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 La Golden Dawn

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Abraxas
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Abraxas
   Posté le 07-09-2005 à 16:17:05   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

L'article suivant est tiré de la revue Spectre

En 1884, un monsieur très correct pénètre dans une petite librairie de Londres. Il y trouve divers manuscrits quelque peu usés qui attirent son attention : ils sont codés, et leur provenance est incertaine. Le monsieur très correct les achète alors, puis s'évertue à les déchiffrer. Il fait tout de suite part de sa découverte à trois de ses connaissances qu'il ne choisit pas au hasard. C'est que le monsieur très correct est un révérend qui appartient à un ordre maçonnique, la Societas Rosicruciana in Anglia. Ses trois connaissances sont les trois principaux dignitaires de cet ordre. Ils ont pour nom Woodman, Westcott et Mathers, sont très portés sur les questions de spiritualité et possèdent une solide culture, Westcott occupe la fonction enviée de coroner de Londres. C'est la rencontre fortuite entre ces manuscrits étranges et ces trois érudits qui est à l'origine de l'un des plus célèbres ordres hermétiques de l'histoire contemporaine : la Golden Dawn

Naissance, évolution et mort de la Golden Dawn

Nos trois dignitaires remercient le révérend et se penchent sur les manuscrits déchiffrés : ils y trouvent l'adresse d'une certaine Anna Sprengel domiciliée en Allemagne, représentante d'une mystérieuse société secrète rosicrucienne. " Anna Sprengel " est sans doute un pseudonyme. Le 12 octobre 1887 Westcott écrit à Sprengel et une correspondance s'établit entre eux, à l'issue de laquelle lui et ses deux compères reçoivent, l'année suivante, une charte les autorisant à créer en Angleterre un ordre affilié à celui d'Allemagne et qui aura pour nom Golden Dawn in the Outer. Il semblerait que l'expression in the outer, (dans l'ailleurs, à l'extérieur) face référence au fait que ce nouvel ordre est public : le commun des mortels peut connaître son existence.

Concrètement, la naissance de la G.D. consiste en l'ouverture du " Temple Isis Urania n°3 " à Londres. " n°3 " parce qu'il existe déjà deux autres temples, en Allemagne, et ceux-là ne sont pas " in the outer ". Le 1er était certainement celui de Sprengel, intitulé " Lumière, Amour, Vie ". Le 2ème avait pour nom " Hermanubis ", c'est tout ce que l'on sait...


Un hermanubis est une statue représentant un annubis (dieu egyptien) avec les atributs d'hermes (armure, sandale ailées et sceptre)Un trés bel exemple d'hermanubis peut-etre admiré au musée du vatican


En 1889 paraît une annonce dans la revue de la Théosophie, Lucifer, informant les lecteurs de la naissance officielle de la G.D. Par la suite d'autres temples sont ouverts : le n°4 " Hermès " à Bristol, le n°5 " Horus " à Bradford, le n°6 " Amon-Ra " à Edimbourg, et enfin le n°7 " Athator " à Paris, où Mathers s'installe au début des années 90. La nouvelle société initiatique s'étend donc petit à petit entre 1889 et 1905 environ. Elle attire de nombreux hommes de lettres et d'artistes, élément principal de sa renommée future. Citons parmi ses adeptes les écrivains Arthur Machen (Le grand Dieu Pan, La colline des rêves...), Bulwer-Lytton (Les derniers jours de Pompéi...), H. Rider Haggard (She, Le peuple du Brouillard), Bram Stocker , le poète William B. Yeats (Prix Nobel en 1923), Sax Rhomer (auteur de romans policiers) ou encore Enoch Soames, le " damné de la littérature anglaise " (Négations, Cryptogames). On y trouve aussi l'actrice Florence Farr, amie intime de Bernard Shaw , l'astronome Peck, ou encore le bizarre et inquiétant Aleister Crowley . En France, l'écrivain Jules Blois aurait été initié du temple n°7. Mathers était marié à la sœur du philosophe Bergson, lequel s'occupait alors de parapsychologie à la prestigieuse Society for Psychical Research, mais il semblerait qu'elle n'entretenait aucune relation avec sa famille.


Samuel Liddell MacGregor Mathers
1854-1918


En 1891 Woodman décède. Mathers à Paris et Westcott à Londres doivent se partager la gestion de la G.D. mais des querelles naissent entre les deux hommes. Il semblerait que ce soit vers cette époque que les initiés allemands rompent tout contact avec leurs turbulents héritiers anglais, sans doute échaudés par ces querelles internes peu dignes d'une telle initiation. Mathers se met à parler des mystérieux " Chefs Secrets " ou " Supérieurs Inconnus " censés diriger l'ordre dans l'ombre. Il serait en relation avec eux, et les décrit d'étrange manière (voir plus loin). Westcott et Mathers doivent d'après les statuts de la G.D. mettre au point ensemble les Rituels qui y sont utilisés. Mais Mathers fait encore des siennes, rédige seul de nouveaux rituels, et envoie en Angleterre un adepte tout dévoué à sa cause, Aleister Crowley, avec la mission de les imposer à tous les temples. Les brouilles s'amplifient encore un peu plus, et finalement Westcott se retire peu à peu de ses fonctions, dégoûté par ces luttes d'influence. La G.D. tremble alors sur ses fondations et commence à se fissurer irrémédiablement.

En 1904 l'écrivain occultiste A. E. Waite , secondé de l'alchimiste Alexander Ayton , tous deux membres, entreprennent de reprendre les commandes en imposant de nouveaux rituels, à l'orientation plus chrétienne. Mais ils ne font pas l'unanimité et d'autres membres rebaptisent l'ordre Stella Matutina et en orientent les activités vers des domaines plus obscurs, touchant à la magie et aux voyages astraux. Lentement mais sûrement la plupart des membres se désintéressent de ces chamailleries en haut lieu, qui transforment l'expérience mystique et créatrice en stériles querelles de clochers...

Enfin, en 1905, Crowley abandonne Mathers qui sombre petit à petit dans l'alcool et s'en va fonder un nouvel ordre baptisé Astrum Argentum, suite à une rencontre qu'il aurait eue lui-même avec ces " chefs secrets "

C'est vers cette époque qu'on doit situer la mort effective de la Golden Dawn, malgré encore quelques tentatives de réanimation. Mais n'est pas phénix qui veut...

Le langage des anges et la magie des mots

Mais que pouvait-on bien faire dans cette Golden Dawn ? À quoi pouvaient bien s'occuper tous ces écrivains, occultistes, érudits, artistes, alchimistes... ? Un siècle après les faits, on peut envisager quelques éléments de réponse, qui vont nous amener à considérer le rôle de la magie dans la création littéraire.

