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Solomon Kane
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   Posté le 08-10-2005 à 11:27:32               

Explorant comme à mon habitude les recoins du net, je me suis retrouvé à farfouiller une fois de plus du côté des francs-maçons et plus particulièrement de leur symbôlique. Alors plutôt que de vous balancer sans explication le texte brut voici comment j'ai articulé ce message. La première partie évoque le pourquoi du symbolique maçonnique. C'est intéressant leur façon de voir la chose car d'aucun pourraient penser que le symbole est l'expression d'un savoir qui ne peut être révélé qu'aux seuls initiés mais ce ne serait pas tout à fait exact. L'idée de base n'est pas tant de cacher quelque chose mais plutôt d'éveiller quelque chose chez celui qui regarde le symbole. Dans la seconde partie qui détaille les outils de base du maçon, ce que vous noterez de très intéressant - tout particulièrement dans les derniers : la pierre brute, la pierre cubique et la pierre cubique à pointes - c'est la façon dont la voie maçonnique reprend finalement celle de toute discipline ésotérique visant la transcendance de l'être. On y fait des parallèles évidents avec l'alchimie et le Grand Oeuvre, la spiritualité orientale avec l'Eveil, le principe Divin avec l'apogée de l'âme, etc... Tout est tiré du site www.franc-maconnerie.org.

GENERALITES SUR LE SYMBOLISME MACONNIQUE

En Franc-Maçonnerie, pour pratiquer le symbolisme, il faut regarder ce qui existe comme une grande écriture. C'est penser la pensée et parler un langage. Comme l'indique le mot, le symbole est un ensemble qui réunit plusieurs éléments, afin que l'ensemble représente davantage que la somme des parties. " Ici tout est symbole ", dit le rituel d'initiation au premier degré, celui d'apprenti Franc-Maçon, cette phrase décrit la voie symbolique : " Ici, nous apprenons à regarder la modalité symbolique de tout ce qui existe ". En somme, voir dans chaque mot une métaphore.

Il convient d'insister sur ce fait parce que le symbolisme est perçu d'habitude comme l'apprentissage d'un langage codé par lequel se reconnaissent les membres d'un groupe, cela et rien d'autre. Le symbolisme casse les définitions figées qui ne correspondent pas à la réalité en devenir, il entraîne a reconnaître la phase transitoire d'une chose a être. Le but ? Reconnaître la réalité telle qu'elle est, c'est à dire vivante, repérer la porosité des limites qui séparent les catégories, autrement dit " réunir ce qui est épars ". La pratique du symbolisme libère des idées reçues et des tics mentaux, sous réserve, bien évidemment, qu'elle ne soit pas dogmatique. Si elle se réduit a la mémorisation de réponses et à l'énumération d'équations simplistes selon le schéma "ceci veut dire cela", elle rétrécit et aliène au lieu d'élargir l'esprit. Le remède et le poison sont de même nature.



Ce qui les différencie est quantitatif : dose et rapport au terrain. Le symbolisme ouvre des pistes sur la pensée lorsqu'il explore ce qui relie le désir à l'idée, l'imagination à la raison, l'esprit qui globalise et celui qui découpe, sans renier ni privilégier l'un ou l'autre, sans jamais se blottir dans des certitudes figées. Le symbolisme est un exercice utile qui permet de débusquer la part de réflexe qui habite la réflexion, de relier un mot a son histoire. Ainsi se corrigent les amalgames préjudiciables et générateurs de comportements aberrants, le symboliste est prémuni contre les dérives occultistes de l'ésotérisme. Il ne confond pas la dévotion et le mysticisme, la foi et la confiance, la complaisance et la bienveillance, il apprend à être précis et s'en porte mieux. Le projet du maçon est défini par ces deux propositions qui, dans tous les rites maçonniques, sont répétées souvent : "Aller plus loin" et "réunir ce qui est épars".

