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 Rechauffement climatique - Revue de Presse

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Abraxas
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   Posté le 31-08-2005 à 14:08:08   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

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La glaciation de l'hémisphère Nord serait plus ancienne qu'on ne le supposait

LEMONDE.FR | 21.07.05 | 12h21 . Mis à jour le 21.07.05 | 12h40


Dans une étude publiée dans la revue Nature de jeudi 21 juillet, des scientifiques estiment que la première ère glaciaire au niveau planétaire s'est ouverte sur Terre voilà quelque 34 millions d'années, soit beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait. Les deux calottes glaciaires se seraient ainsi formées de manière quasi simultanée.
Selon les hypothèses généralement admises, les calottes glaciaires comparables à celles qui couvrent aujourd'hui le Groenland et le pôle Sud n'ont fait leur apparition, dans le Nord, qu'il y a une dizaine de millions d'années. Aradhna Tripati, de l'université de Cambridge, et ses collègues britanniques et suédois ne sont plus d'accord.


Grâce à l'analyse isotopique d'échantillons de calcite prélevés par carottage dans le! s sédiments marins du Pacifique tropical et du sud de l'océan Atlantique, les scientifiques ont découvert qu'après une période où la Terre était une immense"serre chaude", il y a 55 millions d'années, la situation a commencé à changer d'une manière importante il y a 42 millions d'années. Puis, il y a 34 millions d'années (période géologique connue sous le nom de"limite éocène-oligocène"), quand la calotte antarctique a débuté sa croissance, celle du Nord a également commencé à se former, ont-ils "lu" dans les archives naturelles des fonds océaniques.


L'ANALYSE D'ORGANISMES UNICELLULAIRES

Ces conclusions contredisent les hypothèses actuelles selon lesquelles cet événement ne se serait produit qu'au cours des 6 à 10 derniers millions d'années. Ce sont les squelettes calcaires d'organismes unicellulaires appelés foraminifères qui leur ont permis de connaître la nature des dépôts sédimentaires dans lesquels ils ont vécu. Les foraminifères fabriq! uent en effet le calcaire de leur squelette à partir des éléme! nts contenus dans l'eau de mer, en premier lieu l'oxygène de l'eau. Ainsi, leur teneur en isotopes de l'oxygène indique s'ils ont été confrontés à un milieu chaud ou froid.

Selon Aradhna Tripati et ses collègues, les indices obtenus correspondent à un abaissement du niveau de la mer global de 100 à 125 mètres au moins. Cette chute de niveau aurait été provoqué par un stockage significatif de glace dans les deux hémisphères car, insistent-ils, la calotte antarctique ne suffit pas à expliquer l'ampleur du phénomène. Les dépôts de carbonate de calcium ont changé en même temps, suggérant un rôle important pour le cycle du carbone.

On pensait jusqu'à présent que les grandes glaces avaient fait leur apparition d'abord en Antarctique, après une diminution des concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (C02, gaz à effet de serre associé aux risques de réchauffement climatique, dû cette fois surtout aux activités humaines).

"Si la baisse du taux de CO2 atmosphérique a stabilisé l'état glaciaire dans l'oligocène, s'interroge Lee Kump, de l'université de Pennsylvanie, dans un commentaire publié par Nature, son accroissement par l'utilisation de combustible fossile la déstabilisera-t-il à l'avenir ?" . Selon lui, la leçon à tirer de cette étude est que nous devrions observer attentivement "tous les signes subtils de passage du monde glaciaire dans lequel la Terre est restée pendant 34 millions d'années vers un nouveau monde de serre chaude".


Message édité le 02-04-2006 à 17:20:42 par Abraxas
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   Posté le 02-09-2005 à 16:33:23   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

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La plus grande plate-forme de glace de l'Arctique s'est brisée

LE MONDE | 25.09.03 | 14h01

Ce déversoir dans l'océan Arctique du glacier de l'île d'Ellesmere s'est rompu en deux immenses blocs et plusieurs îlots. La faille a vidé un lac d'eau douce précieux car il abritait un écosystème des milieux extrêmes. Le phénomène serait lié au réchauffement de la planète .A 800 km du pôle Nord, à l'extrémité de l'île canadienne d'Ellesmere, en plein océan Arctique, la plate-forme de glace Ward Hunt s'est rompue. Trois chercheurs, Warwick Vincent et Dereck Mueller de l'université Laval au Québec ainsi que Martin Jeffries de l'université d'Alaska Fairbanks, révèlent cet événement dans la dernière édition du Geophysical Reviews Letters. Ils estiment que cet événement est la conséquence du réchauffement du globe terrestre. C'est une "catastrophe sans précédent ", a commenté le professeur de géophysique Martin Jeffries dans l'édition du 23 septembre du Los Angeles Times.

La rupture de cette plate-forme a donné naissance à deux blocs imposants et à des îles de glace, dont certaines ont une taille qui les rend dangereuses pour la navigation, et qui pourrait mettre en danger les installations de forage de la mer de Beaufort. Cette plate-forme de glace d'eau douce (ice shelf en anglais) est le déversoir dans l'océan du glacier continental que porte l'île d'Ellesmere. Elle avait la forme d'une immense langue de 30 à 40 mètres d'épaisseur flottant sur l'eau de mer. Selon le climatologue Jean Jouzel, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace, ces entités ont été formées par "la calotte de glace qui s'écoule naturellement dans l'océan". Maintenant que le Ward Hunt s'est brisé, "le glacier pourrait être déstabilisé".

FISSURES SPECTACULAIRES

Le phénomène révélé par les trois chercheurs apparaît comme l'aboutissement d'un lent processus amorcé dès le début du XXe siècle. En effet, en 1907, lorsque l'explorateur Robert Peary l'a traversée en tentant d'atteindre le pôle Nord, cette plate-forme, à la surface ondulée, bordait de façon continue l'intégralité de la côte tourmentée de l'île d'Ellesmere. Aujourd'hui, elle a perdu 90 % de sa superficie et il n'en reste que des morceaux isolés dont le plus grand était celui de Ward Hunt. Mais son épaisseur est passée de 45 mètres en 1980 à moins de la moitié aujourd'hui en certains endroits. Cette imposante langue de glace est restée relativement stable jusqu'en 2000 bien que sa superficie totale soit passée de 600 km2 au début des années 1960 à 490 km2 en 1998 et à 443 km2 aujourd'hui.

Il semble qu'à partir de l'an 2000 a commencé à se propager et à s'élargie la faille qui, en 2002, a conduit à la séparation de la plate-forme Ward Hunt en deux blocs. Les chercheurs reconnaissent avoir eu de la chance de découvrir cette saignée dans une région aussi peu fréquentée. C'est Derek Mueller, un étudiant travaillant avec Warwick Vincent, qui le premier l'a vue depuis un hélicoptère en juillet et en août 2002. Il voulait alors étudier les microbes vivant dans ces conditions extrêmes lorsqu'il a observé ces fissures spectaculaires s'étendant sur toute l'épaisseur de la glace. Grâce aux images prises par le satellite canadien Radarsat, les chercheurs ont pu visualiser la faille de rupture de la plate-forme Ward Hunt.

Un phénomène qui concerne directement l'équipe de chercheurs, même si ce n'est pas pour des raisons d'étude du climat. En effet, la séparation de la plate-forme en plusieurs parties a ouvert une brèche par laquelle la majeure partie des eaux du fjord Disraeli - long de 30 km - se sont écoulées vers la mer. C'est la couche d'eau douce et saumâtre de 43 mètres d'épaisseur, flottant sur 360 mètres d'une eau salée plus dense, qui a souffert de cette fuite.

SEUIL CRITIQUE
Or elle abritait un milieu biologique exceptionnel dans lequel vivaient des espèces de plancton adaptées à la fois à l'eau douce et à l'eau de mer. La faille a également réduit, considérablement, la taille de l'habitat abritant des animaux et des algues résistant aux conditions polaires.

Pour les chercheurs, les causes de la rupture de la plate-forme de Ward Hunt sont à chercher dans le réchauffement planétaire . Dans la région, les enregistrements de température les plus anciens sont effectués à Alert, à 175 km à l'est du fjord Disraeli. Là, une augmentation d'à peine un dixième de degré par décennie a été relevé depuis 1951. Mais, entre 1967 et aujourd'hui, cette montée a été multipliée par quatre pour se retrouver à une valeur similaire à celle que l'on enregistre en Antarctique, où l'atmosphère se réchauffe d'un demi-degré tous les dix ans depuis soixante ans.

En corrélant les mesures d'Alert avec celles de la température de surface de la plate-forme de Ward Hunt mesurée en 2001 et 2002, les chercheurs ont calculé une température moyenne de surface en juillet pour les années 1967-2002 de 1,3 degré. Soit une valeur nettement supérieure au zéro degré considéré comme le seuil critique au-delà duquel les plates-formes de glace commencent à se briser.

Pour les trois chercheurs, la rupture de la langue de glace de Ward Hunt est due "aux effets cumulés d'un réchauffement à long terme depuis le XIXe siècle". Ils suggèrent également que la date de la fracture et son trajet sont influencés par les cycles de gel et dégel, le vent, les marées ainsi que les modifications de la température de l'eau, de la salinité et des courants de l'océan Arctique.

"Selon certaines projections, les glaces permanentes pourraient avoir disparu d'ici à la fin du siècle ", avertit le climatologue Jean Jouzel, car les effet du réchauffement de la planète sont amplifiés dans les régions polaires. "Si la température moyenne de la planète augmente de 3 degrés en cent ans, celle de l'Arctique pourrait progresser de 10 degrés", note-t-il. Heureusement, la rupture de la plate-forme de Ward Hunt ne devrait avoir qu'une "influence locale" sur la circulation des glaces dans l'Arctique et pas de répercussions planétaires. La véritable crainte des climatologues, c'est la fonte du Groenland qui provoquerait, à l'échelle de deux ou trois siècles, une hausse de 6 mètres du niveau des mers.
Michel Alberganti




Grüß


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   Posté le 07-09-2005 à 14:27:50   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Un viel article du monde diplomatique (2002) mais tellement d'actualité

Le monde diplomatique a écrit :


Au royaume des aveugles, l’« effet de serre » est roi

C’est à la fin des années 1980 que les premiers grands carottages de glace de l’Antarctique ont conforté les présomptions sur l’existence d’un réchauffement planétaire, fortement lié aux émissions de gaz carbonique d’origine humaine : rejets industriels, consommations domestiques dans les pays riches, déforestation favorisée par ces mêmes pays chez les plus pauvres... L’incertitude était encore très importante, puisque les modèles envisageaient en 1988 un réchauffement pouvant aller de 0,4 à 8,33°c à la fin du XXIe siècle, la fourchette la plus communément admise étant de 2° à 5,5° (1).

Ce résultat avait de quoi inquiéter : à l’échelle de la planète, la température moyenne, lors de la dernière période glaciaire, il y a 18 000 ans, avait seulement été de 4° à 5° inférieure à la température actuelle. Si les prévisions pessimistes se confirmaient, les bouleversements climatiques à venir au cours du prochain siècle pourraient être de l’ampleur inverse d’une glaciation . Les effets prévisibles n’étaient pas un réchauffement d’ensemble de quelques degrés partout, mais de très fortes variations pouvant aller jusqu’à l’arrêt du Gulf Stream, qui donnerait à l’Europe et l’Amérique du Nord un climat à caractère polaire ; ou bien la multiplication des « anomalies » climatiques, comme les grandes tempêtes ou El Niño (2).

Autre conséquence, la montée des eaux - pouvant aller jusqu’à un mètre - en raison de la fonte des glaces arctiques et antarctiques « risquait » d’entraîner la submersion d’une partie des littoraux, deltas et plaines où se concentrent la majorité des terres fertiles et de la population de la planète. Ces transformations « risquaient » à leur tour de susciter des mouvements migratoires incontrôlables, à côté d’autres phénomènes également difficiles à prévoir comme la remontée vers les pays du Nord de maladies tropicales de type paludisme ou dengue hémorragique.

Le « maillon faible » de l’argumentation était bien sûr le mot « risque ». En l’absence de certitude, des sommes considérables ont été débloquées dans les grands Etats, et internationalement avec le Groupe intergouvernemental sur l’évolution climatique (GIEC), afin d’établir le niveau de probabilité de ces prévisions. Rendu en 1990, le premier rapport du GIEC a confirmé le réchauffement , sans pouvoir toutefois préciser son ampleur. L’inquiétude a toutefois été suffisante pour qu’une Convention sur les changements climatiques soit adoptée à New York en mai 1992 et signée le mois suivant par 154 Etats de la planète, lors de la grande conférence de l’Organisation des Nations unies sur l’environnement, à Rio.

Cette convention proposait notamment aux signataires d’oeuvrer afin de « stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ». Cet objectif ambitieux était tempéré par le fait que le niveau en question n’était pas précisé. Toutefois, l’article 3 de la convention stipulait : « Quand il y a risque de perturbations graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour différer l’adoption de mesures de précaution pour prévoir, prévenir ou atténuer les causes des changements climatiques et en limiter les effets néfastes. » Ce dernier passage a rarement été invoqué par la communauté scientifique, politique ou médiatique.

Des droits à polluer
En avril 1996, un deuxième rapport du GIEC, rédigé par deux mille spécialistes mondiaux, a continué à alimenter les appréhensions, bien que les experts aient fait preuve de précautions terminologiques extrêmes. D’après eux, un « faisceau d’éléments suggère qu’il y a une influence de l’homme sur le climat ». Pourquoi conserver une formulation aussi réservée alors que les preuves s’accumulent ? Parce que nombre de travaux ont également été financés pour essayer de montrer que le rôle humain dans les émissions de gaz n’était pas « prouvé », que le phénomène pouvait venir d’un accroissement de l’activité solaire ; ou encore que des migrations de bulles dans la glace auraient pu exagérer l’ampleur du phénomène.

La partie s’est vraiment jouée un an et demi plus tard à Kyoto, en décembre 1997. Les Etats-Unis (4 % de la population et 22 % des émissions de CO²) ont proposé « au mieux » de stabiliser vers 2012 leurs émissions au niveau de celui de l’année 1990, en assortissant cette proposition de la création d’un marché des « droits à polluer », où les pays riches n’arrivant pas à réaliser leurs objectifs auraient pu acheter des tonnes de carbone aux pays plus vertueux ou plus pauvres. Plus ambitieux, les Européens défendaient une réduction globale des pays industrialisés de 15 % par rapport à l’année 1990, mais ne souhaitaient pas que ces mesures contraignent les pays dits « en développement ».

