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 Les Tactiques de la Magick

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aleister.c
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   Posté le 21-02-2006 à 18:02:01   Voir le profil de aleister.c (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à aleister.c   

Salut à toutes et tous!

Ce qui suit est encore une traduction d'un appendice du roman "illuminatus trilogy"

j'ai longtemps hésité, mais finalement je le range ici, et pas à la suite des autres, parce que cela concerne dirèctement les pratiques magiques, et aussi parce que ce passage en particulier est sans doute sujet à controverse, je le soumet donc à votre regard critique et ...... advienne que pourra!




Citation :


APPENDICE LAMED

LES TACTIQUES DE LA MAGICK


Le cerveau humain opère manifestement sur des variations du fameux principe énoncé dans la chasse du serpent : « ce que je vous dit trois fois est vrai ».
Norbert Weiner, cybernétique



L’idée la plus importante du livre de la magie sacrée d’Abramelin le mage réside dans la simple formule « invoque souvent ».
La forme de traitement la plus efficace pour les soi-disant désordres mentaux, dans la thérapie comportementaliste de Pavlov, Skinner, Wolpe, et al., peut très bien être résumée en deux mots similaires : « renforce souvent ». (« renforcement » pour tout but pratique, à la même signification que le terme laïc « récompense ». l’essence de la thérapie comportementaliste est de récompenser le comportement désiré ; le comportement « comme par magie » commence à se produire de plus en plus souvent si la récompense continue.)
La publicité, comme tout le monde le sait, est basée sur l’axiome « répète souvent ».
Ceux qui pensent être « matérialistes » et pensent que le « matérialisme » exige que l’on nie tout fait qui ne cadre pas avec leur définition de la « matière » répugnent à reconnaître la logue et extensive liste de gens qui ont été guéri de maladies sérieuses par cette très vulgaire et absurde forme de magick connue comme Science chrétienne.
Néanmoins, le lecteur qui veut comprendre ces mots classique de la littérature immortelle devra analyser ses plus profondes significations, guidé par la la conscience qu’il n’y a pas de différence essentielle entre la magick, la thérapie comportementale, la publicité et la science chrétienne. Tous peuvent être condensé dans le simple « invoque souvent » d’Abramelin.
La réalité, comme le disait Simon Moon, est thermo-souple, pas thermo-durcissable, ce n’est pas exactement du mastic, comme le prétendait Mr. Paul Krassner, mais elle est plus proche du mastic que nous ne le réalisons généralement. Si l’on vous répète assez souvent que « Budweiser est la reine des bières » , la Budweiser aura finalement un peu meilleur goût – peut être même un bien meilleur goût – qu’elle n’avait avant que cette incantation magique soit diffusée. Si un thérapeute comportemental a la solde des communistes vous récompense chaque fois que vous répétez un slogan communiste, vous le répéterez plus souvent, et commencerez à glisser imperceptiblement vers le même genre de croyances qu’ont les scientistes chrétiens pour leurs mantras. Et si un scientiste chrétien se répète tous les jours que son ulcère disparaît, l’ulcère disparaîtra plus rapidement que s’il ne s’était pas autosuggestionné avec cette campagne publicitaire maison. Finalement, si un magicien invoque le dieu Pan assez souvent, le dieu Pan apparaîtra effectivement, aussi sûrement qu’un comportement hétérosexuel apparaîtra chez un homosexuel traité (ou manipulé) par un thérapeute comportementaliste.
L’opposé et réciproque de « invoque souvent » est « banni souvent ».
Le magicien souhaitant une manifestation de Pan ne se contentera pas d’invoquer Pan directement et verbalement, de créer les conditions propices dans son temple, de renforcer les associations à Pan dans tous ses gestes, tous ses mobiliers, d’utiliser les couleurs et parfums associés a Pan etc. ; il bannira aussi les autres dieux verballement, les bannira en écartant leurs mobiliers associés, couleurs et parfums, et les bannira de toutes les autres manières. Le thérapeute comportementaliste appelle cela « renforcement négatif », en traitant un patient qui a peur des ascenseurs, il ne va pas seulement renforcer (récompenser) chaque cas ou le patient monte sans peur dans un ascenseur, il va renforcer négativement (punir) chaque indication de terreur montrée par le patient. Les scientistes chrétiens, bien entendu, utilisent un mantra, ou incantation, qui à la fois renforce la santé et renforce négativement (banni) la maladie.*