C'est en répondant à ces invitations que progresse la connaissance objective. En effet, les opérations mentales par lesquelles se construisent les théories et les applications techniques s'articulent autour des actes d'englober, de rapprocher et d'appliquer. Ceux-ci accomplissent le projet du maçon. Le symbolisme met l'accent sur le savoir subjectif et la voie symbolique est celle de l'introspection conduite par les associations libres, a relier l'Equerre et compas sont indissociablement liés. Ils rappellent les jeux de l'esprit et de la matière. Ils traduisent leur évolution du passage de la matière à l'esprit, avec l'histoire individuelle et collective, et aussi avec les lois régissant toute chose. Le symboliste postule que le savoir objectif passe par le savoir subjectif, comme le dit l'aphorisme socratique : " Connais-toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux ". Reconnaissant cela, il explore les voies qui relient le désir à l'idée et met en pièces toute affirmation dogmatique, même le dogmatisme de l'évidence. Il explore les strates du sens et accomplit le travail auquel nous convie Spinoza : " Tu dis que tu as choisi une idée parce qu'elle est bonne, sache qu'en réalité tu dis qu'elle est bonne parce que tu l'as choisie ". Et aussi le travail auquel nous convie le kabbaliste de l'école de Gérone, Jacob ben Sheshet : " Quand tu dis Dieu a créé l'homme à son image et quand tu dis l'homme a créé Dieu a son image, tu crois que tu dis le contraire et, effectivement, il en est ainsi. Il t’appartient d'étudier et de méditer jusqu'à ce que tu comprennes pourquoi et comment tu dis la même chose autrement ". Le Franc-Maçon, familier du Symbolisme, repère la part mythologique de tout discours. Peut-on mieux dire que la voie symbolique réunit ce qui est épars ?

LES OUTILS SYMBOLIQUES DE LA FRANC MACONNERIE



I. LE MAILLET ET LE CISEAU

Cette paire d'outils impose à la pierre la volonté de l'ouvrier. D'une main, il frappe le ciseau avec le maillet pour tailler et créer une forme a la ressemblance de celle qu'il imagine. Le maillet est donc associé à la volonté agissante. C'est pourquoi il est remis au vénérable et aux deux surveillants. Il est utilisé au cours du rituel pour annoncer l'ouverture et la fermeture des travaux, et pour demander la parole. Au cours de la cérémonie d'initiation, le vénérable pose l'épée sur l'épaule du récipiendaire puis frappe la lame de son maillet. Pour tailler la pierre, le ciseau ou le maillet seuls sont inefficaces et la complémentarité de l'actif et du passif est évidente dans le symbolisme.

II. LA PERPENDICULAIRE ET LE NIVEAU

La perpendiculaire est le fil à plomb fixé au centre d'un arceau, et le niveau un fil à plomb fixé au sommet d'un triangle. Le premier montre la verticale et le second donne l'horizontale. Si les deux outils indiquent la verticale par le moyen du fil a plomb, le niveau donne l'horizontale indirectement : il faut, pour l'obtenir, que le fil a plomb croise la base du triangle comme une perpendiculaire, qu'il divise ainsi le triangle en deux triangles rectangles semblables. La verticale s'obtient immédiatement : il suffit d'observer le fil à plomb immobile. Puis l'horizontale en est déduite : il faut créer un angle droit en ajustant la base du triangle au fil à plomb. Nous manipulons le triangle pour croiser sa base (le côté opposé à l'angle auquel est suspendu le fil à plomb) avec la verticale. La gravité permet de fixer la verticale à partir de laquelle nous déterminons l'horizontale. L'observation de ces outils suggère des métaphores éclairantes sur le mécanisme par lequel nous nous orientons sur un plan vertical en déterminant ses deux dimensions, hauteur et largeur.



III. LA RÈGLE ET LE LEVIER

La règle et le levier sont formés tous deux par une ligne droite. Outil de mesure, divisé en vingt-quatre degrés comme la division du jour en vingt-quatre heures, la règle permet de vérifier si la construction achevée est conforme au projet. Divisible par deux et par trois, produit des quatre premiers nombres entiers, le nombre de la règle est idéal pour vérifier la justesse des proportions. Le levier est l'outil qui multiplie la force de l'ouvrier. Il sert à vaincre la force de gravitation. Séparé en deux parties par un point d'appui, le levier augmente la force de l'homme proportionnellement à l'allongement de la partie sur laquelle il appuie. Celle‑ci est nommée "la puissance". L'autre, celle qui est courte et supporte l'objet à soulever, est nommée "la résistance".