Comme dans nombre de grandes conférences internationales, le résultat fut une cote mal taillée, avec une diminution proposée aux seuls pays industrialisés de 5,2 % par rapport au niveau d’émission de 1990, à atteindre en 2012. Pour les Etats-Unis ou le Japon, cela se traduisait respectivement par une obligation de réduction de leurs émissions de gaz de 18 % et 16 %. Pour l’Union européenne, dont l’économie avait stagné, l’objectif était moins difficile à réaliser, puisque la baisse globale n’était que de 5 %, et même de seulement 1 % pour un pays comme la France, en raison de son engagement dans le nucléaire. Par ailleurs, le texte laissait en suspens la question des pays dits « en développement », auxquels, dans la logique du « développement industriel pour tous », il était difficile d’imposer des contraintes, mais qui pour certains, comme la Corée du Sud, la Chine ou l’Inde, présentaient des rythmes très rapides d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

En fait, l’objectif retenu par le protocole de Kyoto est dérisoire. De l’avis de certains experts, cela correspond à une réduction de 0,06o sur une hausse de 2° envisagée pour 2050, soit 3 % de l’effort à réaliser pour freiner effectivement le réchauffement (3). Pourtant, après avoir dénoncé la mollesse et les faiblesses de ces propositions, les organisations écologistes se sont accrochées à ce texte comme à un radeau de la Méduse. Dans leur sillage, les médias et certains gouvernements se sont lancés dans une défense contre-productive, voire dangereuse.

En effet, deux hypothèses s’offrent à nous : soit le réchauffement est une fiction, auquel cas tout cela ne sert pas à grand-chose ; soit il est réel, et alors il devient indispensable d’agir vraiment et non pas de réaliser 3 % de l’effort minimum nécessaire . D’aucuns objectent, de bonne foi, que le protocole de Kyoto est un « premier pas dans la bonne direction », mais quand on constate les difficultés incroyables rencontrées par les pays industrialisés pour parvenir péniblement à ces 3 %, comment peut-on sérieusement espérer mettre en oeuvre des efforts trente fois plus importants (c’est-à-dire les autres 97 %) dans un délai raisonnable ?

D’autant que les grand-messes sur le climat sont allées d’échecs en renoncements de plus en plus importants. En novembre 2000, les pays qui se considéraient comme « progressistes », menés par le néerlandais Jan Pronk, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, se sont battus à La Haye pour refuser notamment le principe des permis de polluer et des « puits » de carbone permettant de maintenir ses rejets sous réserve de stocker le carbone quelque part. La conférence s’est soldée, de fait, par un échec cuisant, les Etats-Unis se retirant des négociations en entraînant dans leur sillage leurs partenaires du groupe dit « Parapluie » (Australie, Canada, Japon...). En 2001, la victoire de M. George W. Bush, proche des lobbies pétroliers, n’a en rien arrangé la situation.

Dans un troisième grand rapport, en 2001, les experts mondiaux du GIEC sur le climat ont révélé que le niveau de concentration en dioxyde de carbone n’avait « très vraisemblable-ment » jamais été aussi important depuis vingt millions d’années et que de nombreux autres gaz à effet de serre - comme le méthane, le dioxyde de soufre ou les oxydes nitreux - avaient atteint un niveau sans équivalent connu( 4) . Ces accroissements se traduisaient par une augmentation de la température moyenne de la planète de 0,6o pour le XXe siècle, avec une accélération sensible depuis la fin des années 1960 correspondant à plus de 0,2° tous les dix ans, même si des paliers étaient apparents.

On constatait de plus une très forte accélération depuis 1990 , la dernière décennie du siècle étant la plus chaude depuis au moins mille ans. Le niveau de la mer s’était élevé de 10 à 20 centimètres, des modifications localisées étaient également constatées ou prévues, comme l’amplification du phénomène El Niño, l’amincissement de 40 % de la banquise arctique depuis la deuxième guerre mondiale ou la perturbation de la mousson en Asie.

Mais le rapport concluait sur le fait que les perturbations les plus importantes auraient « sans doute » lieu dans les pays tropicaux. Cette dernière prévision, plus que sujette à caution, a paradoxalement conforté les pays industrialisés - et surtout les Etats-Unis - dans leur stratégie du laisser-faire, puisque ce seraient les pays du Sud qui pâtiraient le plus des bouleversements. En effet, alors que, dans les années 1990, l’existence d’un trou dans la couche d’ozone, menaçant principalement les populations de l’hémisphère Nord, avait entraîné une réaction rapide avec la signature du protocole de Montréal en 1997, aucune volonté de cette ampleur n’est apparue contre l’effet de serre.

En juillet 2001, les animateurs d’une nouvelle conférence climatique, à Bonn, furent obligés de faire des concessions supplémentaires sur les droits à polluer et les « puits » de carbone notamment pour le Japon, le Canada et la Russie, afin de « sauver » le protocole de Kyoto, réduisant les obligations à une simple stabilisation des émissions au niveau de 1990 et non plus à une baisse de 5,2 % comme en 1997. Le même mois, sur la base d’un modèle mis au point par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), une équipe de chercheurs américains parvenait à une probabilité de réchauffement de 90 % (5).

Cela n’a toutefois pas suffi à modifier la position du président Bush, qui a préféré miser sur les 10 % de chances que la planète n’aille pas à la catastrophe. Quelques mois plus tard, le 10 novembre 2001, à l’issue d’un bras de fer sans précédent dans les annales de l’écologie, l’Europe parvenait à convaincre 167 pays de signer l’accord de Marrakech, mettant en place les règles juridiques nécessaires à la ratification et à la mise en oeuvre du protocole de Kyoto.

Kyoto détourné
Alors que, pour l’année 2001, les Etats-Unis affichaient un accroissement de 3,1 % de leurs émissions de gaz à effet de serre (la plus forte progression annuelle depuis 1990), deux nouvelles études indépendantes de l’ONU concluaient en avril 2002 que le changement climatique avait vraisemblablement été sous-estimé et se situerait plutôt entre 5,8° et 6,9° vers 2100 (6). Posant comme axiome qu’il est impossible de demander aux citoyens américains de changer de mode de vie, l’administration de M. Bush s’est contentée de continuer à demander aux industriels de mener des initiatives spontanées tout en déclarant sans rire : « Les Etats-Unis sont engagés dans de nombreux efforts qui vont aider leur nation et le reste du monde à réduire sa vulnérabilité et à s’adapter au changement climatique (7). »

Que peut-on faire ? A l’inefficacité du protocole de Kyoto s’ajoutent des effets pervers considérables. Soumis à de sérieuses remises en question dans les années 1990, le lobby nucléaire s’est engouffré dans la brèche ouverte par ce texte. Alors qu’on ignore toujours comment se débarrasser des déchets, toxiques pendant des millénaires, cette industrie est ainsi devenue, dans la bouche de ses promoteurs, un modèle de propreté (puisqu’elle ne dégage pas de gaz carbonique).

A côté de ce premier lobby, un autre groupe de pression, celui des forestiers, a trouvé un argument de choix. Depuis les années 1970, les exploitants des pays tropicaux étaient mis à mal par la presse et les organisations non gouvernementales (ONG) écologiques. Avec Kyoto et ses avatars de Bonn et de Marrakech, les pays industrialisés se sont vu offrir la possibilité de réaliser des « puits de carbone » plutôt que de réduire la pollution.

Les projets de reboisement en milieu tropical peuvent entrer dans cette catégorie, d’autant que la déforestation y est critique depuis des décennies. Sauf que les forêts denses se trouvent généralement en situation d’équilibre, voire de rejet de carbone ; donc les industriels de la branche n’ont pas de meilleure solution à proposer que de raser les forêts anciennes existantes (dont ils peuvent au passage exploiter le bois) pour les remplacer par de jeunes plants d’espèces à croissance rapide (acacias, albizia, eucalyptus...), qui absorbent beaucoup plus rapidement le carbone, le tout financé grâce à des primes à l’environnement. Dans son inutilité climatique, le protocole de Kyoto est ainsi devenu le premier promoteur du nucléaire et de la déforestation en milieu tropical.

La liste des projets pour capturer le carbone commence à s’allonger sur les bureaux des technocrates-experts, sommés par les décideurs mondiaux de trouver des solutions de substitution (sans compter que le carbone n’est pas le seul élément responsable, et que d’autres produits ont connu une forte augmentation parallèle, comme le méthane, à travers le développement de l’agriculture irriguée et surtout de l’élevage). Certains proposent ainsi de planter davantage de forêts dans le Grand Nord canadien ou européen, mais cette végétation absorberait l’énergie solaire habituellement reflétée par la neige et le bilan net serait nul, voire défavorable. On pourrait séquestrer le carbone dans les grands fonds océaniques : cela risquerait à terme de perturber encore plus le rôle-clé des océans, qui ont déjà absorbé une partie des rejets carboniques humains. On pourrait suralimenter le plancton dans les zones arctiques en lui injectant à haute dose du carbone, mais cela comporte des incertitudes sur la survie même des milieux marins à ce traitement. On pourrait modifier génétiquement certaines plantes pour accroître leur potentiel d’absorption (là, le lobby des organismes génétiquement modifiés entre en action).

Vivre et consommer autrement
Certains ont même amorcé des recherches sur des produits capables de réduire les flatulences du bétail, car les pets des vaches sont riches en méthane ! D’autres encore envisagent de diffuser des aérosols spéciaux dans l’atmosphère, voire d’envoyer des fusées pour installer des écrans ou des miroirs dans l’espace, afin de filtrer une partie du rayonnement solaire et de réduire le réchauffement. Inutile de dire qu’une incertitude totale plane sur les multiples conséquences possibles de ces projets.

Pendant ce temps, les éléments convergents sur les transformations en cours s’accumulent. Dans une étude parue dans la revue Nature en 2001, une équipe britannico-norvégienne a montré que le débit du Gulf Stream a diminué d’au moins 20 % depuis 1950 (8). Si un tel phénomène devait se poursuivre, cela remettrait en question les supputations de la communauté scientifique occidentale sur le fait que les pays du Sud seront les plus touchés. En mars 2002, un fragment de la banquise antarctique de 3 250 km2 (plus vaste que le grand-duché de Luxembourg), vieux de 12 000 ans, se fracturait en milliers d’icebergs d’un volume total de 720 milliards de tonnes de glace. (voir a ce sujet l'article du monde cité au dessus NDAbra)

Ces signes ne comptent pas. Au nom de la « rigueur » scientifique, la communauté des chercheurs et des politiques préfère attendre d’hypothétiques « certitudes », plutôt que de chercher à appliquer le principe de précaution. Elle se contente de dire qu’on ignore la nature et l’ampleur du changement, et qu’il est surtout important de multiplier les études. Ces études sont certes utiles, voire indispensables, mais quelle recherche climatique pourra jamais apporter la « preuve irréfutable » que l’on va à la catastrophe ?

En réalité, ces études ont aussi l’avantage considérable de permettre de dire qu’on ne reste pas inactif, tout en ne coûtant pas grand-chose au regard de ce que représenteraient des mesures concrètes - et forcément radicales.

Si l’on peut se permettre une métaphore, les experts qui ont porté « Kyoto » sur les fonts baptismaux ont concédé que l’humanité était peut-être devenue folle, que notre modèle de « développement » correspondait potentiellement à foncer vers un mur à une vitesse de 100 kilomètres à l’heure , et en ont déduit qu’il était urgent de réduire cette vitesse à... 97 kilomètres à l’heure !

Mais quel responsable politique ou gouvernement de pays industrialisé oserait reconnaître que les modes de vie et de consommation qu’il défend, et qui sont les nôtres, constituent un risque majeur pour une part importante de l’espèce humaine, et peut-être même pour nos civilisations ?

Frédéric Durand


Le rechauffement climatique est quelque chose de bien reel... alors a nous aussi a notre niveau d'essayer de faire quelque chose.

Grüß

Abra


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   Posté le 07-09-2005 à 14:31:52   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Encore un article du monde cette fois sur l'effet du rechauffement climatique sur les alpes.

Le monde a écrit :


Le réchauffement climatique fait courir de graves périls à l'Europe

LEMONDE.FR | 06.12.03 | 19h10

Parmi les régions les plus immédiatement menacées, les Alpes, qui se vident de leur eau au rythme de 5 à 10 % par an .
Et si le réchauffement climatique conduisait à une chute des températures moyennes en Europe ? Cette hypothèse a priori paradoxale n'a rien d'improbable, si l'on en croit les analyses - extrêmement inquiétantes - d'experts présents à la conférence sur le changement climatique organisée vendredi 5 décembre par l'Organisation des Nations unies à Milan (Italie).

Selon eux, il est plausible que l'Europe de l'Ouest connaisse d'ici un demi-siècle un net refroidissement, en raison de la fonte de la coque de glace qui compose partiellement l'océan Arctique et que menace le réchauffement climatique global. Or, cette fonte refroidit le courant chaud (Gulf Stream) venu du golfe du Mexique qui traverse l'Atlantique et qui contribue grandement à la douceur du climat en Europe occidentale.

Selon les scientifiques et écologistes européens présents à Milan, si cette coque de glace du Groënland et de l'Arctique continue de fondre à son rythme actuel, les températures en vigueur en Europe occidentale vont fortement chuter à partir de 2050 environ, après environ cinq décennies de hausse.

Cette inversion de tendance serait très préoccupante pour des régions qui d'ici là se seront adaptées à des conditions climatiques plus tropicales.

Pour empêcher une telle évolution, il est urgent d'agir . "Pour atténuer l'avancée, l'augmentation, l'accélération de ce réchauffement climatique, nous devrions prendre des mesures vraiment radicales, bien plus extrêmes que [ce que le protocole de Kyoto] propose", a averti Jonathan Bamber, de l'Université de Bristol.

LES ALPES TRÈS MENACÉES

Autre conséquence du réchauffement climatique, selon Jonathan Bamber : dans les cinq années à venir, l'Europe doit s'attendre à des conditions de plus en plus dangereuses dans les Alpes. L'été passé fut le premier au cours duquel le Matterhorn et le Mont Blanc ont été fermés de crainte de détachements rocheux provoqués par la fonte de la glace et de la neige.

