Solomon Kane |
pelerin sur le sentier |
![]() Le libre arbitre : http://abrasax.alloforum.com/sujet-11765-0-1697-0-0-1-3065-1.html La raison, est que ce post, est d'une amie, et que je poste pour elle car elle ne peut aller sur le net....voilà voilà!! Considérer ce post comme sujet de reflexion ; il dégage quelque vérité subtil....à vous de lire!! tout cela m'a guidé à poster à part, car il n'est pas en reponse à certains sujets!... En parcourant un des classiques de notre patrimoine culturel, je me suis arrêtée sur une phrase : « Demain ne nous obéit pas « ( cf l’Homme qui rit , Victor Hugo). Ces quelques mots m’ont donné matière à penser. Comme quoi la réflexion est partout et même (devrais je die « surtout » ?) où on ne l’attends pas. En effet, « demain ne nous obéit pas » semble contenir bon nombre des questionnements auxquels l’homme est confronté depuis tout temps. Qu’est ce que « demain » ? La certitude, ou du moins l’espoir d’un avenir. Un pas de plus vers la mort. Un jour de plus qui nous éloigne de notre dernière naissance. La cause rationnelle qui nous certifie que le soleil se lèvera indubitablement après avoir salué les étoiles et embrassé la lune. Qu’est ce d’autre que demain ? Qu’est ce sinon un mot qui nous rappelle que l’existence ne se borne pas à l’éphémère aujourd’hui dont nous sommes témoin ? Et ce « demain » c’est à « nous » qu’il n’« obéit » pas. « Nous » est qui ? C’est « je » + « tu » + « il » + « elle » + « vous » + « ils » + « elles » . « Nous », c’est « on » : cette généralité qui symbolise l’Homme au sens large du terme ; l’Homme et tout ce qui fait de lui un homme et non une bête. « Nous », c’est vous tous et moi réunis, incluant nos différences et nos dissemblances. « Nous », c’est l’homme blanc autant que l’homme noir, le sage autant que le fou , l’égoïste, comme l’altruiste, l’enfant tel le vieillard, l’assassin au même titre que l’innocent. « Nous », c’est ce formidable symbole d’union, cette utopie, qui fait de l’humanité une unité constituée d’individus différents, une unité soudée et donc plus forte. Sans avoir ni la prétention ni la volonté d’imposer mes idées, je dirais néanmoins que « Nous » est certainement ce vers quoi il faut tendre. Et ce qu’Hugo introduit entre « demain » et « nous », ce avec quoi il lie ces deux termes, c’est la notion d’obéissance, ou plutôt de non-obéissance. « demain » n’obéit pas à « nous ». Autrement dit l’avenir (la vie ne se bornant pas à l’éphémère dont nous sommes témoins), n’obéit pas à l’Homme (l’Unité que constituent les êtres particuliers une fois réunis). L’auteur annonce cela comme une certitude. Nous apporte-t-il pour autant une quelconque preuve irréfutable nous poussant à considérer son point de vue comme une vérité absolue ? Assurément, non. Victor Hugo disait qu’«être contesté, c’est être constaté ». Puisque nous le constatons, il est donc de notre droit de le contester. Peut être en arriverons nous au même point que lui mais je ne crois qu’il soit vain d’y réfléchir. Et dans l’idée de l’unité que j’ai déterminé comme étant « Nous », je crois intéressant d’y songer ensemble. Nos point de vues, quels qu’ils soient, évoluent les uns au contact des autres. Demain ne nous appartient pas, m’aurait semblé indiscutable. En effet, rien ne me certifie que je ne mourrais pas aujourd’hui. Il est toujours possible que je ne vois pas demain, du moins que je ne le vois pas dans le corps que j’habite aujourd’hui. Dans ce cas, il m’est impossible de dire que demain m’appartient. Demain appartient à ceux qui le connaîtront. Ceux qui meurent aujourd’hui, demain nous pourrons, dire qu’hier leur appartenait et peut être que nous les retrouverons après demain, mais « demain » n’est pas leur puisqu’ils n’y sont pas. Mais dans l’hypothèse où nous survivons à aujourd’hui (et à moins d’une catastrophe terrible, la majeure partie de « nous » devrait en effet arriver jusqu’à demain), est-il juste de dire que « demain ne nous obéit pas » ? il semble impossible de répondre à cette question de manière impartiale. Les croyances au sujet de « demain » sont trop variées. Celui qui croit au destin au sens où tout est écrit d’avance et qui ne voit en l’homme qu’une marionnette