IV. LA TRUELLE

Cet outil représente l'achèvement du travail, le moment où l'on étale sur les murs le mortier ou le plâtre qui efface les distinctions entre les pierres. Il est aussi associé à la puissance créatrice et, au Moyen Âge, le Créateur était parfois représenté une truelle à la main. La truelle est la Cuillère pendant les agapes. La truelle est l’outil qui permet de lier les pierres entre elles. Il est à noter que la truelle est absente des Rites Écossais. L’expression, passer la truelle, signifie pardonner. Pourvue d'un manche oblique, sa forme est empruntée à la « Truelle à finir ». Contrairement à ce que d'aucuns ont écrit, elle n'est pas, un «Outil Symbolique». Cependant dans le R.E.R. elle orne le plateau du VM. On la retrouve aussi aux grades capitulaires : Arche Royale, Maîtres Écossais parfait de Saint-André, etc. on y explique que les Maçons du Temple de Jérusalem tenaient l'épée de la main gauche et la truelle, de la main droite. Ce qui prouve, entre autres que le Maçon ne doit ni attaquer, ni se battre, mais seulement travailler et se défendre. La Truelle est un Outil de « liaison » et de coordination. Rappel du lien Fraternel. L'expression "passer la truelle" a le sens de pardonner et oublier les offenses. Le symbolisme de cet outil se fonde aussi sur la forme triangulaire de sa lame et sur son profil brisé simulant l'éclair.

V. LA PIERRE BRUTE, LA PIERRE CUBIQUE ET LA PIERRE CUBIQUE À POINTE:

Pierre Brute : L'Apprenti, par l'initiation « retrouve l'état de Nature». Il lui appartient, par la suite, de polir « sa » pierre et « de la rendre parfaite à son gré ». Pour J. Boucher, donc, la pierre brute est un « passage » initiatique. La pierre brute l'Apprenti, devra se dégrossir pour parvenir au Soi, se débarrasser des atteintes à l'édifice global que forme la Maçonnerie. Sur le plan opératif, la « pierre brute n est aussi un « passage » entre le bois et la pierre taillée. Ce qui rejoint, sur un autre plan, les considérations de Boucher. Mais il signifie aussi sédentarisation, stabilisation ; Guenon dit la «solidification» qui reflète une sorte de dégénérescence spirituelle. Sur le plan «hermétiste», la pierre brute est assimilée au chaos, c'est-à-dire un corps créé par la Nature dans lequel elle-même aura joint ensemble le soufre et le mercure lesquels l'artiste doit séparer, une portion de ce premier chaos, ou masse confuse connue, mais méprisée d'un chacun. L'assimilation est ici cosmique : le dégrossissage de la pierre brute correspond à la fois au Grand oeuvre de l'alchimiste et à l'organisation du monde par son créateur. Dégrossir la pierre brute est donc le travail essentiel de l'Apprenti. Ce travail est évidemment en liaison étroite avec le symbolisme des Outils dont la connaissance constitue essentiellement le grade de Compagnon. L'Apprenti ne se sert que du maillet et du ciseau, qu'il portera lors de son premier voyage. Notons une remarque de Plantagenêt : « Ces instruments ne semblent appartenir au symbolisme de l'Apprenti qu'en France. Partout ailleurs, l'outil affecté au dégrossissement symbolique de la pierre brute est la boucharde, sorte de marteau à pointe dont se servent effectivement les tailleurs de pierre ». Pour le même Plantagenêt, la pierre brute est la découverte de l' « un ». Le travail de l'Apprenti consiste à découvrir « le binaire » qui est sa loi physique, le Ternaire qui est son émanation intellectuelle, puis la Quaternaire - la pierre cubique - qui est sa loi d'objectivation. Wirth synthétise ces outils : « L'Apprenti attaque tout d'abord la pierre brute à l'aide d'une sorte de pic ou de marteau à pointe dit Cosmon gavel dans les rituels anglais. Cet instrument ne se prête qu'à un dégrossissement sommaire, aussi faut-il recourir au ciseau et au maillet pour faire disparaître l'une après l'autre toutes les aspérités du bloc qu'il importe de façonner en impeccable pierre cubique. » Le dégrossissage est également oeuvre collective l'incorporation au Temple vivant dont les Initiés sont à la fois les constructeurs et les matériaux. Mais, pour rendre possible son incorporation, l'ouvrier Matière doit savoir se transformer en se livrant sur lui-même à un travail constant de perfectionnement. La taille de la pierre brute s'accomplit toujours selon un rite, c'est-à-dire par une sacralisation du travail aboutissant non seulement à la glorification même de ce travail, mais de celui qui commande et inspire les Ouvriers le tout s'opérant et s'intégrant à un plan tracé par la Divinité. Ce travail ne peut se faire que dans une société traditionnelle. La Maçonnerie a peut permettre ce travail initiatique sur le plan mental... parce qu’elle a conservé la transmission spirituelle initiatique et réalisa par des gestes et des paroles le travail. L'Ouvrier initié réalise « le travail sur la pierre, sur lui-même et dans l'ensemble des Cosmos ». Le travail initiatique s'opère effectivement par l'individu associé intégré à l'ensemble de la communauté des initiés, puisque... le travail de réalisation spirituelle maçonnique ne saurait être qu'oeuvre collective. D'où aussi, le fait que le nouvel initié, considéré comme pierre fondamentale de l'édifice futur, est placé à l'angle Nord-Est de la loge au Rite Écossais en tout cas.