En outre, pendant la vague de chaleur record qui a frappé l'Europe cet été, 10 % de la glace "permanente" des Alpes italiennes a fondu , selon Damiano Di Simine, président de la section italienne de la Commission internationale pour la protection des Alpes. D'après lui, 1,5 milliards de mètres cubes d'eau douce ont été perdus, alors qu'il s'agit d'une ressource critique, notamment pour les cultures intensives de l'Italie du nord, telles que le riz.

"Chaque année nous perdons de grandes parts de l'eau alpine, entre 5 et 10 % environ, si bien que dans environ 20 ou 30 ans, elle aura entièrement disparu", a-t-il expliqué.

Avec AFP



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   Posté le 07-09-2005 à 14:36:49   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Aller encore un dernier pour la route à lire d'urgence !!

Le monde a écrit :


Le scénario climatique d'apocalypse... que voulait cacher le Pentagone
LE MONDE | 05.03.04 | 14h33

Une Europe au climat sibérien, une Amérique transformée en désert, le Bangladesh inondé, des migrants par millions, des guerres, l'effondrement de l'économie mondiale... Telles pourraient être les conséquences du changement climatique, selon un rapport commandé par le Pentagone en 2003. Ce scénario impressionnant a été écrit par un think tank californien à la demande d'un stratège influent de l'état-major de l'armée des Etats-Unis, Andrew Marshall. Mais le document serait sans doute resté confidentiel si les journaux Fortune et The Observer n'en avaient parlé fin février.

C'est que, en prenant le changement climatique au sérieux - et de quelle façon ! -, le texte écrit par Peter Schwartz et Doug Randall, du cabinet Global Business Network, va totalement à l'encontre de la position officielle du gouvernement de M. Bush, qui minore l'importance du problème.

Le document ne satisfaisait-il "pas pleinement les besoins" de M. Marshall, comme l'a indiqué son porte-parole, ou était-il politiquement gênant ? Toujours est-il qu'il serait resté enfoui dans un ordinateur si la presse n'en avait eu vent.

CHOC CLIMATIQUE... DÈS 2010

L'affaire est intervenue peu après qu'une association de chercheurs critiques, l'Union of Concerned Scientists (UCS), a publié une enquête montrant que l'administration de M. Bush manipule l'information scientifique émanant de ses services quand elle ne correspond pas à ses buts politiques (Le Monde du 21 février).
Publié sur Internet après son dévoilement par la presse (http://www.ems.org/climate/pentagon_climate_change.pdf), le scénario écrit pour le Pentagone est impressionnant. Les futurologues sont partis de l'hypothèse fréquemment évoquée par les scientifiques que le changement climatique pourrait perturber la circulation du grand courant océanique qui fait le tour de la planète. Extrapolant cette possibilité, le texte table sur un choc climatique comparable à celui que la terre a connu il y a huit mille ans - choc qui pourrait advenir, imaginent-ils, dès 2010. La température chuterait alors en Asie, en Amérique du Nord et en Europe, tandis qu'elle augmenterait dans l'hémisphère Sud. La sécheresse s'installerait dans plusieurs grandes régions agricoles, tandis que les tornades se multiplieraient . Les conséquences géopolitiques seraient majeures - c'est précisément cet aspect qui a motivé la commande du Pentagone. Soumise à un climat sibérien, l'Europe plongerait dans la crise. Les Etats-Unis se replieraient sur eux-mêmes, devenant incapables de dégager un surplus agricole. La Chine redécouvrirait les famines et le chaos - et tournerait un œil avide vers la Russie. Les guerres se multiplieraient, afin de conquérir les ressources devenues vitales. "Les Etats-Unis ne sont pas suffisamment préparés" à de tels événements, notent les auteurs.

Hervé Kempf

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 06.03.04


Se texte nous apprend deux choses :

1- Bush sait tres bien pourquoi de plus en plus de tornade devastatrice se dechaine sur son pays (pour memoire avant katrina il y a eu andrew)

2-2010 ca pourrait tout aussi bien etre 2012 faut-il faire le raprochement ?


Grüß

Abra


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Le monde a écrit :


Sous l'effet du réchauffement, les sols rejettent du carbone
LE MONDE | 08.09.05 | 14h08 • Mis à jour le 08.09.05 | 14h08


Un cercle vicieux. Le processus que décrivent des chercheurs britanniques dans l'édition du jeudi 8 septembre de la revue Nature a tout lieu d'inquiéter. Il indique que le réchauffement climatique entraîne, dans certains écosystèmes, des réponses conduisant directement à son aggravation . Pat Bellamy, Peter Loveland et trois de leurs collègues du National Soil Resources Institute (université de Cranfield), ont mesuré les quantités de dioxyde de carbone (CO2) relâchées par les sols d'Angleterre et du Pays de Galles entre 1978 et 2003. Mauvaise surprise : au cours de cette période et sous l'effet du changement climatique, environ 13 millions de tonnes de carbone s'en sont annuellement échappées et ont été libérées dans l'atmosphère.

De telles pertes de carbone sont "d'une ampleur alarmante " , écrivent, dans un commentaire publié par Nature , Annette Freibauer et Ernst-Detlef Schulze, biogéochimistes au Max Planck Institute. Par comparaison, les activités humaines engendrent, au Royaume-Uni, l'émission d'environ 150 millions de tonnes équivalent-carbone.

Le CO2 relargué par les sols alourdit ce bilan. Pis : selon les estimations des chercheurs, ces pertes non comptabilisées correspondent "à la totalité des réductions d'émissions de CO2 réalisées par le Royaume-Uni entre 1990 et 2002" . Ce qui réduit à néant l'effet des mesures prises outre-Manche pour réduire les rejets de gaz à effet de serre.

En outre, le protocole de Kyoto ne tient pas compte des changements intervenus dans les stocks de carbone organique contenus dans les sols. A l'aune des travaux présentés, préviennent Ernst-Detlef Schulze et Annette Freibauer, "une politique climatique efficace devra, à l'avenir, tenir compte de toutes les sources de carbone " en évitant de favoriser la libération dans l'atmosphère des stocks existants dans la biosphère.


"ZONES TOURBEUSES"


Frappante, l'estimation avancée par les chercheurs britanniques est néanmoins jugée "très solide" par Dominique Arrouays, directeur de l'unité Infosol de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). D'autant, explique-t-il, que "les scientifiques se doutaient qu'une des sources potentielles de relargage du carbone des sols était située dans les pays de l'hémisphère nord, dans les zones tourbeuses que l'on trouve jusque dans les régions circumpolaires" .

Selon les auteurs de l'étude, la principale cause est l'augmentation de la température due au réchauffement climatique . Celle-ci accélère les mécanismes de minéralisation qui transforment le carbone organique stocké dans les sols en CO2.

Les changements, dans l'utilisation et l'exploitation des terrains, intervenus au cours de ces vingt-cinq dernières années sont, sans doute, également à incriminer. Mais les chercheurs ne disposent pas de données suffisamment précises sur l'évolution des pratiques agricoles (drainage des sols, conversion en prairies, etc.) entre 1978 et 2003 pour statuer. "Les chutes de la teneur en carbone mises en évidence concernent principalement les prairies, les tourbes et les zones de moyenne montagne, précise toutefois M. Arrouays. Les zones cultivées sont également touchées, mais dans une moindre mesure."

Bien que limités à l'Angleterre et au Pays de Galles, ces travaux n'en revêtent pas moins une importance cruciale. A l'échelle mondiale, en effet, les sols conservent une quantité estimée à 300 fois le montant de carbone libéré chaque année par la combustion des ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon). Dans la couche de terre proche de la surface sont en effet stockés des résidus organiques de plantes, d'animaux, etc., principalement composés de carbone.

Le phénomène mis en évidence en Angleterre et au Pays de Galles ne peut cependant être généralisé à toute la planète. Tant s'en faut. "Les sols étudiés, très tourbeux et particulièrement riches en carbone, ne se rencontrent que sous des conditions climatiques de froid et d'humidité , dit M. Arrouays. Les terrains que l'on trouve en France ou sur le pourtour méditerranéen sont, par exemple, beaucoup moins riches en matière organique." Ils sont, ainsi, bien moins susceptibles de relâcher un excédent de CO2 dans l'atmosphère. "La tendance n'est pas univoque , ajoute M. Arrouays. Dans d'autres zones, les stocks de carbone pourront être augmentés sous l'effet des modifications climatiques."

6 000 ÉCHANTILLONS

Extrapoler la situation rencontrée outre-Manche aux régions de sols comparables est également périlleux : la stabilité de la matière organique stockée dépend non seulement de la qualité des terrains, mais également de plusieurs facteurs comme l'intensité du réchauffement climatique mesuré localement, les usages et les pratiques agricoles, les changements éventuels de régime pluviométrique, etc.

Des mesures comparables à celles réalisées par le National Soils Resources Institute ne peuvent être menées dans tous les pays. Elles reposent, en effet, sur un dense maillage des territoires. C'est grâce à ce réseau que les chercheurs ont pu étudier les variations de la teneur en carbone de 6 000 échantillons représentatifs de la composition des terrains. Ils ont, ensuite, extrapolé leurs mesures à l'ensemble du territoire.

Un tel réseau de surveillance des sols est en cours de déploiement en France par un Groupe d'intérêt scientifique (GIS) qui rassemble le ministère de l'écologie, celui de l'agriculture, l'Ademe, l'Institut français de l'environnement (IFEN) et l'INRA. Ce réseau couvre aujourd'hui 40 % du territoire et doit être finalisé en 2007. Il permettra, une fois achevé, de suivre l'évolution des concentrations de carbone, mais aussi les teneurs en métaux lourds et en divers polluants.

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 09.09.05


Le monde a écrit :


Le péril du reboisement de la toundra
Sous l'effet du réchauffement, la couverture végétale des régions arctiques du Canada, de l'Alaska et de la Russie augmente continûment. Comme l'ont montré plusieurs études, ce processus implique, via la synthèse de nouvelle biomasse, un important stockage de carbone. Des travaux publiés, jeudi 7 septembre, dans le Journal of Geophysical Research explorent un autre aspect de ces bouleversements. Selon cette étude, la croissance accélérée des arbustes de la toundra modifie l'enneigement hivernal de ces vastes zones. En retour, l'indice de réflexivité (ou albédo) de ces régions change : elles réfléchissent moins la lumière du Soleil et absorbent plus d'énergie. De quoi bouleverser un fragile équilibre énergétique, expliquent les auteurs de l'étude, et favoriser, plus encore, la pousse des végétaux.

L'excès d'énergie absorbée par la toundra au cours de l'hiver est également susceptible de libérer une part du carbone stocké dans les sols. Enfin, l'enneigement réduit de ces régions pourrait contribuer à modifier l'albédo moyen de la Terre et contribuer directement à son réchauffement


Et dire qu'il y a encore des gens pour douter du rechauffement climatique...

À voir le site du CRNS sur la dégradation de notre environnement du a la pollution:
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/menuDegrada.html

Grüß

Abra


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aleister.c
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   Posté le 09-09-2005 à 17:25:14   Voir le profil de aleister.c (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à aleister.c   

vous en voulez une couche supplémentaire???

le gaz carbonique, comme beaucoup d'autre gaz, se dissout assez bien dans l'eau, les océans en contiennent donc beaucoup (pas de chiffre, désolé c'est pas mon fort).

la capacité de l'eau a dissoudre des gaz est inversement proportionelle a sa température, cela veux dire que, si la planete se réchauffe, les oceans se réchauffent, ils relachent donc une partie du gaz carbonique qu'ils contiennent , ce gaz participe a son tour a l'effet de serre, donc la planete se réchauffe ainsi que les océans etc, etc, etc...


maintenant voici une petite réflexion de mon cru: la terre, dans sa longue histoire, a déja connu de grands boulversements; il y a quelques milliards d'années (3.6 milliards je crois mais je suis pas sur... enfin peux importe) les premiers végétaux chlorophylliens ont commencé à peupler les océans. ces premieres algues avaient, comme aujourd'hui, la faculté de transformer l'énergie solaire en énergie chimique, et utilisaient cette énergie pour se nourir de minéraux, principalement de carbone , sous sa forme gazeuse (CO2)
le déchet principal de ces algues fut l'oxygene, un oxydant tres puissant qui s'est tout d'abord fixé sur le fer qui trainait a la surface de la terre... une fois tout le fer oxydé , l'oxygène ne pouvant plus se fixer nulle part, a du rester en suspension dans l'atmosphère, une partie s'est retrouvée dissoute dans les eaux des océans... premiere grande pollution: les organismes qui vivaient a cette époque n'étaient pas préparé a une telle attaque, l'oxygène se fixait a leur membranes exterieures et les rongaient comme le ferait de l'acide... on estime que 90% des especes qui vivaient a cette époque ont disparues...

et puis les 10% restant se sont adaptés, et ont évolués... pendant des milliards d'années, jusqu'a aboutir a cette forme de vie particuliere que nous appelons "Homme"

a son tour l'Homme agit sur la composition de l'atmosphère, de facon intense, rapide, presque brutale si l'on se place dans une echelle geologique du temps. lui meme n'y survivra peut-etre pas, mais la vie lui survivra, d'autres especes s'adapteront , évolueront a leur tour et la vie continuera

je ne crois pas l'Homme assez puissant pour détruire la vie, mais je me demande si je dois le croire assez bete pour se détruire lui meme...


pour terminer, j'aimerai citer le chef indien "seattle" qui a déclaré au grand chef blanc, lors de l'assemblée des tribus en 1854:

"Vous devez enseigner à vos enfants que la terre, sous leurs pieds, est faite des cendres de nos grands-parents. afin qu'ils la respectent, dites à vos enfants que la terre est riche de la vie de notre peuple. apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. tout ce qui arrive a la terre arrive aux fils de la terre. lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes.
nous le savons: la terre n'appartient pas a l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées comme le sang qui unit une même famille. toutes choses sont liées."


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   Posté le 11-09-2005 à 11:36:12   Voir le profil de Solomon Kane (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/chemins-du-reve   Envoyer un message privé à Solomon Kane   

J'apporte du nouveau dans cette section du forum consacrée au réchauffement climatique. Je vous donne en effet lecture d'une brève paru dans Actu Environnement et qui relance le débat de la corrélation entre l'aggravation des catastrophes naturelles et le réchauffement climatiques.