*Le mantra basique de la science chrétienne, connu comme « le compte rendu scientifique de l’être », rien de moins, est le suivant : « il n’y a ni vie, ni vérité, ni intelligence ni substance dans la matière. Tout n’est qu’esprit infini et son infinie manifestation, pour Dieu est tout dans tout, l’esprit est la vérité immortelle, la matière est l’erreur mortelle. L’esprit est le réel et éternel ; la matière est l’irréel et temporel. L’esprit est Dieu et l’homme est a son image. Par conséquent, l’homme n’est pas matériel, il est spirituel. » le fait que ces déclarations soient, aux vues des critères scientifiques « vides de sens » « non-opérationnelles » et « ne mènent nulle part » est complètement hors de propos. Elles fonctionnent . Essayez et vous verrez. Comme Aleister Crowley l’a écrit : “enough of because ! May he be damned for a dog!”

De la même façon, un publicitaire, non seulement motive le public sur le produit du sponsor, mais aussi décourage l’intérêt dans tous les « faux produits » en les sous évaluant dans la méprisable et dédaignable rubrique marque X.

L’hypnotisme, les débats, et tant d’autres jeux ont le même mécanisme : invoque souvent et banni souvent.
Le lecteur qui recherche une compréhension plus profonde de ce propos peut l’obtenir en testant ces principes. Si vous craignez de pouvoir, dans cet environnement chrétien, prendre le mantra des chrétiens scientistes trop sérieusement, essayez à la place la simple expérience suivante. Pendant quarante jours et quarante nuits, commencez chaque journée en invoquant et en louant le monde comme une expression des déités égyptiennes. Récitez a l’aube :

I bless Ra, the fierce sun burning bright
I bless Isis-Luna in the night
I bless the air, the Horus-hawk
I bless the earth on which I walk

(NDT: j’ai mis le poème en anglais, par soucis d’exactitude, ci-dessous ma proposition de traduction, que vous pouvez changer à votre guise, l’important étant de garder la dimension poétique de l’ensemble)

Je béni Ra, soleil ardent qui brille intensément
Je béni Isis-luna dans la nuit au firmament
Je béni l’air, Horus le faucon
Je béni la terre sur laquelle nous marchons

Répéter au lever de la lune. Continuer pendant les quarante jours et quarante nuits. Nous disons sans réserve que, au minimum, vous vous sentirez plus joyeux et plus chez vous dans cette partie de la galaxie (et vous comprendrez mieux l’attitude étourdie d’oncle John envers notre planète) ; au maximum, vous pourriez être récompensé au delà de vos attentes, et serez converti a l’usage de ce mantra jusqu'à la fin de vos jours. (si les résultats sont exceptionnellement bon, vous pourriez même commencer à croire aux dieux de l’ancienne Egypte.)
Une sélection de techniques magiques peut être trouvée dans le livre de Laura Archera Huxley vous n’êtes pas la cible (un mantra puissant, ce titre !) , dans thérapie comportementale (NDT ou thérapie gestuelle, je suis pas certain de la traduction, le titre anglais est : Gestalt therapy) de Perls, Heferline et Goodman, et dans jeux d’esprit par Masters et Houston.
Tout ceci, bien sur, n’est rien d’autre que la programmation de votre propre « trip » en manipulant le bon groupe de mots, d’images, de sons, et l’énergie émotionnelle (prajna). L’aspect de la magick qui embarrasse, déconcerte, et fâche les mentalités modernes est celui où l’opérateur programme le « trip » de quelqu’un d’autre, en agissant à distance. Il est incroyable et insultant, pour ce genre de personne, que l’on affirme que notre Mr. Nkrumah Fubar puisse programmer un mal de tête pour les président des Etats-Unis. Il pourrai concéder qu’une telle manipulation d’énergie est possible si le président est informé des incantations de Mr. Fubar, mais il n’acceptera pas que cela fonctionne aussi bien lorsque le sujet n’a aucune connaissance consciente de la malédiction.
La théorie magick disant que 5 = 6 ne peut convaincre ce genre de sceptique, et les magiciens n’ont pas encore proposés de meilleure théorie. Les matérialistes affirmeront alors que toute magie qui a l’air de fonctionner sous ce type de handicap est une illusion, une tromperie, une hallucination, une « coïncidence »*, la chance, ou un pur canular.

* à l’occasion, regardez l’étymologie de ce mot, et voyez s’il signifie quoi que ce soit.