Tout d'abord, comme toute société initiatique qui se respecte, on trouve dans la G.D. des grades et des dénominations spécifiques. On compte une dizaine de grades, inspirés de l'Arbre des Séphiroths de la tradition Kabbalistique. Les 3 derniers, dits " du 3ème ordre " ou des " Enfants de l'Abîme " ne furent jamais revendiqués par aucun des adeptes, puisqu'ils étaient réservés aux " Chefs Secrets ". Et l'on ne devenait pas " Chef Secret " impunément ! Concernant ces mystérieux personnages, Mathers écrivait aux adeptes dans une note interne :

" Au sujet de ces Chefs Secrets, auxquels je me réfère et dont j'ai reçu la sagesse du Second Ordre que je vous ai communiquée, je ne peux rien vous dire. Je ne sais même pas leurs noms terrestres et je ne les ai vus que très rarement dans leurs corps physiques... Ils me rencontrèrent physiquement en temps et lieux fixés à l'avance. Pour mon compte, je crois que ce sont des êtres humains vivant sur cette terre, mais qui possèdent des pouvoirs terribles et surhumains... Mes rapports physiques avec eux m'ont montré combien il est difficile à un mortel, si avancé soit-il, de supporter leur présence. Je ne veux pas dire que dans ces rares cas de rencontre avec eux l'effet produit était celui de la dépression physique intense qui suit la perte du magnétisme. Au contraire, je me sentais au contact avec une force si terrible que je ne puis que la comparer avec l'effet ressenti par quelqu'un qui a été près d'un éclair pendant un violent orage, accompagnée d'une grande difficulté de respiration... La prostration nerveuse dont j'ai parlé s'accompagnait de sueurs froides et de pertes de sang par le nez, la bouche et parfois les oreilles. "

Mathers n'aurait pas été le seul à " rencontrer " ces personnages pour le moins hors du commun. Crowley avait aussi cette obsession, et décida finalement Mathers à les lui présenter. La scène se serait déroulée une nuit, dans le Bois de Boulogne...

À son entrée dans le temple, un nouvel initié devait choisir une devise, généralement en latin, devenant dès lors son patronyme officiel au sein de l'ordre. Ainsi Mathers se faisait-il appeler Deo Duce Comite Ferro, Machen était Filius Aquarii, Yeats était Demon est Deus Inversus, Westcott était Sapere Aude. Anna Sprengel avait pour devise Sapiens Dominabitur Astris. Crowley, qui se plaisait à ne rien faire comme les autres, se fit appeler Frère Perdurabo.

Il faut essayer de s'imaginer les illustres écrivains adeptes de la G.D. pendant leurs discussions dans les temples, s'interpellant à coup d'initiales hermétiques :

- Comment allez-vous cher D.D.C.F. ?

- Oh, comme ci comme ça mon cher F.A. Ce turbulent F.P. fait encore des siennes aujourd'hui, et S.A. ne veut pas entendre raison au sujet des nouveaux Rituels. C'est pourtant S.D.A. qui me les a confiés !...


La démarche des adeptes paraît avoir été l'étude de la magie afin d'acquérir, à force de lectures, de méditations et de rites, une élévation spirituelle intérieure de très haut niveau. Le but ultime (l'accession rêvée et plus qu'incertaine aux trois derniers niveaux) " transmutant " en quelque sorte l'initié en quelque chose d'autre, quelque chose de plus qu'humain, aux capacités et aux connaissances incomparables (on pourra rapprocher cette conception de celle de l'alchimie opératoire traditionnelle, la réalisation du Grand Œuvre n'y étant pas considérée comme autre chose qu'une transmutation de l'alchimiste lui-même). Selon l'écrivain Jacques Bergier, dans son ouvrage Les Livres Maudits (J'ai Lu, 1971), l'enseignement de la G.D. portait en grande partie sur l'étude du langage " énochien " développé par le mage John Dee. De quoi s'agit-il ?



John Dee vécut au XVIème siècle en Angleterre et en France et pratiquait les sciences occultes. Une nuit, en être de lumière apparaît dans sa chambre et lui confie un morceau de miroir par lequel, en se concentrant, il est censé pouvoir entrer en communication avec les anges, et principalement le premier d'entre eux, Énoch. Au final, John Dee, secondé par un certain Kelly qui exploita parfois sans vergogne la naïveté de son maître, rédigea de nombreux manuscrits en langue énochienne. Jacques Bergier cite un exemple de ce verbiage, avec son humour habituel :

" Il reste des textes en énochien, particulièrement un texte qui permet de se rendre invisible : Ol sonuf vaorsag goho iad balt, lonsh calz vonpho. Sobra Z-ol ror I ta nazps. Ce qui ne ressemble à aucune langue connue. Il paraît que si on prononce correctement le rituel, on est entouré par un ellipsoïde d'invisibilité à une distance moyenne de 45 centimètres du corps. Je n'y vois pas d'objection. "


[size=9]Portrait de john Dee[/size]


John Dee est l'auteur d'un grimoire occulte, A True and Faithful Relation of what passed for many years between Dr John Dee and Some Spirits, publié à Londres en 1659. Il serait aussi le concepteur de Tablettes Énochiennes, qui servaient à décoder le langage de ces esprits. Une étude de ce système complexe de cryptographie est publiée en 1957 dans la revue La Tour Saint-Jacques, étude basée sur un livre de Israël Regardie, ancien adepte de la G.D.

L'analogie avec des jeux stylistiques et sémantiques plus modernes est frappante. Ces grilles dans lesquelles étaient placés les mots des anges, et desquelles on tirait de nouveaux mots après de multiples manipulations (par exemple des noms d'anges), n'ont rien à envier aux expériences littéraires des surréalistes ou de l'OuLiPo. Elles annoncent aussi les techniques modernes de codage de texte, à des fins d'espionnage ou de stratégie militaire par exemple. Voici sans doute une explication à la présence de tant de grands esprits à la G.D., beaucoup en effet devaient trouver passionnants ces systèmes cryptographiques, qu'ils les prirent pour de simples jeux littéraires ou pour de grandes révélations très secrètes. Mais dans quelle mesure cet enseignement " hermétique ", saupoudré de symbolisme alchimique, de doctrines mystiques ou de considérations chrétiennes, a-t-il influé sur la création littéraire ou artistique de chacun ?