Avec des conséquences sans précedent sur des agglomérations de la 1ère puissance économique mondiale, le débat est relancé sur la corrélation entre la violence et l'augmentation du nombre de catastrophes naturelles et le réchauffement climatique. Le Vocabulaire météorologique international (issu de l'Organisation Météorologique Mondiale en 1992) définit le cyclone tropical comme une ''perturbation d'échelle synoptique non accompagnée d'un système frontal, prenant naissance au-dessus des eaux tropicales ou subtropicales et présentant une activité convective organisée ainsi qu'une circulation cyclonique, plus intense en surface qu'en altitude'' … Plus simplement, dans certaines circonstances, des formations nuageuses (eaux chaudes sur une grande profondeur) se développent et s'enroulent autour d'un centre de rotation. C'est cette perturbation atmosphérique composée de nuages organisés en bandes spiralées qu'on appellera cyclone tropical. Au sein de ce tourbillon, la pression atmosphérique va baisser créant une dépression.

Ces phénomènes météorologiques sont à la base des plus importants dégâts matériels et humains, avec ses vents forts, ses précipitations très intenses et sa lenteur pour traverser une région. Le diamètre d'un cyclone varie considérablement : de 100 km au début de sa formation jusqu'à 1000 km lorsqu'il arrive à maturité. Le centre du cyclone appelé "œil du cyclone" en raison de sa forme est une zone très calme, les vents soufflent à 30 ou 40 km/h, les précipitations sont nulles et la pression atteint son minimum. En revanche, dans l'anneau les vents atteignent plus de 118 km/h. La vitesse des vents de l'anneau permet de caractériser la puissance et l'impact d'un cyclone sur l'échelle de Saffir-Simpson : de la classe 1 (force des vents de 118 à 153 km/h) avec des dégâts minimums, à la classe 5 (vents supérieurs à 249 km/h). C'est le cas du cyclone Katrina qui est estimé entre 4 et 5. Les prévisionnistes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) estiment qu'il y aura cette année de 9 à 11 cyclones dans l'Atlantique nord mais qui ne seront pas forcément de la même intensité.

Parmi eux, Katrina est le quatrième . Ce cyclone a provoqué dans le sud des Etats-Unis des dégâts matériels et des pertes humaines considérables avec des vents atteignant plus de 280km/h. L'importance du phénomène a declenché un débat sur le réchauffement climatique et son influence éventuelle sur la force des cyclones. La Nouvelle-Orleans, installée dans une cuvette, a été presque complètement submergée. Les zones les plus basses de la ville ont parfois été inondées sous six à sept mètres d'eau. Pourtant, c’est un phénomène intense mais l'année dernière, en septembre 2004, le cyclone Ivan qui avait touché l’ Atlantique-Nord était également de classe 5, a indiqué Patrick Galois de Météo dans un entretien accordé a l'Humanité le 30 aout dernier. Dans un entretien avec l'AFP, M. Hervé Le Treut explique que sur un événement donné comme celui-là, on ne peut pas encore dire s'il constitue un effet du réchauffement climatique ou s'il entre dans la variabilité naturelle du climat . La seule prédiction que l'on puisse faire actuellement est de caractère général et à très long terme, c'est-à-dire à l'horizon 2100, indique-t-il. Pourtant, les simulations vont dans le sens d'une augmentation du nombre des cyclones et peut-être de leur puissance. La prévision régionale et a fortiori locale n'est pas encore possible en matière de changement climatique avec le maillage géographique utilisé actuellement dans les modèles, le plus souvent de l'ordre de 300 km2, observe-t-il. Avec la même prudence, Patrick Galois de Météo France expliquait à l'Humanité que pour ce qui concerne la fréquence des cyclones, on ne sait pas si le dérèglement climatique en provoquera davantage mais on peut penser que les cyclones dans l’avenir pourraient être plus violents, que ce soit au niveau de la vitesse des vents comme de la quantité de pluie . En revanche, le météorologue souligne que le réchauffement climatique risque de faire augmenter la chaleur des océans et donc d’apporter un surplus d’énergie, rendant les cyclones plus intenses , même si tout cela reste au niveau de l’hypothèse car la machine atmosphérique est très complexe, on ne connait pas toutes les interactions entre les différents phénomènes. Ce n’est pas parce que nous observons un cyclone violent aujourd’hui, qu’il faut tout de suite en déduire qu’il est lié au réchauffement climatique, ajoute-t-il.

En revanche, selon une étude en août dans la revue Nature, les cyclones qui frappent l'Atlantique et le Pacifique se sont aggravés, à la fois en durée et en intensité d'environ 50% depuis les années 1970 . Dans le même temps, les températures moyennes de la planète ont augmenté, de même que le niveau de dioxyde de carbone et d'autres polluants dans l'atmosphère, souligne le climatologue Kerry Emmanuel, qui a dirigé cette étude. Par ailleurs, reconnaissant l'existence d'une phase d'ouragans plus puissants, d'autres scientifiques affirment que cette intensification est une conséquence de la salinité naturelle des oéeans et des modifications thermiques (tous les 40 à 60 ans) de l'Atlantique. Loin du débat sur l'aspect climatique, de nombreux géologues dénoncent le développement urbain comme responsables de l'ampleur de la catastrophe . Depuis les années 1930, la Louisiane a perdu quelque 5.000 km2 de marais asséchés en raison d'aménagement, marais qui permettaient naturellement de limiter les inondations. L'impact du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orleans rappelle la vulnérabilité des zones cotières aux catastrophes naturelles. Dans son dernier rapport, le PNUE révélait que la densité de population augmente, l'infrastructure est trop sollicitée, les zones de peuplement se rapprochent d'industries qui peuvent être dangereuses et un nombre croissant de bâtiments sont construits sur des zones fragiles (...) : de ce fait, les catastrophes naturelles touchent davantage de personnes et les pertes économiques sont plus importantes.

L'économie américaine voire mondiale a en effet été bousculée. Avec un marché qui était déjà très instable et volatile, la perte de 1,5 million de barils/jours de production pétrolière et 2 de barils/jours de capacité de raffinage et le risque de rupture des approvisionnements de pétrole brut en provenance du golfe du Mexique, le baril a finalement franchi les 70 dollars. Il y a quelques jours, le président Bush a du demander aux Americains de limiter leurs achats d'essence afin d'éviter la flambée incontrolable des prix à la pompe. Il a fallu que l'administration américaine puise dans les réserves stratégiques et en appelle à l'agence internationale de l'énergie (AIE) qui a confirmé que ses 26 membres allaient puiser 2 mbj dans leurs réserves stratégiques sur 30 jours. Cette déroute pétrolière à au moins le mérite de montrer que le pétrole n'est plus une source sûre d'énergie et qu'il est temps de se tourner vers d'autres sources.
Mais il est important de noter que les dégâts engendrés par ce cyclone ont raisonné d'une manière bien particulière. La première puissance économique et industrielle mondiale a été touchée de plein fouet, montrant, si cela était nécessaire, que l'homme, quel que soit son stade de développement technologique, social ou économique reste très vulnérable et tributaire de son Environnement.


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   Posté le 28-09-2005 à 16:00:54   Voir le profil de Solomon Kane (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/chemins-du-reve   Envoyer un message privé à Solomon Kane   

Ne réveillons pas les dragons qui dorment au fond des océans
Article de Michel Walter pour Terre Sacrée du 27 septembre 2005

Une chose est maintenant sûre en matière de réchauffement. C'est que la température globale de notre planète ne peut augmenter de plus de 4 à 5°c, sans que cela n'entraîne un cataclysme climatique mondial . En effet, cette simple hausse permettrait la libération dans l'atmosphère d'une grande partie des gisements de méthane et de carbone 12 tapis au fond de tous les océans du globe. Ces deux redoutables gaz à effet de serre emballeraient alors le phénomène en augmentant encore le réchauffement de 4 à 5°c.

Avec 8 à 10°c de plus, nous disent les scientifiques, l'écosystème terrien subirait une extinction massive des espèces de l'ordre de 95% , comme cela s'est déjà produit à l'ère géologique permiène, il y a deux cent cinquante millions d'années. La question est : disposons-nous d'assez de réserves de pétrole, de gaz et de charbon à brûler pour faire grimper les températures de 4 à 5°c? Nous fonçons droit dans un mur. Si rien n'est fait rapidement ce sera l'affreuse catastrophe pour nos descendants. La vie certes s'en sortira, comme elle s'en est toujours sortie, mais quelle régression! Quelle stupide perte de temps! Et combien de millions d'années faudra-t-il pour réparer les dégâts? Et notre civilisation dans tout ça? Et l'homme?

Si nous ne voulons pas de ce scénario, il nous faut penser à très long terme. Il est urgent de développer les énergies renouvelables, de devenir un peu plus propres, même si cela doit ralentir nos économies, l'imbécile course au profit.

La grande extinction du Permien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Extinction_du_Permien


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   Posté le 10-05-2006 à 13:42:13   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Le monde a écrit :


Entre 1992 et 2002, l'émission de CO2 a progressé de 15 % dans le monde
LEMONDE.FR | 10.05.06 | 10h07

Les émissions de dioxyde de carbone ont progressé de 15 % dans le monde entre 1992 et 2002, avec une mention spéciale à la Chine et à l'Inde, a annoncé, mardi 9 mai, la Banque mondiale dans son Petit Livre vert de l'environnement. Publié à l'occasion de la 14e session de la Commission des Nations unies sur le développement durable à New York, le Livre vert atteste que les émissions de dioxyde de carbone ont atteint 24 milliards de tonnes en 2002 , dernière année offrant des études et des chiffres complets, soit une augmentation brute de 15 % par rapport à 1992.

"Les économies en développement rapide telles la Chine et l'Inde affichent une augmentation rapide des émissions de CO2. La Chine, qui est déjà le deuxième plus important pollueur, a augmenté ses émissions de 33 % entre 1992 et 2002, alors que celles de l'Inde ont progressé de 57 % sur la même période", indique la Banque mondiale. Et "cette tendance devrait continuer au fur et à mesure de la croissance économique", ajoute l'organisation internationale.


"Une telle augmentation s'est produite en dépit d'améliorations dans l'utilisation efficace de l'énergie en Chine lors de la dernière décennie. En 1992, l'équivalent d'un dollar de produit intérieur brut provoquait 4,8 kg d'émissions de CO2, alors qu'en 2002 chaque dollar de PIB correspondait à 2,5 kg de CO2", souligne la même source.

LES PAYS RICHES CONSOMMENT LA MOITIÉ DE L'ÉNERGIE MONDIALE


Les pays riches demeurent toutefois les principaux pollueurs, avec en tête les Etats-Unis, qui produisent 24 % du total du dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère, contre 10 % pour les pays de la zone euro. Le rapport affirme que les pays riches absorbent plus de la moitié de l'énergie produite dans le monde.

Sur la seule période 2000-2002, les émissions de CO2, un des principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, ont augmenté de 2,5 % par an , les deux tiers de cette augmentation observée émanant des pays à revenus faibles et moyens, selon la Banque mondiale. " Tous les pays sont vulnérables aux changements climatiques, mais les plus pauvres sont les plus exposés avec le moins de moyens disponibles pour y faire face ", souligne Warren Evans, directeur pour l'environnement à la Banque mondiale.

Le Livre vert estime que la hausse du prix du pétrole se fait au bénéfice de l'utilisation du charbon, qui est le vecteur essentiel de l'expansion de l'électricité. Dans les pays pauvres, la part de l'électricité est passée de 41 % en 1990 à 46 % en 2003. En Chine, elle a progressé de 71 % en 1990 à 79 % en 2003, et en Inde, de 65 % à 68 % sur la même période. Le déséquilibre avec les pays riches reste cependant abyssal, la consommation d'énergie d'un habitant d'un pays riche étant onze fois supérieure à celle d'un habitant d'un pays pauvre .

Le Livre vert insiste également sur la menace engendrée par la fumée issue de la combustion de bois qui touche principalement les bébés, les enfants et les femmes dans les foyers ruraux pauvres.

Avec AFP



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   Posté le 15-05-2006 à 15:02:58   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Bonjour,

Aujourd'hui s'ouvre à BONN la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (CCNUCC), éspéront que quelques choses de positif en ressortiras...


Le monde a écrit :


Changements climatiques : le Sud va demander plus d'efforts au Nord
LEMONDE.FR | 15.05.06 | 07h54


Quelque 190 nations seront représentées, à partir du lundi 15 mai, à Bonn dans le cadre de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (CCNUCC) pour de nouvelles négociations sur la question climatique. Au cours de celles-ci, les pays en développement devraient demander aux pays riches de montrer l'exemple en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. D'âpres négociations devraient se dérouler entre la quarantaine de pays qui ont déjà accepté des objectifs en la matière et les autres, parmi lesquels figurent les Etats-Unis, lors des deux journées du "dialogue".


De nombreux pays du Sud attendent des pays riches qu'ils s'engagent en faveur de réductions plus fortes de leurs émissions avant qu'eux-mêmes n'acceptent des objectifs. Ils font en effet valoir que les pays du Nord ont été les plus grands responsables du réchauffement climatique depuis la révolution industrielle. Le Brésil a notamment affirmé qu'il était trop tôt pour exiger du Sud qu'il réduise ses émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à l'origine du réchauffement global.

MESURES D'ENCOURAGEMENT

Les efforts des pays en développement "ne peuvent se caractériser que par le volontariat et ne peuvent donc pas être associés à des objectifs et autres cadres", a estimé le gouvernement brésilien. Le protocole de Kyoto exige à ce stade d'un certain nombre de pays qu'ils ramènent à l'horizon 2008-2012 leurs émissions de gaz à effet de serre à un niveau inférieur de 5,2 % à celui qu'il était en 1990.

L'Afrique du Sud a fait savoir qu'elle voulait que les discussions évoquent les mesures d'encouragement en faveur des pays du Sud, notamment en matière de développement de technologies propres. "Les pays en développement attendent des pays industrialisés qu'ils jouent un véritable rôle moteur dans les efforts pour limiter les émissions avant qu'ils n'acceptent eux-mêmes des objectifs contraignants", a déclaré Richard Kinley, secrétaire par intérim de la Convention-cadre de l'ONU.