Il ne semble pas réaliser qu’affirmer cela équivaut à affirmer que la réalité est, après tout, thermo-souple – puisqu’il admet que beaucoup de gens vivent dans une réalité différente de la sienne. Plutôt que de le laisser aux prises avec cette auto-contradiction, nous suggérons qu’il consulte découvertes psychiques derrière le rideau de fer, par Ostrander et Shroder – particulièrement le chapitre 11, « des animaux à la cybernétique, la recherche d’une théorie psi ». Il pourrait réaliser que lorsque la « matière » est vraiment comprise, il n’y a rien qu’un matérialiste ait besoin de rejeter dans la magie de l’action à distance, qui à été parfaitement explorée par des scientifiques engagé dans la forme marxiste rigide du matérialisme dialectique.
Ceux qui ont gardé vivant les anciennes traditions de la magick, comme l’Ordo Templi Orientalis, réaliseront que le principal secret est sexuel (comme Saul tente de l’expliquer dans le sixième voyage) et qu’un meilleur éclairage peut être trouvé dans les écrits de Wilhelm Reich, M.D., plutôt que dans les recherches actuelles de l’union soviétique. Mais Dr. Reich a été emprisonné comme un charlatan par le gouvernement U.S., et nous ne demandons pas a nos lecteurs de considérer la possibilité que le gouvernement U.S. puisse avoir tord sur quoi que ce soit.
N’importe quel psychoanalyste devinera du premier coup le sens symbolique le plus probable de la rose et de la croix ; mais aucun psychologue engagé dans des recherches psi n’a appliqué cette clef au décryptage des textes magiques traditionnels. La plus ancienne référence à la franc-maçonnerie en anglais se trouve dans les « Muses Threnody » d’Anderson, en 1638 :
For we be brethren of the Rosey Cross
We have the Mason Word and second sight

Mais aucun parapsychologue n’a suivit l’indice manifeste contenu dans cette conjonction de la rose vaginale, la croix phallique, les mots d’invocation, et le phénomène de projection de la pensée. Le fait que les tabous contre la sexualité soient toujours latents dans notre culture expliquent une partie de cet aveuglement ; la peur d’ouvrir la porte à la plus subtile et insidieuse forme de paranoïa est une autre partie. (si la magick peut fonctionner à distance, la pensée refoulée est : qui de nous est à l’abri ?) Une étude précise et objective de l’hystérie anti-LSD aux Etats-Unis amènera plus de lumière sur les mécanismes d’évitement ici discutés.
Bien sur, il y a d’avantage d’affronts et d’offenses aux rationalistes dans l’étude approfondie de la magick. Nous savons tous, par exemple, que les mots ne sont que des conventions arbitraires sans connections intrinsèques aux choses qu’elles symbolisent, mais la magick fait usage des mots d’une manière qui semble impliquer qu’une telle connexion, voire même une identité, existe effectivement. (NDT : au sujet de la justesse des noms, je suggère la lecture de Cratyle de Platon). Le lecteur pourrait analyser quelques puissants morceaux du langage généralement pas considéré comme magique, et il trouvera une partie de la clef. Par exemple, le modèle 2 + 3 dans « hail Eris »/ « All hail Discordia » n’est pas différent du 2 + 3 dans « sainte Marie, Mère de Dieu » ou celui de « L.S./M.F.T. » qui a vendu tant de paquets de cigarettes à nos parents (NDT : pour un équivalent bien français, je suggère le fameux Gauloise Caporal qui peut ainsi se découper : Gau-loise Ca-po-ral ) et le 2 + 3 du « Io Pan, Io Pan Pan » de Crowley est en rapport avec cela. Ainsi, quand un magicien dit que vous devez crier « Abrahadabra », et aucun autre mot, au moment le plus émotionnellement intense d’une invocation, il exagère ; vous pouvez substituer d’autres mots ; mais vous manquerez le résultat si vous partez trop loin du modèle à cinq-temps de « Abrahadabra ».
Mais ceci nous amène à la théorie magique de la réalité.
Le Mahatma Guru Sri Paramahansa Shivaji ( Aleister Crowley, encore, sous un autre nom d’emprunt) à écrit dans yoga for yahoos :

Considérons un morceau de fromage. Nous disons qu’il a certaines qualités, forme, structure, couleur, solidité, poids, goût, odeur, consistance et ainsi de suite ; mais l’investigation a montré que tout ceci est illusoire . Ou sont ces qualités ? pas dans le fromage, car différents observateurs en donnent un différent compte-rendu. Pas dans nous-même, puisque nous ne les percevons pas en l’absence du fromage…
Que sont donc ces qualités dont nous sommes si sur ? elles n’existeraient pas sans notre cerveau, elles n’existeraient pas sans le fromage. Elles sont le résultat de l’union, c’est a dire du yoga, de l’observateur et de l’observé, du sujet et de l’objet…