Le fameux Dracula de Bram Stoker est publié en 1897. Un passage de cet ouvrage correspond étrangement aux doctrines et mythes véhiculés par la G.D. :
" (Dracula) était de son vivant un homme remarquable, guerrier, homme d'état, alchimiste, et l'alchimie représentait alors le plus haut degrés de la science. Il avait une puissante intelligence, une culture sans égale, et un cœur qui ne connaissait ni peur ni remords. Il eut même l'audace d'assister aux leçons de Scholomance et ne laissa sans s'y essayer aucune branche du savoir de son époque. Aussi, en lui, le pouvoir de l'intelligence a survécu à la mort physique bien que, semble-t-il, sa mémoire ne soit pas demeurée intacte. "

Un Dracula ancien alchimiste, ancien érudit, dont " le pouvoir de l'intelligence a survécu à la mort physique ", voilà un portrait qui fait bizarrement écho aux histoires de Chefs Secrets, plus qu'humains et terrifiants, dont parle Mathers. Dracula, Supérieur Inconnu ayant mal tourné ? C'est là un exemple parmi d'autres. Il serait bien étonnant que les écrits de Machen ne participent pas de la même influence. Le grand Dieu Pan (1894) avec ce personnage d'Hélène Vaughan à l'humanité toute relative (inspiré d'Anna Sprengel ?) et ces choses terribles tapies dans les bois (inspirées des Chefs Secrets ?), laisse entrevoir des préoccupations similaires à celles de la G.D . Yeats publie en 1925 un gros livre abscons : A Vision. Selon l'étude de Pierre Victor sur la Golden Dawn parue dans La Tour Saint-Jacques en 1956, le poète aurait eu révélation de ce " système psychologique et historique fort compliqué " en employant des procédés de voyance... L'univers psychologique et mythique de la G.D. a donc certainement été une source d'inspiration pour ses adeptes. S'il est certain que Mathers (qui finit par sombrer dans l'alcoolisme) ou Crowley (qui finit gourou de secte) croyaient réellement aux histoires terribles de Supérieurs Inconnus, d'autres adeptes avaient tout de même plus de recul. Machen, encore lui, indique dans son autobiographie Things near and far (1924) :

" J'avais fait d'étranges expériences - étranges, elles me le semblent encore - du corps, de l'âme et de l'esprit ; je supposais que l'Ordre, dont j'avais obscurément entendu parler, pourrait me donner en ce domaine quelque lumière, quelque conseil, quelque règle. Mais... je me trompais : l'Étoile du Crépuscule ne jeta aucun rayon d'aucune sorte sur mon chemin. "


Le fou, le clairvoyant malgré lui et le fantôme

L'influence de la Golden Dawn sur la création littéraire, artistique, de ses adeptes, dépassa peut-être même leur volonté propre. Jusqu'où, par exemple, Aleyster Crowley était-il maître de lui-même ? De quoi était-il esclave, si ce n'est de ses propres démons intérieurs, de ses pulsions profondes, de ses fantasmes ? Ce qui n'exclue nullement, par ailleurs, une certaine part de véritable fantastique et de mystère dans sa vie. Il n'est que de parcourir le jeu de Tarot qu'il publia lorsqu'il dirigea plus tard l'Ordo Templis Orientis, jeu exécuté sous sa direction, pour se rendre compte de la place prépondérante que tenait par exemple le sexe dans sa cosmologie. De quoi ravir tout pieux disciple d'un Freudisme trop souvent caricatural. Arthur Machen quant à lui, fut la victime bien involontaire de la célèbre histoire des " Archers de Mons ", qui est pour beaucoup dans sa notoriété. En 1914, il publie dans The Evening Standard une nouvelle de guerre, The Bowmen, dans laquelle les spectres de archers de la bataille d'Azincourt viennent au secours des soldats anglais de la bataille de Mons. Des lettres ne tardent pas à arriver en nombre à la rédaction du périodique : des soldats ayant participé au combat prétendent avoir vécu véritablement cet épisode merveilleux. Machen dément, écrivant à plusieurs reprises que sa nouvelle n'est qu'imagination, rien d'autre qu'imagination. Il s'attire ainsi le dédain de nombreux lecteurs, aimantés par le fantastique comme l'abeille par le miel. Pendant ce temps, une infirmière de l'armée anglaise, Phyllis Campbel, se rend compte que les récits de blessés de guerre dont elle s'occupe se recoupent. Après guerre, elle rencontre une autre infirmière, allemande celle-ci, lors d'un banquet d'anciens combattants. Elle aussi a eu vent de cette apparition merveilleuse, mais contée par des soldats allemands. Tous les témoignages ainsi réunis concordent : il y eu bien, lors de la bataille de Mons en 1914, une apparition. Dans le ciel, un chevalier en armure dorée monté sur son cheval blanc dressa son épée vers les Allemands.

Histoire grotesque ? Peut-être, mais il est curieux que l'ancien adepte d'une société dans laquelle on pratiquait une magie proche de la création littéraire, se retrouve ainsi mêlé, par sa plume, à l'irruption d'un événement magique en pleine guerre.

Le chercheur Yves Lignon, fondateur du Laboratoire de Parapsychologie de Toulouse, indique dans son livre Quand la science rencontre l'étrange paru en 1994 :

" Mais, si croyants et incroyants, Anglais et Allemands ont bien vu l'apparition, Arthur Machen lui, n'a eu que des images en tête. Peut-être est-ce pour cela qu'il a fait intervenir toute une troupe d'archers là où les soldats n'ont aperçu qu'un cavalier. Quelle importance ? Lorsqu'un écrivain quelque peu damné se trouve, sans même le savoir, au cœur d'un phénomène de voyance dont la cible, de plus, est une apparition, on peut tout de même le laisser enjoliver certains détails. "

Enfin, il faut citer le cas bien étrange de cet écrivain peu connu que fut Énoch Soames, membre bien mystérieux de la G.D. On ignore presque tout de la vie de ce personnage. Il en reste le témoignage de son confident Max Beerbhom, un dessin du portraitiste Rothenstein, quelques poèmes, et le spectre de ses deux livres, totalement introuvables, Negations et Cryptogames. Beerbohm consacre quelques lignes à Negations dans About a so-called Enoch :

" J'eus beau chercher, ce mince volume vert resta pour moi une énigme sans queue ni tête. Je ne trouvai dans la préface nul fil d'Ariane qui me fit franchir le labyrinthe étroit des textes qui suivaient ; et dans ce labyrinthe rien qui pût éclairer la préface. "

Hermétique, Soames l'était sans aucun doute ! Et ce malgré la discutable théorie d'un Paolo Ricardo Blanca-Calle, qui prétend démontrer dans son très court ouvrage que notre écrivain n'avait aucun intérêt et que toute recherche sur lui serait inutile (" Soames ne peut pas être autre chose qu'un idiot parce qu'il n'est pas autre chose qu'un idiot ").

La légende de Soames est bien étrange elle aussi. Si l'on en croit Beerbhom, Énoch n'avait qu'un souci : savoir si son nom brillerait au firmament de la littérature universelle après sa disparition. Il était prêt à vendre son âme au diable pour en avoir le cœur net et le clamait haut et fort. Il trouva dans les Chefs Secrets un excellent substitut au trop classique Satan, qui d'ailleurs tardait à venir.


portrait de crowley (crowley pretendait être la réincarnation de Kelly l'assistant de john dee)


Ce serait vers la fin de l'année 1897 qu'il aurait finalement obtenu satisfaction : Crowley accepte de les lui présenter, vraisemblablement dans le restaurant Londonien The Twentieth Century. Altruisme soudain de Crowley ou ignoble piège ? Crowley savait pertinemment que son camarade n'était pas préparé à une telle expérience, de quelque nature qu'elle soit. On ne revit plus jamais le petit écrivain...