Après les deux jours de ce "dialogue", qui rassemble tous les signataires de la Convention-cadre, les pays soutenant le protocole de Kyoto se retrouveront du 17 au 25 mai pour des discussions préliminaires sur l'extension du champs du protocole au-delà de 2012. Ces négociations dureront probablement plusieurs années.

Avec Reuters



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   Posté le 16-05-2006 à 10:33:44   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Bonjour,

Encore un article sur le rechauffement climatique, une vielle information, remis à la une par le monde. Il faut dire que l'on craint vraiment un été comme celui de 2005, qui aurait pour conséquence la mort définitive de certains récifs coralliens, et donc de tout un écosystème....

Le monde a écrit :


Les récifs de corail gravement menacés par le réchauffement climatique
LEMONDE.FR | 16.05.06 | 08h39 •

Le réchauffement climatique pourrait avoir détruit irrémédiablement certains des récifs de corail les plus précieux de la planète, selon une étude destinée à évaluer l'impact durable de la montée de la température des océans sur les coraux et la faune marine, publiée lundi 15 mai.

Des grandes parties des récifs coralliens et la plupart des espèces marines qui en dépendant "pourraient avoir été détruites à jamais", estime une équipe internationale de chercheurs, après l'examen de 21 sites et de plus de 50 000 m2 de récifs de corail dans les îles des Seychelles entre 1994 et 2005.


Leur étude analyse l'impact à long terme du réchauffement climatique qui, en 1998, a entraîné une hausse sans précédent et durable de la température à la surface de l'océan Indien, détruisant plus de 90 % de la barrière de coraux intérieure des Seychelles .

Ces travaux, dirigés par Nick Graham de l'université britannique de Newcastle, auxquels ont participé des chercheurs d'Australie et des Seychelles, sont publiés dans les Annales de l'académie américaine des sciences (PNAS) datés du 15 mai.

EFFETS DÉVASTATEURS

Ils montrent que la montée de la température en 1998 a eu des effets dévastateurs à court et long terme, en empêchant la régénération de nombreux récifs coralliens. Ces récifs se sont effondrés et ont été recouverts d'algues. Leur disparition a privé de nourriture et d'habitat une importante faune marine d'espèces variées. En 2005, il ne restait plus que 7,5 % de récifs coralliens dans la zone étudiée , précisent ces chercheurs.

Cette étude révèle aussi que la diversité des espèces de poissons a diminué de 50 % dans les zones les plus durement touchées . Une moins grande biodiversité fragilise l'écosystème en le rendant moins stable. Les plus petits poissons ont vu leur population diminuer plus rapidement, peu après 1998. Et leur raréfaction a commencé à avoir un effet durable sur la chaîne alimentaire , qui va probablement s'amplifier avec le temps, selon ces scientifiques. En outre, la diminution du nombre des poissons herbivores est jugée inquiétante par ces chercheurs, en raison de leur rôle pour prévenir la prolifération des algues qui étouffent les coraux. L'étude montre que quatre espèces de poissons – un type de Chétodon, deux variétés de Labridés et un poisson Demoiselle – pourraient déjà être éteintes dans cette zone.

Six autres espèces de poissons risquent aussi de s'éteindre, relèvent ces scientifiques. Il s'agit du Pervagor Melanocephalus, de trois types de Chétodon et de deux sortes de poisson Demoiselle. " Il est peut-être trop tard pour sauver nombre de ces récifs coralliens mais cette recherche montre l'importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur les écosystèmes les plus divers de la planète ", insiste Nick Graham.

Ecosystèmes fragiles, les récifs coralliens, surnommés les forêts tropicales de la mer, offrent refuge et nourriture à une multitude de formes de vie, concourant ainsi à la préservation de la biodiversité.

Avec AFP



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   Posté le 19-06-2006 à 12:51:09   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Un autre effet liés aux emissions de CO2,

Citation :

L'océan de plus en plus acide
LE MONDE | 17.06.06 | 16h53 • Mis à jour le 17.06.06 | 17h09

Inexorablement, les océans deviennent corrosifs. Méconnu du grand public, ce processus dû à l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) aura des effets considérables. Et ce bien avant la fin du siècle. Dans à peine plus de vingt ans, l'acidification de vastes zones océaniques de l'hémisphère Sud va provoquer la disparition de certains organismes planctoniques. Ce phénomène est d'autant plus préoccupant que la faune et la flore touchées constituent les premiers maillons de la chaîne alimentaire marine.

L'augmentation des émissions de CO2 a un impact parfaitement quantifié sur les océans, "plus finement connu que ses effets sur le climat", précise James Orr, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. "Sur 70 molécules de CO2 que nous émettons, une vingtaine sont absorbées par la biosphère terrestre, une trentaine demeurent dans l'atmosphère et une vingtaine se dissolvent dans les océans", précise Paul Tréguer, directeur scientifique d'EUR-Océans, un réseau européen d'étude des écosystèmes océaniques. Cette dissolution modifie les équilibres chimiques : elle acidifie l'eau en augmentant sa concentration en ions hydrogène (H +). Depuis le début de l'ère industrielle, celle-ci a augmenté de 25 %, une modification de même ampleur que celle de l'atmosphère, de plus en plus surchargée en CO2.

Cette déstabilisation chimique fait chuter la concentration océanique en carbonates. Mais, explique M. Orr, "le carbonate est avec le calcium l'une des deux briques nécessaires à la formation du calcaire". Résultat : les ptéropodes, les coccolithophoridés et les foraminifères, ces micro-organismes marins à coquille qui ont justement besoin de carbonates pour former leur exosquelette d'aragonite - une forme de calcaire -, auront disparu dès 2030 dans certaines zones du Pacifique et dans tout l'océan austral, selon des travaux récemment publiés dans la revue Nature. Une région à l'importance toute particulière, puisque, explique M. Tréguer, "l'océan austral est connecté à tous les autres".

Quelles seront les conséquences ? "C'est extrêmement difficile à prévoir, répond M. Orr. Dans les océans, les chaînes alimentaires sont complexes, et parvenir à les modéliser est un des grands défis. Ce qui est sûr, cependant, c'est que les ptéropodes sont proches de la base de la chaîne alimentaire et qu'ils constituent les ressources de certains poissons importants, comme le merlu, le saumon, la morue, voire, à certaines périodes de l'année, la baleine..."

Ne sachant pas si d'autres micro-organismes vont profiter de cette disparition annoncée, il est difficile - sinon impossible - de prévoir les scénarios futurs. D'autant plus que pour l'instant, les chercheurs ne prennent en compte que l'augmentation des émissions de CO2. Or "nous savons par exemple que la température des océans va évoluer ainsi que la teneur en sels nutritifs", explique Jean-Pierre Gattuso, chercheur au Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes). "Dans nos expériences, nous ne maîtrisons pas les interactions entre ces différents paramètres qui vont également évoluer sous l'effet des changements globaux."

Une chose est cependant certaine. Les petits organismes marins peuvent être extrêmement sensibles aux modifications de leur environnement, comme l'ont montré les travaux de Grégory Beaugrand, du laboratoire Ecosystèmes littoraux et côtiers. La migration actuelle de certains planctons vers le nord est directement liée aux variations ténues (moins d'un demi-degré Celsius) de la température des eaux de surface. Et le déplacement de manne dont raffolent les poissons explique pour partie la baisse des stocks de certaines espèces pêchées par l'homme, en particulier la morue. L'acidification des eaux pourrait accentuer ces mouvements déjà en cours et avoir un impact économique important sur la pêche.

Outre les effets sur la chaîne alimentaire, ce processus va, à plus long terme, avoir d'autres conséquences dramatiques. "Deux tiers des coraux d'eaux profondes, présents dans les mers froides, et notamment au large de l'Europe, sont menacés de disparition avant 2100, dit M. Orr. Ces coraux jouent un rôle important en fournissant, par exemple, leur habitat à certains poissons. Mais ils ne sont étudiés que depuis une dizaine d'années et demeurent mal connus." Si l'activité industrielle demeure productrice de gaz à effet de serre sur les prochaines décennies, tous les organismes calcaires - planctons, coquillages, coraux -, sous toutes les latitudes, sont potentiellement menacés.

Etonnamment, les premiers travaux sur ces sujets sont extrêmement récents. "C'est seulement depuis 1998 que l'on sait que la biologie de certains organismes répond de façon négative à cette acidification des océans, indique M. Gattuso. On a longtemps pensé que le "pouvoir tampon" de l'océan était tel que son pH ne changerait pas de manière importante."

La recherche sur l'acidification océanique produit aujourd'hui plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. Aux Etats-Unis, elle est encore quasi inexistante. L'Europe a pour une fois réagi plus vite. Elle va inscrire l'acidification des océans comme thème de recherche à part entière dans son 7e Programme cadre de recherche et développement.

Stéphane Foucart


Grüß

Abra


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   Posté le 23-06-2006 à 12:56:07   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Citation :


Bilan contrasté en Europe pour la réduction des gaz à effet de serre
LE MONDE | 22.06.06 | 13h14



L'Union européenne devient-elle un mauvais élève de la classe climatique ? Elle parvenait jusqu'à présent à stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre (GES), mais le dernier bilan, publié par l'Agence européenne de l'environnement, le 22 juin, montre une dégradation en 2004 : les émissions pour l'Union à 15 ont augmenté de 0,4 % entre 2003 et 2004, et de 0,3 % pour l'Union à 25 intégrant les pays d'Europe de l'Est.


Sauf à agir beaucoup plus vigoureusement, l'Europe risque de ne pas respecter le protocole de Kyoto . Alors qu'elle s'est engagée à diminuer ses émissions de 8 % en 2010 par rapport à 1990, la baisse n'a été que de 0,9 % entre 1990 et 2004.

Les principaux responsables de ces émissions sont l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, la France et l'Espagne. Mais tous ne sont pas des cancres. Ainsi, l'Allemagne a réussi à réduire fortement ses émissions en améliorant l'efficacité de son système énergétique et en fermant de nombreuses usines dans l'ancienne Allemagne de l'Est. Elle est ainsi proche de son objectif (avoir diminué de 21 % ses émissions en 2010).

Le Royaume-Uni devrait également atteindre ses objectifs (- 12 %) puisqu'il a baissé ses émissions de 14 % en substituant le gaz au charbon dans les centrales thermiques. Mais ce mouvement est maintenant terminé et Londres pourrait voir ses émissions repartir à la hausse.

En effet, le prix du charbon a beaucoup moins augmenté que celui du gaz, ce qui rend ce combustible attractif pour les producteurs d'électricité.


PARI TENU EN FRANCE


La France, pour sa part, a atteint son objectif, qui est de 0 %. Mais l'effort doit être maintenu, alors que les transports ne cessent d'augmenter leurs émissions et que de nombreuses centrales de production d'électricité à combustibles fossiles doivent entrer en fonctionnement dans les prochaines années.

Ceux qui font pencher la balance européenne du mauvais côté sont les pays méditerranéens. Ainsi, l'Espagne, malgré un parc important d'éoliennes, a vu, en 2004, ses émissions monter de 48 % par rapport à 1990, alors que seule une augmentation de 15 % était autorisée. L'Italie ne fait pas beaucoup mieux (+ 12 % contre - 6 % autorisés).

Au total, l'Europe doit se reprendre si elle veut respecter l'objectif de Kyoto. C'est la condition de sa crédibilité dans les négociations internationales pour la prolongation du protocole au-delà de 2012.

Comment convaincre la Chine, l'Inde ou le Brésil de s'engager, si les Européens ne respectent pas leurs promesses ? De surcroît, l'Union a adopté en mars 2005 un objectif de réduction des émissions pour les pays développés de 15 % à 30 % en 2030 par rapport à 1990. Cela demandera un effort conséquent. La France et le Royaume-Uni ont même affiché un objectif de diminution par quatre d'ici à 2050, soit une baisse de 3 % par an.

Si l'Europe peine, les Etats-Unis font pire. Selon les prévisions publiées mardi 20 juin par l'Agence d'information sur l'énergie, l'Amérique du Nord, qui émettait déjà en 2003 16 % de gaz carbonique en plus qu'en 1990, atteindrait le chiffre de 54 % en 2030. Avec la montée des pays émergents, le monde entier passerait de 21 milliards de tonnes de gaz carbonique à 44 milliards en 2030. Si ces prévisions se réalisent, la planète entrera bel et bien en 2030 dans le changement climatique.

Hervé Kempf



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   Posté le 18-07-2006 à 14:23:41   Voir le profil de arcane (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à arcane   

conséquences visibles du réchauffement climatique

http://fr.news.yahoo.com/14072006/5/20-francs-suisses-pour-voir-s-ecrouler-une-montagne.html

c'est qu'un exemple parmis d'autre dans tout ma région il y a nombre d'éboulement de rocher et sur un autoroute très fréquenté des rochers sont tombé sur des automobilistes et fais 2 morts.

le thermafrost est en plein degele depuis plusieurs années et comme ça fonction est "équivalent" a un ciment naturelle, sans glace, forcément nombre d'effrondrement de rochers.

bref nous payons les conséquences peut-être plus tot que prévu par notre inconscience de la pollution, dans mon esprit tout ce qui est industriel pense a court terme et non a long terme, le hic la nature ne peut s'adapté a nos excès.

chat de jade


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   Posté le 27-08-2006 à 10:45:44   Voir le profil de Ruzgfpegk (Offline)   Répondre à ce message   http://xander135.free.fr   Envoyer un message privé à Ruzgfpegk   

Une « zone morte » en plein milieu de la côte Ouest des USA.

http://www.csmonitor.com/2006/0825/p01s04-usgn.html (anglais)
http://blogs.zdnet.com/emergingtech/?p=335 (anglais) (a un lien vers des vidéos)

Trop peu d'oxygène dans l'eau => plus aucune vie aquatique.
Et comme le phénomène s'étend et qu'il n'a probablement pas de rapport avec l'acidification de l'Océan, je vous laisse imaginer le résultat de ces deux phénomènes combinés.

Comme je le disais hier à quelqu'un, nous sommes privilégiés, car nous avons la chance d'assister au début de la fin, et de voir tout s'effondrer, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

EDIT : D'après les scientifiques, il faudrait tester un modèle mathématique pour être certain que cela est dû au réchauffement climatique, mais leurs explications vont dans ce sens.
arcane
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arcane
   Posté le 27-08-2006 à 16:54:50   Voir le profil de arcane (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à arcane   

Tout d'abord merci de nous avons parler des Zone morte jamais entendu parlé.

j'ai lu les articles dont tu as mis les liens sur les zones mortes.

j'ai plusieurs questions, il y a en t'il ailleur que aux USA?