Il n’y a rien ici qu’un physicien trouver à redire ; et c’est la théorie magique de l’univers. Le magicien suppose que la réalité sensée – le panorama d’impressions reçues par les sens et comparées par le cerveau – est radicalement différente de la soi-disante réalité objective. A propos de cette dernière réalité, nous ne pouvons que produire des spéculations, ou théories qui, si nous sommes très prudent et subtils, ne contrediront ni la logique, ni le rapport donné par les sens. Cette absence de contradiction est rare ; certains conflits entre la théorie et la logique, ou entre la théorie et les sens, ne sont pas découverts avant des siècles (par exemple, les oscillations de Mercure en dehors des calculs newtoniens de sont orbite). Et même s’il est accomplit, le manque de contradiction prouve seulement que la théorie n’est pas complètement fausse, ce n’est jamais, en aucun cas, une preuve que la théorie est complètement vraie – puisqu’un nombre indéfini de théories de ce genre peut-être construit sur les données connues, à n’importe quelle époque. Par exemple, les géométries d’Euclide, de Gauss et Reimann, de Lobachevski, et de Fuller fonctionnent toutes très bien a la surface de la terre, et il n’est toujours pas clair si c’est le système de Gauss-Reimann ou celui de Fuller qui fonctionne le mieux dans l’espace interstellaire.
Si nous avons tant de liberté pour choisir nos théories sur la « réalité objective », nous avons encore plus de liberté à décrypter la réalité sensée (ou ressentie). Les personnes ordinaires ressentent comme il ou elle a apprit à ressentir – c’est à dire comme ils ont été programmé par leurs sociétés. Le magicien est auto-programmé. En utilisant l’invocation et l’évocation – qui sont fonctionnellement identiques à l’auto-conditionnement, l’auto-suggestion, et l’hypnose, comme démontré précédemment – il ou elle dirige, ou orchestre, la réalitée sensée comme un artiste.*
* tout le monde, bien sur, fait ceci inconsciemment ; voir le paragraphe sur le fromage. Le magicien le fait consciemment , le contrôle.

Ce livre faisant partie de la seule conspiration sérieuse qu’il décrit – c’est a dire l’opération Mindfuck – à programmé le lecteur d’une façon qu’il ou elle ne comprendra pas avant quelques mois (ou peut-être quelques années). Lorsque cette compréhension est atteinte, le réel apport de cet appendice ( et de l’équation 5 = 6 ) deviendra plus clair.
Les fonctionnaires d’Harvard ont pensé que le Dr ; Timothy Leary plaisantait lorsqu’il à conseillé que les étudiants ne soient pas autorisés à emprunter sans distinction des livres dangereux, qui créent des accoutumances, de la bibliothèque, sans que chaque étudiant prouve un besoin défini pour chaque volume. (par exemple, vous avez perdu la trace des mystérieux chiens de Joe Malik à l’heure qu’il est). Il est étrange qu’on puisse faire un exposé le plus clair possible et que tant de gens comprennent qu’on ai dit le contraire.
Le rite de Shiva tel que célébré par Joe Malik pendant la messe noire SSS contient le secret central de toute magick, très explicitement, et la plupart des gens peuvent relire cette section une douzaine, voire une centaine de fois, et ne jamais comprendre quel est le secret. Miss portinari était une fille catholique typique en tout point – excepté sa tendance inhabituelle à prendre le catholicisme sérieusement – jusqu’à ce qu’elle commence ses menstruations et qu’elle exécute des méditations spirituelles tout les jours.*

* ces 2 signes de croissances apparaissent souvent en même temps, ce sont des ouvertures déclenchées par l’ADN du quatrième circuit neural.