Fin 1997 est édité à compte d'auteur le livre d'un certain Mark Samuels Lasner, The Ghost of Enoch Soames, qui réunit les témoignages des chercheurs présents à la Bibliothèque de Londres, principalement des universitaires, lors de la soudaine apparition d'un " fantôme ", qu'on vit consulter les notices biographiques, puis les répertoires des œuvres, puis enfin les anthologies de littérature anglaise du XIXème siècle... Le " fantôme " fut identifié comme étant Soames, grâce notamment au portrait de Rothenstein.

Encore une fois, qu'il s'agisse ou non d'une histoire exacte, que les témoins cités par Lasner (qui était présent) virent vraiment ce qu'ils crurent voir, n'est pas aussi important pour notre propos que le fait que Soames appartenait à la Golden Dawn...


Mathers et Crowley s'abîment dans l'alcool ou dans la folie, comme rongés par les choses qu'ils ont vues. Yeats, Prix Nobel, rédige une vaste étude écrite par voyance. Machen est mêlé bien malgré lui à une histoire inexplicable de voyance et d'apparition. Soames disparaît en 1897 et son spectre réapparaît 100 ans plus tard exactement pour vérifier si son nom a bien été retenu par la postérité.

Tous ces hommes de lettres, ainsi que leurs compagnons de route de la Golden Dawn, furent comme happés par leurs activités et leurs études " occultes ". Comme un ressac, elles les rattrapa d'une manière ou d'une autre. Leur art se mêla à des conceptions magiques, à des croyances hermétiques, et en ressortit transformé, nourri, altéré. Avec la Golden Dawn, sans doute à l'insu de ses adeptes, des bruits de pas se firent entendre aux frontières de la réalité.

Vu sur le tres bon site de grégory Gutierez
http://greguti.free.fr/


Grüß

Abra
sanfran.cisco
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   Posté le 30-12-2005 à 23:59:13   Voir le profil de sanfran.cisco (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à sanfran.cisco   

S'lu

Il faudrait un petit peu préciser l'origine de la GD et la replacer dans son contexte pour mieux comprendre les choses... parce qu'à force de laisser dire des choses, certains pourraient finir par croire que c'est vrai...

L'histoire des manuscrits codés est une arnaque montée de toute pièce et la fameuse Anna n'a (sans doute) jamais existée... toujours est-il que l'on en n'a jamais retrouvé la trace...

Quoiqu'il en soit, il n'y a pas vraiment arnaque puisque tout cela s'est passé dans ce que l'on appelle le revival occultiste qui a donné des choses comme le spiristime (que vous connaissez tous), la théosophie, des traditions énochéennes (comme abordé), du martinisme à la papus, de très nombreuses loges maconniques, para-maconniques d'origine égypto-indo-atlantéenne, la société de recherche psychique de londres (SPR)...

Chacun de ces clans voulait absolument se légitimer en faisant remonter son enseignement le plus loin possible et de manière le plus direct possible... d'où de nombreux mensonges et falsifications...

Pour en savoir plus à ce sujet, vous pouvez chercher du côté de la sociologie, dans un domaine d'étude appelé 'Nouveaux Mouvements Religieux' (NMR)...

Tout d'abord précisons que la Golden Dawn (Hermetic Order of the Golden Dawn, abrégé G.D.) est de la magie cérémonielle et non de la magie initiatique ce qui signifie que le principal c'est que ca marche, peu importe l'origine... la date soulevée (1888) est connue depuis longtemps et niée par personne...

L'histoire de la G.D. est maintenant bien connue par les historiens des NMR.
Effectivement, en angleterre en 1887-1888, il y avait déjà Woodman de la Societas Rosicruciana in Anglia (ordre d'origine maçonnique) qui avait notamment deux collaborateurs : Westcott et Mathers (qui s'est fait appelé MacGregor, comme Hippolyte Rivail s'est fait appelé Allan Kardec : parce que le celtisme était à la mode).
Mathers publie sa cabale dévoilée, alors, par concurrence et jalousie (et pour se faire admettre) Westcott prétend être en possession d'un mystérieux manuscrit crypté (c'est là qu'il invente l'histoire décrite par Abra, manuscrit qui se révélera être un faux) qu'il tient d'une mystérieuse allemande effectivement dénommée Anna Sprengel, (par la suite elle-même soit-disant en contact avec des mystérieux "supérieurs inconnus" ) qui lui a demandé de fonder la G.D.
Mathers tombe dans le panneau, on lui demande d'écrire les rituels contenus dans le manuscrit crypté : la G.D. est née et va remplacer la SRA... (ça, c'est important pour comprendre les luttes d'influences)
... elle est née en même temps que le Traité élémentaire des sciences occultes de Papus, la rose-croix kabalistique et la D.S. d'H.P.B

Comme dit, la G.D. recrutera dans son Premier Ordre des grands noms comme le poète Yeats, Aleister Crowley, Dion Forune (qui, comme vous le savez dans doute, est une femme dont la devise était Deo, no fortuna, d'où son nom), la femme de Bergson (le philosophe), la femme d'Oscar Wilde...
Puis, très vite, la G.D. fut divisée, notamment en quatre branches principales et de nombreuses sous-branches (dont la plus connue est l'Aurum Solis) mais concurrentes qui se firent la guerre, ce qui provoqua la mort de la G.D... peu avant la fin, Israel Regardie fut initié : c'est lui qui dévoilera tout au grand public en publiant les rituels.

Donc, la G.D. a effectivement été inventée lors du revival de la fin du XIXième, où justement les guerres de filiation ont fait des ravages... en fait, comme je le disais, chacun voulait prouver qu'il tenait sa légitimité d'Untel... qui lui avait donné l'autorisation de créer un ordre, une loge... on appelle cela une "patente".
MAIS, et c'est là le plus important, en magie cérémonielle on se moque des patentes pourvu que ca marche... d'ailleurs de nombreux ordre patentés ont coulés parce que leur système magique était inefficace...

Je n'ai pas dit qu'ils se foutaient de la structure de leur rituel... je dit simplement qu'en magie, l'important c'est que cela marche, pas d'où ca vient et qui a inventé le rituel...

Pour simplifier, je vais faire la comparaison avec l'herboristerie : vous préféreriez une infusion dont vous ne savez pas ce qu'il y a dedans, qui ne vous garantit que l'effet placebo mais qui est estampillée par un grand laboratoire pharmaceutique ou plutôt une infusion que vous auriez faite vous-même d'après les propriétés des principes actifs des plantes que vous connaîtriez très bien pour les avoir longuement étudiées ?

Pour la G.D., c'est cela : Mathers a créé les rituels (mais cela ne veut pas dire qu'ils ne fonctionnent pas) mais Westcott voulait absolument une légitimité ancestrale (la patente officielle), c'est pour cela qu'il a monté cette invention de "supérieurs inconnus" reliés à une tradition magique allemande...
Quant à l'A.S., un de leurs nombreux avantages, c'est qu'ils vocalisent l'hébreux ^_^

Pour la littérature d'étude, on pourra se renseigner auprès de l'ARIES (Association pour la Recherche et l'Information sur l'ESotérisme) à PARIS (Meudon) ou encore Politica Hermetica (à Paris aussi).
Un bon ouvrage de référence, celui du Dr. Massimo Introvigne "Le chapeau du mage. Les nouveaux mouvements magiques, du spiritisme au satanisme".
Pour ceux qui veulent vraiment des informations sur les rites maçonniques, ils ne peuvent passer à côté du monumental ouvrage d'Arthur Edward WAITE "La Nouvelle Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie"

Voilà, c'était ma petite pierre à l'édifice, comme demandé... euh, ah oui, j'ai oublié de me présenter... certains me connaissent, de temps en temps, sur cara... sanfran.cisco

Cara étant complétement vide, j'en profite pour les saluer, notamment solomon_kane, arcane_sans_nom et ceux que j'oublie ici...