Pourquoi ne n'ont pas parlé dans les journeaux ou revues scientifique?..si oui lesquels.

Et les volcans sous-marin ne peuvent pas aussi rechauffé l'eau de mer dans certain zone?..

c'est quoi l'acidification des océans tu penses aux pluie acides comme pour les forêts?

Est-ce que l'eau du rivière pourrait pollué cette zone mort de la Cote Ouest des USA?

voilà si tu as des pistes je serais ravie de les entendres, je vais aussi regardé de mon coté.

chat de jade curieuse de tout


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Ruzgfpegk
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   Posté le 27-08-2006 à 23:12:39   Voir le profil de Ruzgfpegk (Offline)   Répondre à ce message   http://xander135.free.fr   Envoyer un message privé à Ruzgfpegk   

Oui, le volcanisme sous-marin est une des autres pistes évoquées.
Seulement, si ce phénomène était cyclique et fréquent, pourquoi n'a-t-il été découvert que durant ces dernières années ? Auparavant, cette zone grouillait de vie.
Je ne sais pas si il existe d'autres zones mortes dans le monde, mais qui sait...

Pour l'acidification des océans, je renvoie au dossier de Jean-Marc Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/serre/acide.html.
Ce n'est pas si barbare que ça en a l'air si on prend le temps de lire.
arcane
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   Posté le 28-08-2006 à 11:46:26   Voir le profil de arcane (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à arcane   

hello

Ben vi en faisant des recherches j'ai trouvé des zones mortes ailleurs

http://www.on.ec.gc.ca/greatlakes/default.asp?lang=Fr&n=D4646100-1 dans un lac.[url]

merci pour le lien sur les acides surtout c'est effrayant de lire cela, car indirectement le sol, nos montagnes existe grace à ces animaux qui accumule le calcium permette un équilibre environnementale en créant barrière de coraile qui eut meme permet un certain type de poisson d'y vivre.

donc la piste du volcan a été étudié et pollution industrielle n'a t'elle pas un effet retard? si on pense au vague divers d'industralisation que nous avons eu entre le 19 siècle et maintenant?..est ce que c'est c'est la polltution de nos grand-parents?..et ensuite la pollution de maintenant vas-t-elle se répercuté sur nos petit-enfants?..

cela peut-être expliqué l'indifférence de la politique cela touchera que dans x années, l'effet retard?..

j'ai cette réflexion à cause des gaz CFC rappelez vous ce gaze avait été interdit car il provoqué le trou de l'ozone, mais il a tout de même fallut des années et si j'ai bien compris le CFC prends un certain temps avant d'atteindre la couche d'ozone

chat de jade

(hum, je sais pas si je suis très claire dans ma réflexion?..)


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   Posté le 28-08-2006 à 16:36:06   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Bonjour,

La bretagne bientot une zone morte ?


Citation :

Les côtes bretonnes perdent leur couverture de goémon
LE MONDE | 26.08.06 | 14h50

Le goémon disparaît-il des rochers ? C'est la question qui se pose en Bretagne. Il a fallu l'oeil aiguisé de spécialistes du littoral pour déceler les premiers indices du phénomène.

Auguste Le Roux, ancien enseignant-chercheur de la station biologique de l'île Bailleron, dans le golfe du Morbihan, a, en 2004, lance un pavé dans la mare. Sur la pointe de Kerpenhir, à Locmariaquer, des rochers sont perdent leur couverture algale. "A Bailleron, où je n'étais pas retourné depuis deux ans, dit-il, j'ai vu des cailloux complètement décapés."

Que ces Fucus et Ascophyllum, tellement indissociables des rochers, viennent à disparaître, on ne l'avait pas imaginé. Et pourtant, "c'est bien une réalité", confirme Patrick Le Mao, coordinateur du projet Rébent (Réseau benthique) créé à l'initiative de l'Ifremer pour suivre sur le littoral l'évolution des organismes vivant dans l'eau.

Selon une analyse menée par le CEVA (Centre d'étude et de valorisation des algues) de Pleubian, des images prises par les satellites Spot, entre la fin des années 1980 et le début de 2000, montrent une diminution de 39 % des algues côtières à Bréhat et de 40 % entre le golfe du Morbihan et Sarzeau.

Autre témoignage de cette dégradation : l'étude que vient de mener un océanographe indépendant d'Auray (Morbihan), Sylvain Chauvaud, et qui atteste que le goémon se réduit progressivement. Ce spécialiste de cartographie par télédétection a recoupé, entre le golfe du Morbihan et le Finistère nord, des photos aériennes réalisées en 1970, 1990 et 2000.

"Le premier travail a été de les rendre superposables avec une précision de deux mètres", explique-t-il. Résultats de cette comparaison : un recul important du goémon de côte en Bretagne sud : - 62 % à Saint-Gildas-de-Rhuys, - 65 % à Groix, - 32 % à Hoëdic, - 46 % à Plouhinec.

En revanche sur la pointe de la Bretagne, à Sein, à Molène, à Plouguerneau, les rochers ont gardé leur chevelure. Autre constat : ce phénomène s'accompagne de la colonisation des rochers mis à nu par des coquillages (patelles, balanes et huîtres).


RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE


Pour expliquer ces changements, les responsables du programme Rébent et Sylvain Chauvaud avancent les mêmes hypothèses. D'abord le changement du climat. Il pourrait entraîner une élévation de la température de l'eau préjudiciable à la flore marine sauf dans le Finistère, où le phénomène est moins marqué sans doute grâce à des eaux plus froides. L'insolation pourrait, elle aussi, aussi avoir un effet sur ces espèces découvrantes, estime Patrick Le Mao.

Autre hypothèse soulevée : une modification de la direction moyenne des vents et donc de la houle qui est passée d'ouest à sud-ouest, affectant ainsi plus le littoral sud-breton. Or quand les rochers sont battus par la mer il n'y a pas d'algues. Les responsables du Rébent pensent aussi que la répétition des fortes tempêtes et, localement, un enrichissement en phytoplancton pourraient provoquer une diminution de l'accessibilité à la lumière.

Dernier facteur qui pourrait expliquer cette régression du goémon : des surpopulations de patelles, mangeuses d'algues. Ces fameux "chapeaux chinois", progressent démographiquement, sous l'effet probable du réchauffement climatique.

"Mais il est difficile d'établir un lien. Même si les images sont impressionnantes, ça peut être plus une conséquence qu'une cause ", analyse le coordinateur de Rébent, qui souhaite que "cette démarche soit menée au niveau national".

"L'ampleur du phénomène est telle qu'on est en train d'assister à un bouleversement de l'écosystème côtier breton, affirme Sylvain Chauvaud. Ces algues sont en effet à la base d'une chaîne alimentaire complexe qui implique, entre autres, nombre d'espèces d'intérêt économique." A savoir les crevettes, les crabes, les vers ou les puces de mer... Autant de "détritivores" qui se nourrissent d'algues décomposées et participent à leur tour à l'alimentation des poissons.

Aussi ce chercheur préconise-t-il une gestion des prélèvements. Si le goémon ne donne pas lieu à une grande exploitation, on en arrache pour le remplissage des bourriches d'huîtres ou la vente de coquillages. "Une des solutions, dit-il, serait de n'en prendre que là où il est présent en abondance."

Des quotas ont déjà été instaurés par l'Ifremer de Brest en ce qui concerne l'Ascophyllum, plus sensible en raison de son cycle de vie.


Grüß

Abra


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   Posté le 31-08-2006 à 14:47:03   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Encore un article qui fait suite au reflexions sur le réchauffement climatique, les emissions de gaz à effet de serre et la nécessité de réglementer...

Citation :

Bruxelles menace d'instaurer une réglementation sur les rejets de CO2
LE MONDE | 30.08.06 | 13h45

Les voitures européennes vont-elles être prochainement taxées en fonction de leur niveau d'émission de dioxyde de carbone (CO2) ? La Commission européenne a en tout cas fait planer la menace, mardi 29 août, d'une réglementation contraignante au cas où les constructeurs automobiles ne tiendraient pas leurs engagements en la matière.


Les associations européenne (ACEA), japonaise (JAMA) et sud-coréenne (KAMA) des constructeurs automobiles se sont engagées de façon volontaire à baisser entre 1998 et 2008 de 25 % les rejets de CO2 des véhicules qu'ils fabriquent, afin d'atteindre une moyenne de 140 grammes par kilomètre parcouru.

Les constructeurs français, à l'origine de cette initiative, avaient réussi à convaincre leurs concurrents allemands, japonais et coréens, qu'il valait mieux prendre les devants plutôt que de se faire imposer une réglementation trop sévère.

Dès 2004, la moitié de l'objectif était atteinte. Mais depuis, la marge de progression s'amenuise. Les émissions de CO2 - un gaz à effet de serre, qui contribue au réchauffement climatique - sont en effet fonction de la consommation de carburant. Or celle-ci, après avoir connu des gains substantiels, atteint une asymptote. Du fait de l'amélioration de la sécurité, les véhicules sont en effet de plus en plus lourds et donc consomment plus.

La tendance est accentuée par le renforcement des normes antipollution (filtre à particule, réduction des oxydes d'azote), qui nécessite des moteurs plus gourmands en carburant. "Par rapport à une voiture de la fin des années 1990, ces innovations représentent en moyenne de 10 à 15 grammes de CO2 rejeté supplémentaire", argumente un expert.

Même si aucun constructeur ne l'avoue officiellement, tous savent que l'engagement d'atteindre les 140 grammes dans deux ans est intenable. Or, la Commission, qui avait moyennement apprécié que les constructeurs se fixent eux-mêmes des règles, les attendait au tournant.

D'où la sortie, mardi, du commissaire chargé de l'industrie, Günter Verheugen, qui estime que la situation "n'est pas satisfaisante", appelant "l'industrie à renforcer ses efforts". "Si elle ne le fait pas, la Commission n'hésitera pas à remplacer la carotte par le bâton, ce qui peut signifier une réglementation", précise-t-on à Bruxelles.


LES FRANÇAIS MOINS PÉNALISÉS


La Commission s'impatiente car, dans le cadre du protocole de Kyoto, l'Union européenne (UE) s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % entre 1990 et 2012. Or les voitures particulières sont responsables de plus de 10 % des émissions de CO2 de l'UE.

La future réglementation suscite déjà un lobbying intense. Les constructeurs français pourraient ne pas trop mal s'en sortir. Champions du monde des petites cylindrées et des motorisations diesel, Renault, Peugeot et Citroën affichent déjà une moyenne inférieure à 150 grammes de CO2 au kilomètre, contre 161 grammes pour l'ensemble des marques européennes, 168 pour les Coréens et 170 pour les Japonais. Mieux, l'ensemble des véhicules diesel commercialisés par les Français est passé pour la première fois en 2005 sous la barre fatidique des 140 grammes.

En revanche, les Allemands, avec leurs puissantes berlines et leurs gros 4×4, risquent d'être les principales victimes de cette chasse au CO2. BMW, Mercedes ou Volkswagen pourraient alors invoquer une distorsion de concurrence au profit des Français. Entre deux maux, Bruxelles devra choisir.


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   Posté le 21-09-2006 à 15:26:57   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Fonte des glaces: de nouvelles routes s’ouvrent en Arctique


Les glaces de l’Arctique en août 2005 (à gche) et août 2006 (à dr.) vues par EOS Aqua. Le rose correspond aux plus fortes concentrations de glace (100%), le bleu à l’eau liquide. L'orange, le jaune et le vert indiquent des concentrations décroissantes.



Citation :

Cet été, un navire aurait pu remonter depuis le Nord de la Sibérie ou le Spitzberg, la grande île de l’archipel norvégien de Svalbard, jusqu’au pôle Nord sans rencontrer de grandes difficultés, selon des chercheurs de l’ESA. Des images prises par les satellites Envisat et EOS Aqua entre le 23 et le25 août au-dessus du continent Arctique montrent d’importantes failles dans les glaces pérennes qui s’étendent normalement du nord de Svalbard à la Sibérie, ceinturant le pôle Nord.

Les scientifiques de l’Agence spatiale européenne ont calculé que 5 à 10% de cette glace de mer pérenne –qui ne fond pas l’été- avait été cassée et fragmentée par les violents orages de la fin de la saison. Si cette situation sans précédent se répète, analyse Mark Drinkwater, du département Océans et Glaces de l’ESA, la fameuse route de la mer du Nord, ou Passage du Nord-Est, sera ouverte à certaines périodes de l’année d’ici 10 à 20 ans. La navigation entre l’Europe et l’Asie pourrait alors passer par l’océan Arctique.

Depuis 25 ans les satellites ont permis de mesurer la réduction des glaces de l’Arctique, rappellent les chercheurs. La surface minimale de glace qui reste à la fin de l’été recouvrait 8 millions de km2 au début des années 80, contre 5,5 millions en 2005.

Selon une étude publiée la semaine dernière par des chercheurs de la NASA, les glaces de mer de l’Arctique ne reculent pas seulement en été. Pendant les hivers 2005 et 2006, la surface de ces glaces était 6% plus petite qu’au cours des 26 dernières années, selon Josefino Comiso et ses collègues. Selon eux, seule l’aggravation de l’effet de serre peut expliquer l’ampleur du phénomène. L’Arctique est le «canari [mort] de la mine de charbon» estime l’un des auteurs de l’étude, Mark Serreze, dans une interview au magazine New Scientist.

Cécile Dumas

Source: http://sciences.nouvelobs.com/sci_20060920.OBS2708.html


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   Posté le 26-09-2006 à 12:09:16   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Pas un jour sans qu'un nouvel article nous rappel les conséquences du réchauffement climatique.

Citation :


La température du globe au plus haut depuis près de 12 000 ans
LEMONDE.FR avec AFP | 26.09.06 | 11h13

La température terrestre a grimpé au plus haut niveau depuis près de 12 000 ans, et ce durant les trente dernières années, indique une étude publiée, mardi 26 septembre, dans les annales de l'Académie nationale américaine des sciences et réalisée par des chercheurs américains dont l'un des principaux climatologues de la NASA, l'agence spatiale américaine. Ce réchauffement climatique commence à affecter la faune et la flore, relève la recherche. La rapide montée de la température du globe au cours des trente dernières années, à raison de 0,2 degré Celsius par décennie, fait que nous sommes actuellement à environ un degré Celsius du maximum enregistré depuis près d'un million d'années, indique James Hansen de l'Institut Goddard de la NASA pour les études spatiales, principal auteur de cette recherche.


