parti de la paresse. Le voici maintenant sur le travail. C'est ce thème qui a attiré mon attention. Je ne m'arrêterai pas sur la question de la parité homme-femme. L'un ne peut exister sans l'autre et il est vain que l'homme ou la femme cherche à afficher sa supériorité car elle est illusoire. Arrêtons nous pour ce débat à l'individu, peu importe son sexe. En grandissant on prend conscience que plus tard il va nous falloir travailler. On regarde nos parents qui s'en vont au boulot et reviennent le soir, on comprend que l'argent gagné permet de faire vivre la famille. Pendant qu'on est à l'école, nos maîtresses nous posent la question : " qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?" et innocemment on répond pompier ou policier pour les garçons, infirmière ou institutrice pour les filles... Plus tard encore on oriente nos études - du moins on essaie - en fonction des affinités qu'on a avec tel ou tel milieu professionnel. L'éducation est une première forme de travail pour nous apprendre qu'il va falloir être actif pendant notre vie future. C'est un véritable conditionnement. Qu'il soit de gauche ou de droite, l'individu grandit avec l'idée qu'il sera plus tard associé à un travail et que sans ce travail il ne pourra survivre. Et voilà bien le plus grand des dangers qui dépasse la seule lutte des classes qui donna lieu au pamphlet sur la paresse de Lafargue.

Aujourd'hui on se rend compte qu'il y a des gens qui travaillent mais qui préfèreraient ne rien faire. A côté pourtant il y a des gens qui ne travaillent pas mais qui aimeraient bien. Il y a aussi des personnes qui bossent et qui adorent ça. D'autres qui ne font rien et qui ne veulent rien faire. Et puis il y a ceux qui exercent une activité mais qui voudraient bien en pratiquer une autre... En fait il y a un peu de tout. Le travail je pense devient un piège s'il est exercé à contrecoeur dans le seul et unique but de toucher un salaire. C'est une dépendance à l'argent et par extension au travail. Je pense que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte qu'il est possible de vivre et d'avoir de l'argent tout en faisant quelque chose qui leur plaise. Il y a un moment où elles se heurtent au mur de leurs rêves, se fixent des limites, doutent d'elles-mêmes et de leur capacité à aller jusqu'au bout. Le spectre du compte en banque vidé apparait, menaçant... Beaucoup se résignent dès lors à faire de leur vie un chemin de croix. Un flot de zombis naviguant dans la peur.

Mais il y a des gens qui ne savent pas non plus exprimer leur esprit créatif. Qui n'ont pas de passion particulière ou dont l'ambition personnelle les pousse à se jeter à corps perdu dans l'univers du travail. C'est une sacrée prise de risque car c'est un milieu sans pitié et certain(e)s y laisseront des plumes. Le salarié devient de plus en plus un outil malléable qu'on jette après usage. La loi du plus fort se vérifie régulièrement. Et c'est aussi cette forme de travail qui encourage des discours révoltés qui se font l'écho des partis politiques de gauche. Je pense que si une personne se considère comme épanouie dans un travail, eh bien libre à elle de continuer. Je pense qu'il ne faut pas en vouloir à ceux et celles qui veulent travailler à tout prix. Je connais des gens qui deviennent fous dès lors qu'ils n'ont plus de boulot pendant quelques semaines. Ils DOIVENT travailler, c'est vital. Il y a des gens qui ne supportent pas de ne rien faire. D'autres qui s'ennuient si leurs vacances se prolongent de trop... Ils ont besoin de cette ambiance de boulot. Comme nous avons besoin de solitude, de recueillement, de nature, de méditation... Personnellement je dois faire taire mon ego quand ma copine me parle de son travail comme si l'univers entier tournait autour de celui-ci... Je dois éviter de m'emporter quand elle condamne les personnes qui ne font rien. Je respecte car c'est l'éducation qu'elle a reçu de son père qui s'est fait tout seul et qui a décrété que quiconque ne travaillait pas était un fainéant.