Prenez bien soin de vous tous,
Bises,
A++
Abraxas
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Abraxas
   Posté le 23-03-2011 à 19:34:50   Voir le profil de Abraxas (Offline)   Répondre à ce message   http://abrasax.chez.tiscali.fr   Envoyer un message privé à Abraxas   

Salut,

Juste une chtite citation en passant, correspondant à l’introduction du livre de Ruggiu sur les rituels de la GD et qui explique sommairement la GD. Ce livre est excellent et je ne peux qu’en conseillé la lecture (ainsi qu’au suivant de la collection). (je suis obligé de laisser le texte ainsi parcequ'on ne peut pas faire une citation à l'intérieur d'une citation


INTRODUCTION


Par une belle journée d'automne 1966, de paisibles promeneurs firent une découverte des plus étranges sur une plage de la côte sud de l'Angleterre dans le Sussex ; ils eurent en effet la surprise de trouver un coffre échoué sur le rivage qui avait été apparemment rejeté par les flots. Poussés par la curiosité, ils l'ouvrirent et furent stupéfaits de son contenu ; tout un attirail d'objets mystérieux s'offrirent à leurs yeux : bannières ornées de croix et de triangles, dagues et épées gravées de signes kabbalistiques, sceptres à tête d'ibis, calice, pentacles et croix multicolores divers. Aucune indication sur l'identité de son propriétaire n'y apparaissait à l'exception d'une plaque, gravée de l'énigmatique devise latine de Soror Ex Fide Fortis. Cette découverte sensationnelle fit la "une" des journaux britanniques et le Daily Telegraph publia même des photos de ces objets rituels en prétendant qu'ils avaient certainement appartenu à une "sorcière". Beaucoup de gens se passionnèrent pour cette histoire ; les questions ne manquaient pas en effet : comment ce coffre avait-il fini par aboutir sur cette plage déserte du Sussex ? À qui avait-il appartenu ? Quelle était l'identité de cette énigmatique Soror Ex Fide Fortis ? De quelle époque dataient ces objets ?

Suite à la parution dans les journaux de plusieurs articles relatant cet évènement, plusieurs personnes prétendant appartenir à la Witchcraft (c'est à dire à la sorcellerie traditionnelle britannique) ne tardèrent pas à les revendiquer en prétextant qu'ils avaient été surpris par la marée montante lors d'une cérémonie magique et qu'ils avaient été contraints de s'enfuir en abandonnant derrière eux leur matériel...

En fait, après enquête, certains spécialistes des sciences occultes, tels que Françis King, découvrirent qu'une falaise, rongée par la mer, s'était écroulée depuis peu en entraînant dans sa chute une vieille maison abandonnée où, selon toute vraisemblance, ces objets rituels avaient été soigneusement cachés. Après un examen attentif de ces derniers, ces spécialistes en conclurent que, d'après les symboles caractéristiques qui les ornaient, ceux-ci ne pouvaient provenir que d'une société secrète qui avait connu en son temps son heure de gloire, mais qui depuis avait été bien oubliée : THE HERMETIC ORDER OF THE GOLDEN DAWN (l'Ordre Hermétique de l'Aube ou de l'Aurore Dorée).

Quel était donc cet Ordre mystérieux dont les symboles réapparaissaient au grand jour d'une manière si insolite ? En fait, on en savait peu de choses à l'époque, étant donné le caractère ultra secret dont s'était toujours entouré l'ordre de la Golden Dawn. Toutefois, la découverte de ces objets rituels suscita une grande curiosité du public anglo-saxon et eut surtout l'avantage de relancer l'intérêt de certains chercheurs pour l'histoire de la Golden Dawn.

Certains d'entre eux se prirent alors à rêver : si l'une des caches de la Golden Dawn avait été découverte par hasard, cela supposait qu'il en existait probablement d'autres. Mais où se trouvaient-elles ? Seuls d'anciens membres de l'ordre pouvaient le savoir. Mais il n'était guère facile de les rencontrer, tout d'abord parce que la plupart des membres authentiques de l'ordre étaient morts depuis longtemps ; ensuite parce que les quelques rares survivants qui existaient encore et dont on soupçonnait l'affiliation niaient toute appartenance ou se montraient fort peu coopératifs. Ils s'estimaient encore liés par leurs serments de secret, et ce, malgré les révélations d'Aleister Crowley et d'Israël Regardie, deux des leurs qu'ils considéraient comme des traîtres et des parjures indignes de porter le titre de gentlemen.

C'est ainsi par exemple que lorsque John Symonds, l'exécuteur testamentaire et le biographe d'Aleister Crowley, demanda à George Cecil Jones à la fin des années quarante ce qu'était la Golden Dawn, celui-ci lui répondit que c'était « un club, comme n'importe quel autre club, un lieu où l'on passait le temps et où l'on rencontrait ses amis ». Réponse très flegmatique et britannique qui provoqua la réflexion suivante, tout aussi britannique, de John Symonds : « Si c'était un club, c'était une sorte de club très inhabituel ». Même son de cloche chez Sir Gerald Kelly, un initié de la Golden Dawn qui fut le beau-frère d'Aleister Crowley et l'ami de C. G. Jones, et qui tentait de faire passer l'ordre pour une « congrégation religieuse » comme il en existait tant à l'époque victorienne. En vérité les services de cette congrégation étaient un peu spéciaux puisqu'il s'agissait de cérémonies magiques...

Cette réticence finit par intriguer certains chercheurs : pourquoi faire tant de mystères au sujet de la Golden Dawn alors que cet Ordre était tombé en sommeil depuis longtemps déjà ? C'était du moins ce que tout le monde croyait. Évidemment les documents et les archives de cet Ordre, s'ils existaient encore, ne pouvaient avoir été transmis qu'à des personnes de confiance qui devaient forcément appartenir à des milieux initiatiques. C'est du moins le raisonnement que tinrent certains historiens, très bien introduits au sein de la Franc-Maçonnerie et de la Societas Rosicruciana in Anglia avec qui l'ordre de la Golden Dawn avait eut des liens étroits. Ils ne se trompaient pas ; après une longue et patiente enquête, ils furent mis en contact avec certains descendants authentiques de l'ordre qui étaient détenteurs des archives originales de la Golden Dawn. Ces gardiens se montrèrent au début très réticents : ils ne désiraient pas que les secrets de l'ordre soient publiés, considérant qu'il s'agissait avant tout de documents privés qui ne regardaient pas les non-membres. Cela revenait à avouer que l'ordre existait toujours et que certains temples avaient pu se perpétuer dans le secret pendant des années alors que tout le monde croyait qu'ils avaient disparus ! Par ailleurs, certains descendants de l'ordre, qui avaient une haute position sociale, ne tenaient pas à ce que leurs noms soient mêlés à celui de la Golden Dawn dont la réputation avait été ternie à cause des agissements d'Aleister Crowley ; le moins que l'on puisse dire c'est que celui-ci n'était pas en odeur de sainteté dans les milieux de l'establishment : il sentait plutôt le soufre. Ses débordements sexuels et ses pratiques de magie noire avaient fait scandale et son nom avait été malencontreusement associé à celui de la Golden Dawn.