"Cette montée du thermomètre fait que la Terre connaît la température la plus chaude de la période inter-glaciaire actuelle qui a débuté il y a environ 12 000 ans", note-t-il.

"NIVEAUX DE POLLUTION HUMAINE DANGEREUX"
"Les indices laissent penser que nous approchons de niveaux de pollution humaine dangereux" alors que les gaz à effet de serre comme le C0², le dioxyde de carbone, sont depuis les dernières décennies la principale cause du changement climatique, met en garde ce climatologue. Et de poursuivre :"Si le réchauffement atteint au total deux ou trois degrés Celsius, nous verrons probablement des changements qui feront de la Terre une planète différente de celle que nous connaissons. (...) La dernière fois que la planète était aussi chaude au milieu du Pliocène, il y a environ trois millions d'années, le niveau des océans était environ 25 mètres au-dessus de celui d'aujourd'hui, selon les estimations."

Les auteurs de cette recherche ont rappelé qu'un rapport publié en 2003 dans la revue scientifique britannique Nature montrait que 1 700 variétés de plantes et d'espèces d'animaux et d'insectes avaient migré vers le Pôle Nord à un rythme moyen de 6 km par décennie au cours de la dernière moitié du XXe siècle.

Le réchauffement est plus prononcé en allant vers l'Arctique où la fonte des glaces et des neiges met à nu le sol et les roches plus sombres qui absorbent de ce fait davantage la chaleur du soleil, amplifiant le phénomène, note l'étude. En revanche, les océans se réchauffent moins vite grâce aux échanges thermiques avec les eaux froides en profondeur.


Le fameux rapport de la nasa:
http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20060926/816856_2006_hansen_etal_1.pdf

Citation :

Les sols glacés du permafrost menacés de disparition par le réchauffement
LE MONDE | 03.01.06 | 14h00

Le permafrost (ou pergélisol), ce sol perpétuellement gelé des régions arctiques, recouvre actuellement un quart des terres de l'hémisphère Nord, soit une surface d'environ 10,5 millions de km2. Un territoire grand comme l'Europe, qui est aujourd'hui menacé par le réchauffement de la planète dû notamment aux rejets par l'homme de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Ces sols, à en croire David Lawrence et Andrew Slater du National Center for Atmospheric Research (NCAR, Boulder, Etats-Unis), pourraient en effet connaître, d'ici à la fin du siècle, une fonte dramatique sur leurs 3 premiers mètres d'épaisseur.

Dans le pire des scénarios, si les rejets de CO2 atteignent d'ici cent ans, avec l'apport des pays en voie de développement, un niveau de 810 parties par million (ppm) de gaz carbonique dans l'atmosphère, contre 350 aujourd'hui, la superficie du permafrost pourrait, en 2050, ne plus occuper que 2,5 millions de km2 et, en 2100, 1 million de km2. Avec des émissions de CO2 plus maîtrisées (550 ppm), le permafrost resterait présent sur encore 3,75 millions de km2 à la fin du siècle, affirment les chercheurs dans l'édition du 17 décembre 2005 des Geophysical Research Letters.


AFFAISSEMENTS


Le permafrost, qui existe dans les régions où la température moyenne est de 0 oC, est constitué d'un ensemble de terre, de déchets végétaux et de glace. Il peut atteindre par endroits plusieurs centaines de mètres d'épaisseur et comprend une surface active, épaisse de quelques centimètres à plusieurs mètres, qui fond durant l'été et regèle en hiver. C'est cette partie exposée et fragile qui est aujourd'hui sensible au réchauffement climatique.

Au-dessous commence le royaume du permafrost profond, qui, lui, ne devrait pas, d'ici à la fin du siècle, être affecté par la montée des températures, estime David Lawrence. En effet, "il s'agit essentiellement de permafrost fossile qui a été créé lors des dernières glaciations il y a quelques milliers d'années", rappelle Gerhard Krinner, chercheur CNRS au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble.

L'augmentation des températures depuis les débuts de l'ère industrielle, plus élevée dans les régions arctiques qu'ailleurs, a déjà altéré le permafrost dans certaines régions. Ainsi, en Alaska, il a en vingt ans fondu sur une épaisseur de 2 mètres, constate Vladimir Romanovsky, géologue à l'université de Fairbanks (Alaska). Un phénomène qui a entraîné des affaissements du sol et, par voie de conséquence, la déstabilisation de certaines habitations, le gauchissement des routes et le fléchissement des arbres.

Le département des transports et l'université d'Alaska essaient d'enrayer les effets de cette catastrophe en installant sur les remblais des routes des panneaux qui réfléchissent les rayons du soleil et empêchent ainsi leur fonte ou en faisant carrément fondre le permafrost pour le remplacer par un sol stable. Résultat : 1 kilomètre de route, en Alaska, coûte 1,5 million de dollars. Les pipelines sont également sensibles à ces déformations du sol, ce qui conduit à les équiper d'ancrages profonds ou à refroidir le permafrost pour qu'il reste en l'état.

Le réchauffement provoquant une perte de cohérence des sols, on devrait observer des éboulements et des glissements de terrain. Dans certaines régions montagneuses de la planète, ces conséquences peuvent être catastrophiques, comme à Kolka-Karmadon, dans le Caucase russe, où, le 20 septembre 2002, 120 personnes ont été tuées par une avalanche de 10 millions de mètres cubes de roches et de glace. En arctique, des mouvements de "reptation" des collines, dont le coeur est constitué de glace, constituent aussi un motif d'inquiétude. Et certains témoignages font état d'installations industrielles sibériennes qui ont été endommagées par la fonte du permafrost.

David Lawrence et Andrew Slater estiment que cette fonte pourrait aussi engendrer des perturbations climatiques au niveau mondial. Selon des estimations certes encore imprécises, le permafrost contiendrait 30 % ou plus de tout le carbone stocké dans les sols de la planète. Avec la fonte, il serait alors relâché en grandes quantités dans l'atmosphère et "pourrait avoir une influence majeure sur le climat", s'inquiète David Lawrence.

Gerhard Krinner, qui modélise également les effets du réchauffement climatique sur les régions boréales, "n'est pas surpris par les pronostics des chercheurs américains". Mais selon lui, "il est très difficile de dire quelles quantités de CO2 seront relâchées dans l'atmosphère par cette fonte. Tout dépend des conditions qui règnent dans ces sols qui deviennent rapidement marécageux. Le permafrost peut, par exemple, se décomposer moins vite qu'on ne le pense, et plutôt en émettant du méthane".



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Pôles terrestres : l'état d'urgence est décrété LE MONDE | 01.03.07 | 14h36 • Mis à jour le 01.03.07 | 14h36


Le jeudi 1er mars, les deux calottes glacées de la Terre devaient être au centre de toutes les attentions : la communauté scientifique internationale lance officiellement, à Paris, la quatrième Année polaire internationale (API 2007-2008). Organisée sous l'égide du Conseil international des sciences et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), cette nouvelle Année polaire est placée sous les auspices du réchauffement climatique, qui marque de son empreinte les zones arctiques.


Elle se déroulera de fait sur deux ans, de mars 2007 et mars 2009, ce qui permettra d'"étudier un cycle entier Arctique-Antarctique sur deux saisons complètes", explique Yves Frenot, directeur adjoint de l'Institut Paul-Emile-Victor (IPEV, à Brest). Car ces zones sont accessibles en été à des périodes bien précises : juin à août pour le pôle Nord, novembre à février pour le pôle Sud. Ses travaux mobiliseront 50 000 chercheurs travaillant sur 209 projets et représentant plus de soixante nations.

Les précédentes API ont rodé une coopération internationale indispensable dans ces zones rudes et difficiles d'accès. Celle-ci avait commencé dès 1874-1875, quand les scientifiques ont voulu observer le passage de la planète Vénus devant le Soleil. Lors de la première API (1882-1883), douze pays avaient uni leurs forces pour mener en Arctique et en Antarctique des études sur le climat et le champ magnétique terrestre, l'astronomie, la botanique, la zoologie et l'ethnologie. La deuxième API (1932-1933), lancée par l'OMM, avait étudié le jet-stream, ce puissant courant atmosphérique qui parcourt le globe à 10 km d'altitude. La troisième (1957-1958), centrée sur l'Antarctique, avait eu lieu dans le cadre de l'Année géophysique internationale, pendant une période d'activité solaire intense.

Cette période, qui avait vu la confirmation de la théorie de la dérive des continents - jusque-là très controversée -, les premières mesures de gaz carbonique dans l'atmosphère et le lancement des premiers satellites, est aussi celle au cours de laquelle la recherche polaire a pris véritablement son essor.

C'est à partir de ces années-là que les nations ont installé plus de cinquante observatoires en Antarctique. En 1961 fut signé le traité de l'Antarctique, qui réserve à jamais le continent blanc aux seules activités pacifiques. Il a été complété par le protocole de Madrid, entré en vigueur en 1998, qui protège cet environnement exceptionnel pour cinquante ans.

Les recherches menées depuis cinq décennies dans ces régions battues par les vents, où les températures peuvent descendre à - 89 0C en Antarctique et - 70 0C en Arctique, ont montré qu'elles sont des endroits-clés de notre planète. Elles jouent en effet un rôle capital dans les échanges atmosphériques qui se font entre les pôles et l'Equateur, et dans la circulation océanique mondiale .

Pour cette raison, " les glaces des pôles sont les témoins privilégiés de nos méfaits sur l'environnement , précise Claude Lorius, président du comité français de parrainage de l'Académie des sciences. Nous avons pris conscience qu'il n'y avait qu'une seule atmosphère, avec la découverte du trou d'ozone en Antarctique, les retombées radioactives aux pôles et la présence de plomb dans les glaces du Groenland". Les forages glaciaires menés au Groenland et en Antarctique ont aussi confirmé la corrélation étroite existant entre les changements climatiques et les gaz à effet de serre, dont la teneur n'a jamais été aussi élevée depuis 650 000 ans .

Ce réchauffement est déjà visible en Arctique. La fonte de la glace et du pergélisol (ou permafrost - un sol jusque-là gelé en permanence) y perturbe le mode de vie des habitants et de la faune. Les images prises de satellite et les observations sur le terrain indiquent que la banquise arctique estivale a perdu 15 % de sa surface et plus de 40 % de son épaisseur depuis 1978 .

Elle pourrait disparaître complètement à partir de 2070 , ce qui ouvrira de nouvelles voies maritimes et la possibilité d'exploiter des ressources minières et pétrolières jusqu'ici inaccessibles. Elle devient, de ce fait, une région stratégique que se disputent les puissances locales (lire la page Focus du 27 mai 2006).

Pour prévoir l'avenir des zones polaires, il importe maintenant de "décrire un état de référence tant scientifique qu'ethnographique à partir duquel on pourra modéliser et préciser l'ampleur du réchauffement", précise Yves Frenot. Les équipes internationales ont donc sélectionné six thèmes de recherche pour la nouvelle année polaire. Elles veulent mieux connaître les liens et interactions entre les régions polaires et le reste du globe, qui restent mal connus. Elles souhaitent préciser la composition et la morphologie de la croûte terrestre présente sous la glace, et les interactions entre ces deux milieux. Il est aussi prévu de profiter de la position géographique unique des régions polaires pour installer ou développer des observatoires destinés à mieux connaître la structure interne de la Terre et son champ magnétique .

L'Antarctique et son atmosphère extrêmement claire et pure sont aussi idéaux pour développer des observations astronomiques. Enfin, nouveauté de l'API 2007-2009, des travaux seront consacrés à l'étude des populations arctiques et à leur culture. Les organisateurs de l'API souhaitent enfin sensibiliser le public, en particulier les jeunes, sur l'enjeu que représentent les pôles pour la planète.

Durant deux ans, conférences, expositions et manifestations auront lieu partout dans le monde, y compris en France. La Cité des sciences et de l'industrie a ouvert le ban avec l'exposition Pôle Nord-Pôle Sud (jusqu'au 30 juin), qui sera accompagnée de nombreuses rencontres et conférences.

Toutes les recherches nécessiteront des moyens techniques lourds - navires, satellites, etc. - et des systèmes de stockage et de traitement de données performants. Car il faudra gérer d'énormes quantités d'éléments et les rendre accessibles à la communauté scientifique. Dès lors, les pays participants ont prévu un effort financier particulier : 7,8 millions d'euros pour le Royaume-Uni, 4 pour le Danemark, 3 pour l'Espagne, 7,5 pour les Etats-Unis, 49 pour la Chine, le Canada faisant un effort exceptionnel de 113 millions d'euros.

La recherche polaire française devrait bénéficier de 8 millions d'euros, en plus de son budget annuel. Elle mettra en oeuvre ses stations de terrain en Antarctique, dans les îles de Crozet, Kerguelen et Amsterdam, au Spitzberg, ainsi que ses navires Marion-Dufresne-2, Astrolabe et Curieuse.

La France a une longue expérience en Arctique et en Antarctique, qui a commencé avec les Expéditions polaires françaises fondées par Paul-Emile Victor en 1947. Cela s'est traduit par l'installation sur l'île des Pétrels, en terre Adélie, de la station Dumont-d'Urville. Concordia, une deuxième station permanente de chercheurs franco-italiens au centre de l'Antarctique, a été ouverte en février 2005.

La recherche polaire française a une bonne réputation internationale, qu'il convient de maintenir et de mieux organiser. C'est ce que met en avant un rapport rédigé par le sénateur (UDF) de Maine-et-Loire, Christian Gaudin. Après avoir effectué une mission en Antarctique à la demande de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, il estime que la répartition des missions entre les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et l'Institut Paul-Emile-Victor (IPEV) - une agence de moyens - n'est "pas claire". Les deux organismes, selon lui, se marchent sur les pieds : une situation "préjudiciable à notre présence sur les zones polaires".

M. Gaudin préconise de recentrer les efforts de recherche sur l'IPEV en lui donnant des moyens budgétaires renforcés et lui faisant abandonner ses activités non spécifiquement polaires, les TAAF conservant de leur côté un rôle plus politique de promotion des intérêts de la recherche polaire française.