Pierre Cubique : C'est l'hexaidie, le Chef-d'œuvre que doit réaliser le Compagnon. Comme la taille de la pierre brute, la pierre cubique se rattache étroitement au symbolisme des Outils et particulièrement de l'Équerre et de la Règle. En loge, elle est sur les marches de l'Autel, côté colonne du Midi. La pierre cubique est à la fois une forme de la pierre taillée et une figure géométrique « le cube » qui permet des spéculations numérologiques (Boucher) et des commentaires analogiques à caractère moral (Ragon). Pour ce dernier, la pierre cubique symbolise les progrès que doivent faire les Compagnons. Solide le plus parfait, il est « la pierre angulaire du Temple immatériel élevé à la Philosophie » et « l'emblème de l'âme aspirant à monter à sa source ". Pour la tailler, il faut faire usage des outils traditionnels et ces instruments figurent à notre esprit les sciences dont la perfection vient d'en haut » . Cf. Cube.

Pierre cubique à pointe : Dans le tableau, la pierre cubique est, le plus souvent, terminée en pyramide. L'interprétation de ce symbole est délicate. Ragon voit sous la pyramide à le symbole du Fer et sa finalité est la possibilité d'y inscrire les nombres sacrés. Pour lui, la pierre cubique à pointe appartient au rituel du second grade. Wirth qui a longuement insisté sur l'inadaptation du cube parfait aux exigences de l'art de bâtir affirme que le couronnement pyramidal du cube pourrait... équivaloir à la croix qui surmonte le carré dans l'idéogramme de la Pierre philosophale et que ce symbole « se rapporterait plus spécialement au grade de Maître et à cet affinement de la personnalité qui se traduit par la sainteté ou l'héroïsme du point de vue moral et par une géniale acuité de jugement au point de vue intellectuel ». Ce cube qui n'en est pas un, dit Plantagenêt, est l'image même de la relativité. Sa déformation prouve que l'ambiance vivante n'est pas susceptible d'incorporer dans sa chair des formes idéales, parfaites. Ces imperfections sont l'essence de son rythme en même temps que ses aspirations vers le mieux. La pierre cubique est donc par définition imparfaite mais on peut à la fois la prétendre inachevée ou, au contraire, en voie d'évolution vers une forme nouvelle, supérieure, la Pyramide. A l'inverse de la pierre cubique parfaite la pierre à pointe symbolise le caractère humain, donc imparfait, mais aussi libre de la Maçonnerie. Chaque Maçon taille lui. même « sa » pierre, lui imprime « un caractère de personnalité qui sera sien et unique » (Boucher). Le même Boucher hasarde des explications ésotériques qui tiennent davantage à l'environnement de la pierre qu'à la pierre elle-même. Elle est sous la Hache pour indiquer son caractère sacré. La Pyramide la protège de l'Eau, comme la Hache la protège du Feu la Foudre d'où un symbolisme moral. La pierre doit être défendue contre l'Eau (forces dissolvantes) et le Feu (force trop sublimisantes).



La pierre cubique à pointe ne peut guère être utilisée en construction mais elle peut en figurer l’articulation essentielle, la clef de voûte... Le point central qui réunit les quatre éléments supérieurs peut symboliser la Quintessence, mais aussi le milieu, le Centre de l'Union. Les quatre éléments inférieurs peuvent être mis en relation avec tout le quaternaire symbolique de la Maçonnerie (éléments, qualités, côtés du Temple, tétragramme sacré, carré de Saturne, etc.).Ici, le symbolisme de la pierre cubique rejoint celui de la pierre angulaire et celui de la voûte.

Dav

[EDIT ABRA: Correction lien image]


Edité le 30-05-2011 à 18:51:36 par Abraxas


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