Malgré ces difficultés, certains de ces historiens, tel que Ellic Howe, parvinrent toutefois à obtenir l'autorisation de compulser ces archives et après les avoir examinées ils purent assurer à leurs benefactors qu'elles ne contenaient rien de compromettant pour les bonnes moeurs. Avant de pouvoir les publier, ils durent cependant promettre de ne pas révéler la source de leur documentation et de respecter l'anonymat des détenteurs de ces inestimables archives. Celles-ci révélèrent bien des points qui étaient restés obscurs, mais soulevèrent aussi bien des questions, plus particulièrement au sujet des origines de la Golden Dawn.

Selon sa légende, l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée fut fondé en 1888 à la suite de la découverte de mystérieux manuscrits chiffrés selon un code alchimique du XVI° siècle, manuscrits qui entrèrent en possession du Dr William Wynn Westcott, un Franc-Maçon éminent qui était l'un des chefs de la Societas Rosicruciana in Anglia (plus connue sous son abréviation de S.R.I.A.). Selon les assertions du Dr Westcott, ces manuscrits chiffrés, une fois décodés, révélaient les rituels d'une société rosicrucienne d'origine allemande, nommée Die Goldene Dammerung (l'Aurore Dorée), avec laquelle il serait entré en contact par l'intermédiaire d'une énigmatique adepte nommée Fräulein Sprengel. Les adeptes allemands auraient autorisés le Dr Westcott et ses associés à faire revivre l'ordre en Angleterre. Cette histoire fut par la suite démentie par Samuel Liddell MacGregor Mathers, l'un des fondateurs de la Golden Dawn au côté du Dr Westcott avec lequel il se brouilla en 1900. Selon Mathers, toute la correspondance allemande aurait été fabriquée par Westcott afin de monter de toute pièce la Golden Dawn, thèse reprise par l'historien Ellic Howe dans son livre The magicians of the Golden Dawn paru en 1972 suite à la découverte des archives de l'ordre. Ellic Howe eut le privilège de compulser ces archives et d'y retrouver non seulement les fameux manuscrits chiffrés, mais aussi l'échange de correspondance entre le Dr Westcott et Madame Sprengel. Car ces documents ont une existence réelle, bien que selon les expertises d'Ellic Howe, ces documents seraient des faux. La thèse d'Ellic Howe, qui montre au demeurant peu de sympathie pour les occultistes, souleva de vives polémiques. Toujours est-il que jusqu'à ce jour les origines des manuscrits chiffrés n'ont pas été élucidées clairement.

Je ne puis m'étendre davantage sur cette question dans un ouvrage comme celui-ci qui a pour but essentiel de présenter au lecteur français les rituels fondamentaux de la Golden Dawn. Toutefois, je suis en mesure de prouver que les assertions du Dr Westcott n'étaient pas dénuées de tout fondement et que même s'il a maquillé la vérité pour des raisons plus ésotériques qu'on ne le pense, les origines allemandes de la Golden Dawn sont plausibles. Selon mes découvertes, qui s'appuient elles aussi sur certaines archives, mais allemandes, la Golden Dawn proviendrait en fait (bien que de manière indirecte) d'une loge maçonnique juive qui descendrait de l'une des branches de la Gold-und-Rosenkreuz du XVIII° siècle (la Rose+Croix d'Or maçonnique allemande), laquelle est du point de vue purement historique la première société rosicrucienne connue organisée en tant qu'ordre initiatique.

Je renvoie le lecteur intéressé par ces questions à mon prochain ouvrage qui sera entièrement consacré à l'histoire de la Golden Dawn depuis ses origines jusqu'à nos jours, ouvrage écrit en collaboration avec mon ami britannique Nick Tereshchenko et qui paraîtra dans cette collection. Le lecteur y trouvera bien des réponses, notamment à propos de l'identité du mystérieux rédacteur des manuscrits chiffrés, ainsi qu'au sujet des survivances actuelles de la Golden Dawn.

En effet, bien que l'Ordre Hermétique de l'Aube Doré en tant que tel n'eût qu'une existence éphémère de 1888 à 1900, il n'en exerça pas moins une immense influence dans le développement de l'occultisme pratique dans tous les pays anglo-saxons. Si l'ordre éclata lors du schisme de 1903 à la suite de querelles internes, il ne disparut pas pour autant puisqu'il se fractionna en de multiples branches indépendantes et rivales qui gardèrent cependant des relations assez étroites entre elles ; citons : la Stella Matutina, l'Alpha Omega, l'Astrum Argenteum, The Holy Order Of The Golden Dawn, The Solar Order, The Order of Light, The Church of Light et The Fraternity of Inner Light. Ces ordres donnèrent naissance par la suite à d'autres fraternités, souvent par transmission de maîtres à disciples (car l'école de la Golden Dawn généra une remarquable lignée de maîtres authentiques en matière de magie cérémonielle, fait peu connu qui mérite d'être souligné). Parmi ces fraternités citons The Builders of Adytum, The Order of The Cubic Stone, Helios, S.O.L. (Servants of Light), The Smaragdinum Order, etc. Encore n'ai-je cité ici que les ordres qui possèdent une filiation certaine, directe ou indirecte avec la G.D. originelle. Toutes ces organisations eurent une influence indubitable bien que celle-ci s'exerçât de manière très souterraine.

Il en fut tout autrement avec les publications d'Israël Regardie qui touchèrent un vaste public. Regardie était un disciple de Crowley, qui fut, rappelons-le, initié régulièrement au sein du temple Isis-Urania N°3 de Londres (la Loge-Mère de la Golden Dawn). Après avoir quitté Crowley, Regardie fut initié dans les années Trente au sein du temple Hermes N° 28 de Bristol qui fut l'un des temples de la Stella Matutina qui survécut le plus longtemps (jusqu'à la fin des années soixante). Il publia les rituels et les enseignements de l'ordre d'une manière beaucoup plus exhaustive que ne l'avait fait Crowley dans sa revue The Equinox vers 1910 et provoqua l'indignation des membres de l'ordre. Son livre, intitulé An account of the teachings and rituals of the Golden Dawn , parut en quatre volumes de 1938 à 1940. Inutile de dire qu'il passa quasiment inaperçu dans la tourmente de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce fut également à cette époque que Miss Tranchell Hayes, alias Soror Ex Fide Fortis qui dirigeait l'une des branches les plus secrètes de la G.D., l'Alpha Omega, décida de cacher le matériel magique de son temple dans une vieille maison abandonnée située au bord d'une falaise du Sussex. Il fallut attendre 1967 pour que l'incident que j'ai rapporté au début de ce chapitre ne provoque un regain d'intérêt certain pour le livre d'Israël Regardie, à tel point que celui-ci devint rapidement introuvable et finit par atteindre des sommes astronomiques sur le marché d'occasion.