Un matin, pendant sa période de méditation, elle visualisa le sacré cœur de Jesus avec une clarté inhabituelle ; immédiatement, une autre image, nettement choquante pour elle, lui vint à l’esprit avec une égale intensité. Elle rapporta cette expérience à son confesseur le samedi suivant, et il la prévint, gravement, que la méditation n’était pas saine pour une jeune fille, a moins qu’elle ne prête le serment de solitude et entre au couvent. Elle n’avait pas l’intention de faire cela, mais par esprit de rébellion (et avec culpabilité) elle continua tout de même ses méditations. La perturbatrice seconde image persistait chaque fois qu’elle pensait au sacré cœur ; elle commença à croire que c’était envoyé par le diable pour la distraire de ses méditations.
Un weekend, alors qu’elle était à la maison en vacance, ses parents décidèrent qu’elle était assez âgée pour être introduite dans la société romaine. (en fait, ils avaient, comme la plus part des bonnes familles italiennes, déjà choisit laquelle de leurs fille serait donnée à l’église, et ce n’était pas elle, d’ou cette introduction précoce à la dolce vita). L’un des éminents ornements de Rome à cette époque était le « businessman international excentrique » Mr. Hagbard Céline, et il était à la même soirée que Miss Portinari ce soir là.
Il était environ 23 heures, et elle avait peut être consommé un peu trop de Piper Heidseck, lorsqu’elle se vit se tenant à coté d’un petit groupe qui écoutait avidement une histoire que l’étrange Céline racontait. Miss Portinari se demanda ce que cette créature pouvait bien dire – il était réputé encore plus cynique et matérialiste que les autres vautours internationaux, et Miss Portinari était, à cette époque, le genre de catholique conservateur idéaliste qui trouvait les capitalistes encore plus épouvantables que les socialistes. Elle fut instantanément à l’écoute de ses mots ; il parlait anglais, mais elle comprenait suffisamment ce langage.
« fils, fils » récitait Hagbard « avec deux splendides jeunes filles qui se jettent a tes pieds, pourquoi reste-tu seul dans ta chambre à attendre ? »
Miss Portinari rougit de fureur et bu un peu plus de champagne pour le cacher. Elle haïssait déjà cet homme, tout en sachant qu’elle lui offrirait sa virginité à la première occasion ; les adolescents catholiques intellectuels sont capables de ce genre de complexité.
« et le garçon répondit » continuait Hagbard « je crois que tu a juste répondu à ta propre question, maman »
il y eu un silence scandalisé.
« le cas est assez typique » ajouta affablement Hagbard, manifestement cuit. « le professeur Freud rapporte des drames familiaux bien plus saisissant »
« je ne vois pas… »commença un célèbre pilote de course français, en fronçant les sourcils. Puis il sourit. « oh » dit-il, « le garçon était-il américain ? »
Miss Portinari quitta peut-être trop rapidement le groupe (elle sentit quelques regards la suivre) et refit rapidement le plein de son verre de champagne.
Une demi-heure plus tard, elle se tenait sous la véranda, essayant de se rafraîchir les idées dans l’air de la nuit lorsqu’une ombre bougea près d’elle et Céline apparu au milieu d’un nuage de fumée de cigare.
« la lune a les mâchoires bien grasses ce soir » dit-il en italien. « on dirait que quelqu’un l’a frappé ».
« êtes-vous poètes, en plus de vos autres talents ? » demanda-t-elle calmement. Cela sonne comme si c’était des vers américains » .
il rit – aux éclats, comme le hennissement d’un étalon. « parfaitement » dit-il, « je reviens juste de Rapallo, ou j’ai parlé au meilleur poète américain du siècle. Quel âge avez-vous ? » demanda-t-il subitement.
« presque seize ans » dit-elle en mâchant ses mots.
« presque quinze ans » corrigea-t-il, peu galant.
« pour autant que cela vous concerne… »
« cela pourrait », répondit-il aisément. « j’ai besoin d’une fille de votre age pour quelque-chose que j’ai en tête »
« j’imagine, quelque-chose de fou »
« mon enfant » dit-il « êtes vous religieuse ? »
« je suppose que vous voyez cela comme démodé » répondit-elle, en imaginant sa bouche sur sa poitrine, et pensant à des peintures de Marie allaitant l’enfant.
« à ce stade de l’histoire, » dit-il simplement, « c’est la seule chose qui ne soit pas démodée. Quelle est votre date de naissance ? peu-importe, vous devez être Vierge. »
« je le suis » répondit-elle. (ses dents mordilleraient ses tétons, mais très gentiment. Il en sait assez pour faire cela) « mais c’est de la superstition, pas de la religion »
« j’aimerai pouvoir tracer une ligne précise entre la religion, la superstition et la science ». Il sourit. « J’ai finit par découvrir qu’elles fonctionnent ensemble. Vous êtes catholique, bien sur ? » son insistance était exaspérante.
« je suis trop fière pour croire en une absurdité, et c’est pourquoi je ne suis pas protestante » répondit-elle, en craignant qu’il puisse reconnaître le plagiat.
« quel symbole à le plus de sens pour vous ? » demanda-t-il, avec la froideur d’un procureur tendant un piège.
« la croix » répondit-elle rapidement. Elle ne voulait pas qu’il sache la vérité.
« non. » il la corrigea , à nouveau peu galant. « le sacré cœur ».
Ainsi elle sut qu’il était du coté de satan.
« je doit y aller » dit-elle.
« médite d’avantage sur le sacré cœur » dit-il, les yeux embrasés comme ceux d’un hypnotiseur (un vieux truc, pensa-t-il, mais ça pourrais marcher). « Médite dessus profondément, mon enfant. Tu trouvera en lui l’essentiel du catholicisme, et l’essentiel des autres religions. »
« je pense que vous êtes fou, » répondit-elle, quittant précipitamment la véranda.
Mais deux semaines plus tard, pendant sa méditation matinale, elle comprit subitement le sacré cœur. Au déjeuner, elle disparut – laissant derrière elle une note pour la mère supérieure de son école, et une autre pour ses parents – et parti à la recherche d’Hagbard. Elle avait encore plus de potentiel qu’il ne l’avait réalisé et (comme dit dans le roman) dans les deux ans, il abdiqua en sa faveur. Ils ne devirent jamais amoureux.*