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Et une petite actualisation:

Citation :

Une étude sonne l'alarme sur le climat futur du Nord-Est américain LE MONDE | 19.07.07 | 14h38 •

Depuis le mois de mai, Eve Mosher, artiste peintre, dessine à la craie sur les trottoirs new-yorkais. Plus que des dessins, ce sont des lignes qu'elle trace, des lignes de démarcation. Eve Mosher entoure les quartiers d'une ligne qui aurait été hier une frontière de science-fiction, et qui est devenue, avec la brusque prise de conscience des effets du réchauffement climatique, une limite envisageable : la ligne au-delà de laquelle les eaux ne monteront pas.


Le Congrès peine à transformer ses projets en actes
En dépit de la prise de conscience de l'opinion, le Congrès n'a pas réussi à se saisir efficacement du problème des gaz à effet de serre, dont les Etats-Unis sont, par habitant, le premier producteur mondial. Cinq projets de loi ont été introduits au Sénat, mais aucun n'a encore été voté, six mois après l'entrée en fonction d'un Congrès démocrate qui avait fait de l'environnement un de ses thèmes de campagne. Le projet le plus ambitieux souhaite réduire les émissions de gaz à effet de serre de 2 % chaque année entre 2010 et 2020.

Mardi 17 juillet, en visite à la Maison Blanche, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé au président Bush de participer à la réunion de haut niveau qu'il entend tenir, en septembre, à New York, afin de préparer la conférence de Bali de décembre, qui doit jeter les bases de l'accord sur les gaz à effet de serre qui succédera au protocole de Kyoto après 2012.


Samedi 14 et dimanche 15 juillet, elle a tracé la ligne de la montée des eaux de la 14e Rue au pont de Brooklyn. Les gens s'arrêtent pour lui demander ce qu'elle fait. Elle répond qu'elle essaie "d'utiliser l'art pour rendre visible le changement climatique". La plupart des passants ont entendu parler du réchauffement. "C'est réconfortant, dit-elle. Mais ils sont surpris de voir que la ligne s'enfonce aussi loin." Eve Mosher a choisi le scénario le plus noir. Celui où les eaux monteraient de 3 mètres et inonderaient Manhattan tous les cinq ans et demi en moyenne. Les Américains commencent à visualiser les effets potentiels du réchauffement climatique.

C'est, d'une certaine manière, au même genre d'exercice que s'est livrée l'Union of Concerned Scientists. Dans une étude d'envergure, publiée le 12 juillet, cette association de chercheurs a montré ce qu'il adviendrait du Nord-Est, la région du pays qui compte à la fois une grande concentration de population et d'importantes ressources naturelles. Deux scénarios ont été explorés, l'un pessimiste, où l'homme ne changerait rien à ses habitudes, et l'autre optimiste, où le monde entreprendrait des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dans les deux scénarios, la température s'élèverait de plusieurs degrés d'ici à la fin du siècle, mais pas dans les mêmes proportions. Dans le cas de figure pessimiste, les températures moyennes hivernales gagneraient 4,5 à 6,5 0C et les étés de 6 à 14 0C, ce par rapport aux moyennes historiques. Dans le scénario optimiste, la température ne monterait que de 3 à 4,5 0C l'hiver et de 1,5 à 4 0C l'été.

Cet épais rapport est l'oeuvre d'une cinquantaine d'universitaires et de chercheurs dont certains travaillant pour des agences fédérales. Les travaux ont été dirigés par Peter Frumhoff, un des principaux auteurs du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), créé en 1988, pour évaluer les risques de changements climatiques provoqués par l'homme.

L'étude de l'Union of Concerned Scientists s'efforce de traduire les chiffres de la climatologie en images concrètes. Des villes telles que Boston, Atlantic City ou New York connaîtraient des inondations fréquentes et catastrophiques. Les stations de ski, nombreuses dans l'Etat de New York, pourraient avoir à fermer leurs portes : de tout le Nord-Est, il n'en resterait que dans le Maine.

Le réchauffement induirait une "migration" vers le nord de certaines essences d'arbres, ce qui, par effet de cascade, modifierait la faune et notamment la faune aviaire. Ainsi, le loriot disparaîtrait des environs de Baltimore. Il s'agit d'un exemple de nature à frapper les esprits car cet oiseau est l'emblème de l'équipe locale de base-ball. Autre exemple d'une longue liste : trente jours par an, Philadelphie pourrait connaître des températures supérieures à 38 0C.

Certains des changements sont déjà inévitables parce que les gaz à effet de serre, en augmentation depuis le début de la révolution industrielle, se conservent longtemps dans l'atmosphère. Mais selon les déclarations de Peter Frumhoff au Washington Post, "les conséquences les pires peuvent être évitées si nous agissons vite".


Citation :

Le réchauffement climatique devrait se faire sentir à partir de 2009
LEMONDE.FR avec AFP | 10.08.07 | 13h28

Les chercheurs britanniques ont annoncé, vendredi 10 août, dans la revue Science, que le réchauffement climatique se fera sérieusement sentir à partir de 2009. Cette date a pu être obtenue grâce à des simulations d'un programme informatique qu'ils ont eux-mêmes développé, estimant les modèles existants peu satisfaisants.

Les chercheurs du bureau météorologique britannique ont intégré dans ce programme les températures et circulations de courants dans les océans, ainsi que des phénomènes météorologiques comme La Niña, annonciatrice de cyclones dans l'Atlantique et de moussons plus fortes que d'ordinaire en Asie, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines. Ils ont éprouvé la validité de ce modèle en le testant sur les années 1982-2001, et constaté que leurs résultats étaient bien plus proches des températures effectivement constatées durant cette période que celles des modèles précédents.

Leur simulation sur l'avenir proche (2005-2014) leur a permis de constater que jusqu'à présent, les effets du réchauffement ont été compensés par des phénomènes naturels, comme le refroidissement dans une partie du Pacifique et la résistance au réchauffement de l'océan Arctique. Mais à partir de 2009, les températures devraient atteindre des records, aucun phénomène ne pouvant compenser la hausse des températures provoquée par les gaz à effet de serre.


Citation :


Selon l'Union européenne, le réchauffement climatique menace la sécurité internationale
LE MONDE | 11.03.08 | 08h57

Le réchauffement de la planète ne constitue pas seulement un danger pour l'environnement, il met aussi en péril la sécurité internationale. Tel est le leitmotiv d'un document établi conjointement par les services du haut représentant de l'Union européenne, Javier Solana, et de la Commission, qui sera présenté, jeudi 13 mars, aux chefs d'Etat et de gouvernement, au cours de la réunion du Conseil européen.


Selon ce rapport, les changements climatiques représentent un "multiplicateur de menaces", qui "exacerbe les tendances, les tensions et l'instabilité existantes". Aussi l'Union doit-elle se donner les moyens de répondre à ces risques en renforçant ses capacités "de recherche, d'analyse, de suivi et d'alerte rapide" et en améliorant ses outils de protection civile et de gestion de crises face aux catastrophes à venir.

Le texte distingue plusieurs formes de menaces liées aux changements climatiques. Certaines ont pour cause la recrudescence prévisible des conflits sur l'accès aux ressources. "La pénurie d'eau, en particulier, est susceptible de provoquer des troubles civils et des pertes économiques substantielles, même dans les économies solides", écrivent les auteurs, qui mentionnent aussi "les tensions liées à l'approvisionnement énergétique", dont la multiplication accroîtra l'instabilité. Les conflits pourraient également s'intensifier autour des ressources situées dans les régions polaires, rendues exploitables par le réchauffement.

"PERTES DE TERRITOIRES"

Les régions côtières, où vit près d'un cinquième de la population mondiale, sont particulièrement menacées. "Les mégapoles, et leurs infrastructures de soutien, telles que les installations portuaires et les raffineries de pétrole, sont souvent implantées en bord de mer ou dans les deltas des rivières", note le rapport, qui s'inquiète des conséquences de l'élévation du niveau de la mer. De plus, "le recul des côtes et la submersion de vastes zones pourraient entraîner des pertes de territoires, et même la disparition de pays entiers".

Autre conséquence possible, l'accroissement des migrations risque de créer des situations difficiles. Selon les Nations unies, indique le document, on dénombrera d'ici à 2020 des millions de migrants environnementaux. "Ces migrations, ajoute-t-il, pourraient se traduire par une augmentation du nombre de conflits dans les régions de transit et de destination."

Certaines des régions les plus vulnérables aux changements climatiques, comme l'Afrique du Nord et le Proche-Orient, étant voisines de l'Union européenne, celle-ci devrait connaître des pressions migratoires accrues.

Enfin, le réchauffement peut déstabiliser les Etats les plus fragiles, s'ils ne parviennent pas à y faire face, et favoriser la "radicalisation politique". Il risque aussi d'"attiser les ressentiments" entre les principaux responsables des changements climatiques et ceux qui seront les plus touchés.

Cette "fracture potentielle", selon le rapport, ne sera pas seulement une division Nord-Sud mais comportera une dimension Sud-Sud, avec la part croissante de la Chine et de l'Inde dans les émissions mondiales.


Citation :


Il nous reste sept ans pour inverser la courbe des émissions de CO2 "
LE MONDE | 07.07.08 | 15h12

Rajendra Pachauri préside depuis 2002 le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) dont les rapports ont posé scientifiquement la réalité du changement climatique. A ce titre, cet ingénieur et économiste indien de 67 ans a reçu le prix Nobel de la paix 2007, conjointement avec l'ancien vice-président américain Al Gore. Invité à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) au Conseil informel des ministres de l'environnement et de l'énergie de l'Union européenne, il a appelé les Vingt-Sept, vendredi 4 juillet, à tenir l'engagement de réduire d'au moins 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Citant Gandhi, il a exhorté les Européens à être en pointe dans la lutte contre le réchauffement : "Si vous voulez que le monde change, a-t-il lancé aux ministres, vous devez incarner ce changement."

Six mois se sont écoulés depuis la conférence de Bali. Les négociations en vue d'aboutir à un accord international sur l'après-Kyoto avancent-elles ?

Il ne s'est pas passé grand-chose et c'est inquiétant. Il reste peu de temps avant le sommet de Copenhague en décembre 2009 même si, dans ce genre de négociations, c'est toujours un peu pareil : chacun observe l'autre et attend le dernier moment. Cela conduit à s'entendre dans le meilleur des cas sur des compromis alors que, cette fois-ci, nous avons besoin d'un accord solide et ambitieux. Pour contenir la hausse des températures en deçà de 2 °C-2,4 °C, qui est selon nos travaux la ligne à ne pas franchir pour ne pas se mettre gravement en danger, il ne nous reste que sept ans pour inverser la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre. C'est très peu.

Quel rôle peut jouer l'Europe ?

L'Europe a un rôle essentiel à jouer, elle doit continuer à montrer le chemin comme elle a commencé de le faire. Si elle ne prend pas la décision d'être la première grande région à réduire volontairement ses rejets de dioxyde de carbone, il est vain d'espérer un accord international. Jamais les Etats-Unis ou la Chine ne monteront dans le train.

Peut-on voir dans la crise alimentaire qui frappe les pays pauvres une manifestation du dérèglement climatique ?

La crise actuelle a de multiples causes, en particulier l'augmentation de la population, le changement d'habitudes alimentaires dans certains pays - comme l'augmentation de la consommation de viande - ou encore le fait que les stocks de certaines denrées n'ont pas été entretenus. Mais il est sûr que si les températures continuent d'augmenter, les pénuries alimentaires s'aggraveront. Nous avons calculé que les rendements agricoles pourraient chuter de moitié dans certains pays d'Afrique d'ici à 2020.

Que pensez-vous des doutes exprimés par certains sur la réalité du changement climatique ?

Ils sont marginaux et reflètent le plus souvent des intérêts particuliers qui redoutent d'être pénalisés par la transition à une économie "décarbonée". Mais, objectivement, il n'y a plus de place pour le doute. La science a apporté tellement de preuves. Nous n'avons plus besoin d'aucune démonstration pour savoir sur une base scientifique que le réchauffement climatique est en cours et que l'essentiel de ce réchauffement est le fait des activités humaines. Mais il restera toujours des gens pour le contester. Il existe encore une Société de la Terre plate, dont les membres continuent et continueront encore pendant des siècles de nier la rotondité de la Terre...

Les objectifs généralement affichés sont de conserver le niveau de dioxyde de carbone (CO2) en deçà de 450 à 550 parties par million (ppm). Mais de récents travaux indiquent qu'il faudrait demeurer en deçà de 350 ppm, un niveau qui est déjà dépassé...

Le GIEC ne donne pas de conseils, il se contente de donner une évaluation des différents scénarios. Ensuite, c'est à la communauté internationale de décider. La considération principale est que nous devons stabiliser le niveau de gaz à effet de serre à un niveau qui soit en deçà du niveau d'interférence humaine dangereuse avec le climat. Comment définir ce qui est dangereux ? Et plus important : dangereux pour qui ? Pour certains petits Etats insulaires, le niveau actuel est sans doute déjà dangereux. J'étais récemment en Nouvelle-Zélande où j'ai rencontré le président des îles Kiribati (Anote Tong), dont le pays sera submergé avant la fin du siècle. Il est bien conscient du fait que, pour les habitants de son pays, qui devront partir, le niveau de danger est déjà dépassé. La communauté internationale ne peut pas décider de ce qui est dangereux sur la foi d'une moyenne : il n'y a pas de moyenne dans le danger représenté par le changement climatique.

Avec un rapport tous les quatre à cinq ans, le GIEC est parfois critiqué pour sa lenteur. Pourquoi ne rend-il pas ses travaux tous les ans ou tous les deux ans, pour être le plus à jour possible ?

Produire un rapport tous les ans ou tous les deux ans serait impossible. Le GIEC n'emploie aucun chercheur : les auteurs du rapport ne lui consacrent au maximum que 20 % à 25 % de leur temps de travail. Mais c'est la seule manière de s'assurer la collaboration des meilleurs scientifiques. Les données de l'an passé suggèrent peut-être que l'Arctique fond plus vite que ne l'a dit le GIEC dans son dernier rapport. Mais il est possible que les mesures de l'an prochain nous disent autre chose... Nous devons prendre le temps nécessaire pour tenir compte de suffisamment de données : c'est aussi ce qui fait notre crédibilité scientifique.


Grüssi

Abra

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