Dès lors il fut très vite réédité et devint en quelque sorte la Bible de tous les passionnés d'occultisme. The Golden Dawn d'Israël Regardie devint l'un des plus grands best sellers de tous les temps en matière d'occultisme. Sa première réédition coïncida avec la sortie de toute une série de livres consacrée à la Golden Dawn au début des années 70. Depuis le flot n'a cessé de continuer, à tel point que la Golden Dawn est devenue à la mode et qu'elle a provoqué un véritable phénomène de société dans les pays anglo-saxons. Des milliers de groupes occultes se sont crées en Angleterre et aux Etats-Unis en s'inspirant peu ou prou des enseignements et des techniques magiques de la Golden Dawn qui devint ainsi LA référence absolue en matière d'occultisme pratique. Cet engouement sans précédent a incité relativement récemment le dernier temple authentique de la Stella Matutina, le temple Thoth-Hermes de Wellington en Nouvelle-Zélande, à sortir de l'ombre dans lequel il se cachait depuis 70 ans. Car il est certain que sans les publications d'Israël Regardie l'ordre aurait totalement disparu. C'est ce fait que les adeptes de Nouvelle-Zélande, qui ont bien failli connaître ce sort, ont reconnu : le Dr Regardie a donc eu la joie de recevoir peu de temps avant sa mort l'initiation au grade d'Adeptus Exemptus par les Fratres et Sorores du temple Thoth-Hermes en récompense de son long combat pour la diffusion de la pensée de la Golden Dawn. Israël Regardie a eu le mérite non seulement de sauver une tradition inestimable de l'oubli ou de la destruction, mais encore de l'éclairer à la lumière de la psychanalyse de Jung. Il a ainsi su dépoussiérer la magie de ses superstitions médiévales et la reformuler dans un langage plus adapté à notre mode de pensée d'hommes du XX° siècle. Son oeuvre fut immense car grâce à son action et à celle de Patrick Zalewski, l'un des chefs du temple Thoth-Hermes de Nouvelle-Zélande, l'ordre de la Golden Dawn reprit force et vigueur, plus particulièrement aux U.S.A. où il continue à se développer aujourd'hui notamment sous l'égide du temple Ra-Horakhty de Californie dirigé par Laura Jennings.

Par une étrange analogie les destinées de la Golden Dawn sont liées au mythe d'Osiris, ce qui n'a rien d'étonnant lorsque l'on sait que les dieux égyptiens étaient censés protéger les temples de l'ordre qui leur étaient dédiés ; on se souvient que dans l'antique légende égyptienne, le dieu Osiris fut tué par son frère et ennemi Typhon-Seth (auquel s'identifiait volontiers Aleister Crowley qui s'appelait lui-même "666", chiffre de la Bête de l'Apocalypse). Typhon-Seth démembra le corps d'Osiris (tout comme la Golden Dawn fut démembrée en une multitude d'ordres) et mit ses restes dans un coffre qu'il jeta à la mer (lequel rappelle le coffre contenant les restes du temple de l'Alpha Omega). Celui-ci finit par aboutir en Phénicie (lieu traditionnel de la naissance de la Franc-Maçonnerie) près de la ville de Byblos où un sycomore (l'Arbre de Vie des anciens égyptiens) l'emprisonna dans ses racines. Isis, la fidèle épouse d'Osiris, finit par retrouver le corps de son mari et le ressuscita à l'aide d'une cérémonie magique (symbole de la découverte des archives de l'ordre et de sa résurgence). Ils s'embarquèrent ensemble pour l'Egypte où là Horus, leur fils, tua Typhon-Seth.

Notons que par une curieuse coïncidence les temples à l'origine de la résurgence de la Golden Dawn aux U.S.A. qui détiennent une charte de celui de Nouvelle-Zélande portent les noms d'Horus et de Ra-Horakhty (l'une des formes d'Horus au lever du soleil).

L'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée fut donc à l'origine directe de la renaissance de la magie en Occident. Une enquête menée récemment aux Etats-Unis a démontré que la forme religieuse et cultuelle qui progressait actuellement le plus vite dans ce pays était la pratique de la magie. On pourrait s'interroger sur les causes sociologiques de cet engouement ; sans doute la faillite des religions traditionnelles a-t-elle incité nombre d'individus à trouver d'autres réponses au sein de l'ésotérisme qui présente une interprétation de l'univers plus satisfaisante. Dans un monde où le matérialisme et la science rationnelle sont rois, il est inévitable qu'une réaction ait eu lieu en faveur d'un système qui privilégie le fantastique et l'irrationnel. Car l'être humain est ainsi fait qu'il a toujours besoin de mystères à découvrir et de nos jours, où plus aucune carte ne porte la mention si fascinante de Terra incognita qui apparaissait sur les mappemondes du Moyen-Age, il lui reste encore à explorer les mystérieuses dimensions de son esprit et de ses pouvoirs inconnus.

Le succès de la Golden Dawn s'explique en fait par plusieurs idées-forces que véhiculait cet Ordre, à commencer par le concept de ce que les anglo-saxons nomment The Western Magical Tradition (4). Selon la Golden Dawn cette tradition remonte à la nuit des temps, en commençant par la légendaire Atlantide, continent englouti il y a 12.000 ans et situé à l'ouest de l'Europe. D'après le fameux voyant Edgar Cayce, la catastrophe qui aurait anéanti la civilisation atlante aurait été provoquée par les "Fils de Bélial" qui pratiquaient la magie noire. Lors du cataclysme qui engloutit l'Atlantide, certains d'entre eux trouvèrent refuge en Amérique Centrale, dans le Yucatan, qui avait été une ancienne colonie atlante. Là, ils continuèrent leurs terribles pratiques qui comprenaient des sacrifices humains. "Les Fils de l'Un", qui pratiquaient la magie de la lumière auraient eux émigré dans une autre colonie, en Egypte, où ils auraient décidé d'occulter le savoir magique en créant les écoles de Mystères. Cette tradition initiatique serait passée d'Égypte en Grèce, puis de là à Rome où elle aurait subsisté en grand secret à l'époque du christianisme pour s'épanouir à nouveau lors de la Renaissance italienne où l'on redécouvrit les textes du Corpus Hermeticum de l'Égypte hellénistique.