*ils furent plutôt bon amis, ceci dit, et il la baisa à l’occasion.

L’importance des symboles – des images – comme un lien entre les mots et l’énergie primordiale démontre l’unité entre la magick et le yoga. A la fois la magick et le yoga – nous le répétons – sont des méthodes d’auto programmation employant des chaînes synchroniquement connectées de mots, d’images et de bio-énergie.
Ainsi, les rationalistes, qui sont tous puritains, n’ont jamais considérés le fait que l’incrédulité en la magick ne se trouve que dans les sociétés puritaines. La raison de ceci est simple : les puritains sont incapables de deviner ce dont parle l’essentiel de la magick. On peut même sûrement se hasarder à dire que seuls ceux qui ont expérimenté le vrai amour, dans le sens classique des albigeois ou des troubadours, sont équipé pour comprendre seulement le plus net exposé des mystères.
L’œil dans le triangle, par exemple, n’est pas primitivement un symbole de la trinité chrétienne, comme les crétins l’affirment – sauf dans la mesure ou la trinité chrétienne est elle même une élaboration visuelle (ou verbale) construite sur une signification plus ancienne. Ce symbole n’est pas plus représentatif de l’œil d’Osiris ou même de l’œil d’Horus, comme certain l’ont hasardé ; il est vénéré, par exemple, dans la secte Cao Dai du vietnam, qui n’a jamais entendu parler d’Osiris ou d’Horus. La signification de l’œil peut être trouvée assez simplement en méditant sur l’atout XV du tarot, le Diable, qui correspond, sur l’arbre de vie, à la lettre hébreu ayin, l’œil. Le lecteur qui réalise que « le Diable » n’est qu’une interprétation tardive du dieu Pan a déjà résolut le mystère de l’œil, et le triangle a son interprétation habituelle. Les deux ensembles sont l’union de yod, le père avec hé, la mère, comme dans yod-hé-vau-hé, le sacré et indicible nom de Dieu. Vau, le saint Esprit, est le résultat de leur union, et le hé final est la divine extase qui suit. On peut même avancer que celui qui contemple cette clef comme étant les identités de Pan, du Diable, du Grand Père et de la Grande Mère, pourra finalement arriver à une nouvelle et plus complète compréhension de la trinité chrétienne elle même, et particulièrement de son membre le plus mystérieux, vau, l’insaisissable saint Esprit.*

*cette entité a plus en commun avec l’ordinaire visiteur de nuit, parfois appelé « fantôme » qu’il n’est immédiatement évident au non-initié. Cf. la très documentée association des troubles « poltergeist » avec les adolescent. (NDT : fantôme se dit « ghost » en anglais, saint Esprit se dit « holy ghost »)