Alors c'est vrai que moi aussi j'aimerais que le monde du travail évolue vers un autre chose. Mais nous sommes allés trop loin en confondant travail et économie. La machine est lancée et une réforme profonde du code du travail mènerait le pays à la ruine. Le système a été laché comme un cheval fou et nul ne sait quand ou comment il stoppera sa course effrénée... Essayons d'encourager ceux qui se posent des questions sur la viabilité de leur choix professionnel à entrevoir la vie autrement mais n'essayons pas de convertir ceux ou celles qui ont fait du travail un élément indispensable de leur vie à notre vision des choses. Perte de temps. Les gens ont besoin d'argent et le travail est la seule alternative qu'ils ont trouvé pour pallier à ce besoin. Peu ont envisagé la possibilité de gagner de l'argent autrement. Moi aussi j'ai besoin d'argent mais je me raccroche à mes projets quand je sens ma volonté faiblir. Ce qui est le plus dur ce n'est pas de ne pas travailler mais de subir le regard désapprobateur des autres. Aujourd'hui ma copine a compris ma philosophie - du moins je crois. Et il va de soit que je me heurte souvent à des murs quand j'essaie de la faire partager. Je ne vois pas à l'heure actuelle comment tout ça pourrait changer, comment une prise de conscience à l'échelle mondiale pourrait se produire ? A part par une catastrophe universelle qui remettrait les compteurs à zéro, je ne vois aucune solution. Essayons en tant qu'individu de vivre notre vie au mieux : en travaillant dur pour les uns, en travaillant pour son plaisir pour d'autres ou en ne travaillant pas volontairement pour les derniers...

Dav


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"On n'est pas le meilleur parce qu'on le croit, mais parce qu'on le sait."
aleister.c
Inactif
   Posté le 28-10-2005 à 19:07:16   Voir le profil de aleister.c (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à aleister.c   

désolé glingal de t'avoir heutée... (toute mes excuses a tous le genre féminin d'ailleur... )

si j'ai dis ceci, c'etais surtout en référence a la bible et au passage de la genèse ou il est dis que l'accouchement dans la douleur, de même que le travail, sont des punitions divines, que nous devons donc accepter comme telles...

et, donc, je suis un immonde hérétique, qui renie de toutes ces forces ce dieu jaloux, c'est lui et non moi ( ou l'auteur de cette bible ce qui revient au même pour certains, passons..) qui cantonne la femme au rôle de génitrice et l'homme a celui de producteur de bien
en fait, c'est l'Homme, l'Humanité dans son ensemble, avec un grand H et incluant donc les femmes, qui a droit a la sieste (et sans aucun doute la femme plus encore que l'homme...) ,quand, à l'accouchement sans douleur (auquel le dernier pape, jean paul II était opposé, je ne sait pas si le nouveau s'est prononcé sur la question) il existe d'autres techniques que la péridurale, si vous n'aimez pas les piqures...

rico, qui a de plus en plus de mal a communiquer avec le genre féminin.....
Solomon Kane
Membre
Solomon Kane
   Posté le 28-10-2005 à 20:47:47   Voir le profil de Solomon Kane (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/chemins-du-reve   Envoyer un message privé à Solomon Kane   

" Je pensais qu'il était ici question d'ouvrir le débat sur son ouvrage "le droit à la paresse".... Mais si vous souhaitez, ne pas l'aborder alors pourquoi mentionner l'oeuvre de ce penseur ?" (citation de Glingal)

Réponse : en fait de mon côté je ne voulais pas trop renchérir sur Lafargue car ne connaissant pas son oeuvre et n'ayant pas le temps d'aller faire des recherches sur le net. Merci à toi de l'avoir fait à ma place ! Du coup je me suis concentré sur ma vision du travail aujourd'hui et c'est moi qui suis un peu sorti du sujet !

" et, donc, je suis un immonde hérétique, qui renie de toutes ces forces ce dieu jaloux, c'est lui et non moi ( ou l'auteur de cette bible ce qui revient au même pour certains, passons..) qui cantonne la femme au rôle de génitrice ..." (citation de Aleister)

Réponse : petite correction : ce n'est pas Dieu qui dit ça mais seulement les auteurs de la Bible qui ont créé de toutes pièces ce personnage théatral de Dieu jaloux et vengeur que devaient craindre les Hommes. Une façon adroite de détourner l'humanité de son Créateur... Jamais Dieu ne souhaiterait le moindre mal à ses propres enfants. Lire Conversations avec Dieu pour s'en rendre compte !

Dav


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