articulée, guidée par une force toute puissante que certains appellent Dieu n’a aucune raison de croire que demain lui obéit puisqu’il croit que tout obéit au puissant en qui il a foi et que lui n’est qu’un pion qu’on mène où il doit aller. Celui ci ne croit pas au libre arbitre et doit trouver absurde (voir idiot) le fait que je soulève un questionnement où, à ses yeux, il n’y avait qu’affirmation. Celui là me répondrait donc sans hésitations que ‘demain ne nous obéit pas. » Et celui qui croit différemment au destin, je suis tentée de dire plus modérément, celui qui croit que si, en effet, le Céleste a posé ses doigts de fée sur l’univers dionysiaque afin d’y poser quelques réalités immuables, il reste à l’homme son libre arbitre, le droit de choisir son chemin et même le droit à l’erreur ; que me répondra celui là ? Pourra t-il me dire que « demain ne nous obéit pas » ? dans quelle mesure pourrait il me dire que « demain » ne fait pas précisément partie de son libre arbitre, et même de sa marge d’erreur ? Celui ci, qui pense que l’univers céleste et le monde chtonien cohabitent, serait forcé de tempérer sa réponse. Il ne pourrait pas dire que « demain » ne lui obéit aucunement puisqu’il sait être maître d’au moins une partie du chemin qui le mène à ce « demain » mais il ne serait pas d’avantage en mesure de dire que « demain » lui obéit totalement puisqu’il n’ignore pas que le Céleste est intervenu et que, peut être, il a touché à ce demain. Que me répondrait l’adepte d’Epicure, n’obéissant qu’à une devise : « carpe diem » ? Il ne me répondrait probablement pas, il se désintéressait certainement de ma question puisque, pour lui, seul le jour présent compte. Ou alors, il me dira que « demain » ne le regarde pas, qu’il ne vit que pour aujourd’hui et que lorsque « demain » sera aujourd’hui alors, il s’y intéressera. Mais il ne pourra pas répondre à ma question puisqu’elle ne le concerne pas. Que dirait celui qui ne croit ni en Dieu, ni au destin ni à la devise de l’Epicurien ? Il pourrait me dire que non, « demain » ne lui « obéit pas ». Que « demain » sera le fruit du hasard et que sa présence en ce « demain » n’est elle aussi qu’un hasard ou une coïncidence. Ou il pourrait me certifier au contraire que « demain » lui obéit en tout point puisque « demain » n’est que la continuité d’aujourd’hui et que ce sont donc ses choix et ses actes d’aujourd’hui qui déterminent ce que sera « demain ». Pour illustrer son propos, il pourrait d’ailleurs choisir de se donner la mort pour me prouver que s’il décide qu’il n’y ait pas de « demain », il n’y en aura pas. Mais il me prouverait simplement qu’il n’obéit qu’à lui même et qu’il est en mesure de choisir de n’être pas « demain » ce qu’il est aujourd’hui. « Demain » aura quand même lieu. En aucun cas il ne me démontrerait ainsi que « demain » lui obéit. Et ce « nous », dont Hugo dit qu’il n’est pas maître de « demain », c’est autant celui qui croît à la Providence que celui qui n’y croit que modérément, que l’adepte du jour présent, que celui qui croit au hasard, que celui qui pense diriger demain et que tant d’autres encore que je n’ai pas cité. Comment déterminer celui qui est le plus proche de la vérité ? Cela semble impossible. Je peux dire que le croyant se trompe car la Providence n’existe pas mais s’il ne peut me prouver son existence, je ne peux guère d’avantage justifier son non-être. Si je dis que l’Epicurien se trompe car « demain » existe bel et bien même si lui ne voit que le jour présent, il n’aura qu’à me répondre que lorsque nous arriverons à « demain » alors nous serons aujourd’hui et son raisonnement sera aussi juste que le mien. De même, si je dis à celui qui croit que « demain » dépend de ses choix et de ses actes qu’en réalité « demain » dépend d’autre chose, je ne pourrais pas plus que lui justifier mon propos. Hugo semble donc admettre comme une évidence ce qui pourtant n’est pas si simple. Il me reste peut être à donner mon point de vue sur la question mais je ne crois pas qu’il est un quelconque intérêt. D’ailleurs, peut être n’en ai je aucune idée… Je dirais seulement que « demain » sera très certainement et que « nous » fera partie de ce « demain ». ![]() |