Le pentacle existe sous deux formes, mais représente toujours la pleine extension de la psyché humaine – en particulier la psyché male. Le pentacle à une corne exaltée est naturellement associé à la magie blanche (NDT : je suis pas sur de la traduction, en anglais, c’est right hand path) et le pentacle à deux cornes est associé à la magie noire (NDT : left hand path). (Les chevaliers templiers, très à-propos, ont inscrit la tête de Baphomet, la déité à tête de bouc qui était leur équivalent de Pan, ou du Diable, dans le pentacle a deux cornes, de telle manière que chaque corne contienne l’une de celle de Baphomet, les trois autres pointes comprenant les deux oreilles et la barbe). Il doit être observé que le traditionnellement sinistre* pentacle de magie noire contient un pentagone interne avec une pointe au dessus, tandis que le pentacle de magie blanche contient un pentagone interne avec une pointe en dessous, ceci illustre bien la loi des opposés.**

*cette association, attribuant le diabolisme à la magie noire, est trop simplifiée, est un préjugé, et une superstition. En général, nous pouvons dire que le pentacle de magie noire est utilisable à la fois pour les invocations et les évocations, tandis que le pentacle de magie blanche ne peut être utilisé que pour les évocations, et c’est la seule différence importante. (il est supposé que le lecteur comprenne le pentacle comme un symbole exclusivement masculin).

**Cf. les atouts de tarot I et II – le mage ayant un bras levé et l’autre baissé, et la grande prêtresse, assise entre les piliers du jour et de la nuit. (la prêtresse est aussi associée à la lettre hébreu guimmel, le chameau, et une partie de la signification de ce symbole est contenue dans la forme du dos du chameau, ainsi que dans la lettre hébreu).

Le pentagone dans le chaos sacré est incliné, donc on ne peut pas dire qu’il ait une pointe directement vers le haut, ni directement vers le bas – ou peut-être peut-on dire qu’il a une pointe et demi qui se dirige vers le haut, et une pointe et demi qui se dirige vers le bas, *** illustrant ainsi la réconciliation des opposés.

*** ceci le rend plutôt inutile pour appeler les loup-garous. Quoi qu’il en soit, le chaos sacré est destiné à l’enseignement de leçons philosophiques, pas à l’amusement d’individus aux passe temps douteux.

Tout ce que l’on peut dire contre la méthode du pentacle de la magie noire, sans préjudice, c’est que cette forme de sacrement est toujours destructive sur le saint Esprit, en un certain sens. Il doit être rappelé que la méthode du pentacle de la magie blanche est aussi destructive, dans la plupart des cas, spécialement par ces praticiens si rondement condamnés dans le chapitre 14 du Ulysses de Joyce – et ce groupe est certainement la majorité de nos jours. Au regard de la crise écologique, il pourrait même être sage d’encourager la méthode de magie noire et de décourager la méthode de magie blanche, pour équilibrer les nombres sacrés.

Peu de lecteurs du « rameau d’or » ont percé le voile d’euphémisme du prof. Dr. Frazer et ont deviné la méthode exacte utilisée par Isis pour rendre la vie à Osiris, bien que ce soit montré assez clairement dans les fresques égyptiennes existantes.
Ceux qui sont informés de cette technique simple de la résurrection des morts (qui est au minimum partiellement réussie dans tous les cas, et complètement réussie dans la plupart) n’auront aucun mal à deviner la connotation ésotérique du chaos sacré – ou du yin-yang taoïste, ou du signe astrologique du cancer. La méthode inverse presque complètement celle du pentacle, blanc ou noir, et l’on pourrait même dire qu’en un certain sens, ce ne fut pas Osiris lui-même mais son frère, Set, symboliquement compris, qui fut l’objet du travail magique d’Isis.
Dans tous les cas, sans exception, un symbole magique ou mystique se réfère toujours à l’une des rares (moins de 70 selon une énumération classique) variations de la même, très spéciale, variété de sacrifice humain : « l’ouverture de l’œil » ou « le battement de la main » ; et ce sacrifice ne peut pas être partiel – il doit culminer dans la mort si l’on veut qu’il soit efficace. L’indisposition (littérale) des Saures dans le roman fait qu’ils deviennent une menace pour la vie sur terre ; le lecteur devrait garder cela à l’esprit. Le sacrifice n’est pas simple. C’est un genre de lâcheté, épidémique dans les nations anglo-saxonnes depuis plus de trois siècles, qui amène ceux qui recherchent le succès dans ce domaine à s’arrêter juste avant la mort de la victime. Tout ce qui est moins que la mort – c’est à dire une inconscience complète – ne fonctionnera simplement pas.*
· Le magicien doit toujours s’identifier complètement avec la victime, et partager à l’extrême chaque contorsion d’agonie. Toute attitude ou l’on se tient à l’écart en regardant, comme dans une performance théâtrale, ou toute intellectualisation pendant le moment ou l’épée fait son travail, brutal mais nécessaire, ou toute nausée, ou culpabilité, ou révulsion, crée la double indisposition contre laquelle Hagbard prévient violemment dans « ne jamais siffler en pissant » . (NDT : le livre écrit par Hagbard Céline). En un sens, seul l’esprit meurt.

L’on trouvera plus de clarté sur ce point crucial dans la poésie de John Donne que dans la plupart des traités prétendant expliquer les secrets de la magick.

Le symbolisme du svastika est suffisamment expliqué dans « psychologie de masse du fascisme » de Wilhelm Reich.

Ouroboros, le serpent qui se mort la queue, est surtout emblématique des messes du saint Esprit. Voir Israel Regardie, l’arbre de vie.

Le symbolisme romain catholique du sacré cœur est manifeste, particulièrement pour les lecteurs de Frazer et Payneknight. En essence, c’est la même notion véhiculée par l’interprétation caricaturale conventionnelle de cupidon décochant sa flèche dans un cœur palpitant. C’est le sens basique du dieu mourrant et de la résurrection. L’identification du christ avec le pélican qui poignarde son propre cœur avec son bec (pour manger sa jeunesse) est une interprétation analogue du même motif. Nous répétons que c’est seulement parce que la famille Saures a si mal interprété ces symboles simples qu’ils devinrent cruels et sadiques.
En essence, donc, les symboles de base de la magie, de la mythologie et des religions – d’orient ou d’occident, anciennes ou modernes, « blanche » ou « noire » - sont si simple que seule l’habitude pernicieuse de chercher des prétendues « profondeurs » et « mystères » empêche les gens de les comprendre automatiquement, presque sans penser.

La signification de l’hexagramme – l’équivalent féminin du pentacle masculin – a été expliqué par Freud lui-même, mais la plupart des étudiants, convaincus que la réponse ne pouvait pas être aussi élémentaire et terre à terre, continuent de chercher dans les nuages.

Le même principe s’applique aux symboles écrits. Le Nom si important YOD HE VAU HE, par exemple, a été traditionnellement examiné de nombreuses manières, desquelles les corrélations les plus significatives sont données dans la table suivante :

YOD HE VAU HE


vrai sens de spermaton
la lettre hébreu ou poing fenêtre ongle fenêtre

code magick
traditionnel Père Mère Fils Fille

couleur du disque, ou
Tarot baton coupe épée denier

Atout du
Tarot Hermite Etoile Hiérophante Etoile

Honneur du
Tarot chevalier Reine Prince Princesse

Element Feu Eau Air terre

Le symbolisme traditionnel lion-homme-aigle-taureau s’ajuste aussi à cette table. YOD, le père fougueux, est le lion (signe de feu) ; HE la mère aqueuse, est l’Homme en tant qu’humanité ; VAU l’esprit aérien est l’aigle ; HE final, la terre, est le taureau.

L’interprétation originelle et essentielle, bien sur, est un programme pour un rituel, et le rituel est magick. Les quatre lettres sont simplement les quatre temps de la formule de Wilhelm Reich : tension musculaire -> charge électrique -> décharge électrique -> relaxation musculaire.
En résumé, comme Freud le nota, tout acte sexuel implique au minimum quatre parties. Le père et le fils fournissent un « poing » et un « ongle », la mère et la fille fournissent deux « fenêtres ». le cas du tueur schizophrénique de Chicago William Heirens, qui expérimentait l’orgasme en grimpant à des fenêtres démontre que ce symbolisme n’a pas besoin d’être enseigné et est inhérent à l’esprit humain, bien que toujours sujet aux distorsions, illustrées par les Saures.

Finalement, la louange universelle est intimement mêlée à la formule YHVH :

I bless Ra, the fierce Sun burning bright
I bless Isis-Luna, in the night
I bless the air, the Horus Hawk
I bless the earth on which I walk.

Le père fougueux, la mère aqueuse, le fils aérien et la fille terrestre sont tous là, comme ils le sont dans toute formule alchimique

Mais nous n’en dirons pas plus à ce point, laissant le lecteur rechercher une équation du type 5 = 4 pour équilibrer le 5 = 6.
Nous concluons avec un avertissement final et une clarification : le recours aux sacrifices de masse (comme chez les aztèques, l’inquisition catholique et les camps de la mort nazi) est la devise (et l’expédient) de ceux qui sont incapables du vrai rite du dieu mourrant.


(fin de la traduction).

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