Les rituels d'initiation de la Golden Dawn font donc constamment référence aux Mystères d'Isis, d'Eleusis et même à ceux de Samothrace. Par conséquent ces rituels ont un décorum essentiellement gréco-égyptien, ne serait-ce que par la vêture "pharaonique" des officiers et l'aménagement du temple où l'on visualisait l'ensemble des formes divines du panthéon égyptien qui vitalisait l'éggrégore de l'ordre. C'est ainsi que, par exemple, l'initié au haut grade d'Adeptus Major subissait symboliquement la mort et la résurrection d'Osiris. Mais si les rituels de l'ordre étaient teintés d'une nette coloration égyptienne, ses enseignements étaient empruntés à ceux de la qabale juive et structurés selon le schéma de l'Arbre de Vie séphirothique.

Dès le grade de Néophyte, le nouvel initié devait apprendre des rudiments d'hébreu et savoir écrire et prononcer les noms de pouvoirs énoncés dans cette langue sacrée. Bien que l'on ait accusé l'ordre de la Golden Dawn d'être néo-païen, certains éléments chrétiens apparaissent toutefois dans le rituel d'Adeptus Minor, où l'initié doit subir symboliquement la crucifixion du Christ ; encore s'agit-il d'un christianisme ésotérique dans la pure ligne de la tradition rosicrucienne du XVII° siècle.

Certains érudits ont reproché à la Golden Dawn son syncrétisme ; mais c'est là justement sa force, car cette synthèse de diverses constructions emblématiques est harmonieuse et résume parfaitement à elle seule l'histoire de la tradition occulte occidentale. La Golden Dawn a été le porte-drapeau de cette tradition occidentale et fut le premier ordre à lutter contre l'invasion des doctrines orientales importées en Europe et aux Etats-Unis par la Société Théosophique à la fin du XIX° siècle. La G.D. jugeait en effet que les doctrines, et surtout les pratiques occultes orientales étaient complètement inadaptées au monde occidental. L'ordre estimait que le bouddhisme avec son idéal de non-agir, de non-violence, de détachement et de renoncement aux biens matériels était totalement incompatible avec le mode de vie de l'occidental, tourné essentiellement vers l'action et la maîtrise du monde matériel.

L'une des grandes idées-force développée par ce qu'il convient de nommer le courant de pensée de la Golden Dawn est que la voie magique correspond particulièrement bien à la mentalité de l'occidental parce qu'elle est avant tout une voie de l'action . En effet la magie n'évite pas les problèmes matériels ou affectifs avec lesquels nous sommes tous quotidiennement confrontés : elle les aborde au contraire carrément et tente de les résoudre. Elle ne se réfugie pas dans un mysticisme déliquescent, ni dans des spéculations d'ordre métaphysique sans fin. Elle se veut au contraire en prise avec la réalité, même si pour arriver à ses fins, elle aborde la face cachée des choses. Par ailleurs la magie est également une école de volonté, de détermination et de persévérance ; en ce sens elle constitue ce que l'on a parfois appelé "la voie du guerrier" . A cet égard il est significatif que le magicien possède dans son arsenal des "armes magiques". Le mage a en effet une conception toute qabalistique du monde : il n'ignore pas l'existence de ce que les qabalistes appellent la séphirah Geburah, c'est à dire le monde de la force et de la rigueur qui est aussi la sphère du pouvoir. Comme l'a dit l'un des maîtres de la Grande Loge Blanche : « La nature est cruelle et sélective. Pour un seul adepte qui atteint la réalisation spirituelle, des millions d'âmes sont sacrifiées ». Que l'aspirant sur le chemin médite cette phrase et qu'il n'oublie pas que la vie exige la lutte ; d'ailleurs la vie se chargera de le lui rappeler, parfois cruellement et à ses dépends. Je ne voudrais pas que l'on se méprenne sur mes propos : je ne fais pas ici l'apologie de la violence, bien que l'usage de la force puisse être parfois justifié lorsqu'il s'agit de défendre son intégrité physique, de lutter pour une cause juste ou afin d'enseigner une leçon. Mais la force essentielle dont il s'agit est la force intérieure, le courage et la fermeté d'âme en face des épreuves.

Aussi que l'apprenti magicien n'oublie pas que, s'il suit la voie du guerrier, la guerre dont il s'agit sera toute spirituelle et qu'il devra lutter avant tout contre ses démons intérieurs, c'est à dire contre ses propres faiblesses et ses vices, ce que les Anciens symbolisaient, d'une manière toute allégorique, par les mauvais esprits et les entités démoniaques.

J'en arrive maintenant à l'un des concepts les plus importants qu'ait développé les initiés de l'Aube Dorée, à savoir que la magie est une voie de réalisation spirituelle . Cette affirmation pourra étonner bon nombre de personnes, le mot "magie" étant souvent inconsciemment associé à des connotations négatives, tels qu'envoûtement, sorcellerie, malfaisance, etc. Cette mauvaise réputation de la magie est largement due au clergé, et plus particulièrement à l'Église catholique qui a pendant des siècles persécuté tous les hermétistes, sous prétexte qu'ils se livraient à la magie noire et au culte de Satan. C'était en fait un bon moyen d'éliminer un courant de pensée spirituel qui pouvait se révéler un concurrent redoutable pour l'Église qui tenait avant tout à garder son pouvoir politique. Pour cela elle n'a pas hésité à utiliser tous les moyens, y compris les plus ignobles, tels que les massacres, la torture et l'Inquisition. En vérité s'il a existé des âmes possédées par Satan, c'est bien au sein de l'Inquisition qu'on peut les trouver. Si aujourd'hui l'Église a perdu son pouvoir, il n'en reste pas moins vrai que dans l'esprit de bien des gens la magie est toujours associée au diabolisme, les films d'horreur et de fantastique n'ayant pas arrangé les choses.

Pourtant en Angleterre le terme magic n'a pas du tout le même sens que chez nous et il est davantage associé à celui d'une technique rituelle bien précise. En fait on devrait plutôt parler de "voie cérémonielle" car l'essence de cette voie spirituelle très particulière qu'est la haute magie est constituée de ce que l'on nomme des rites. Or le mot "rite" provient d'une racine sanscrite signifiant : "action juste", ce qui définit très bien au fond ce que doit être la magie. Tout occultiste, digne de ce nom, sait en effet qu'une opération magique ne peut avoir lieu à n'importe quel moment : l'opérateur doit attendre le moment où le type d'action qu'il veut entreprendre soit en accord avec les forces cosmiques, c'est à dire qu'il doit calculer la date et l'heure précise où les planètes gouvernant son opération soient d'une part à leur maximum de puissance afin d'être porteuses de l'énergie requise, et d'autre part, en harmonie avec son propre thème astral de naissance. C'est dire si un magicien doit être avant tout un excellent astrologue, et plus particulièrement un spécialiste des "thèmes d'élection", une technique peu pratiquée aujourd'hui mais qui connut au Moyen-Age une grande vogue. Mais il ne lui suffira pas de calculer un thème astrologique pour que son rite soit juste : encore faudra-t-il que son action soit en conformité avec les lois du karma. S'il viole celles-ci, il peut être assuré qu'il connaîtra plus rapidement qu'il ne le croit ce que l'on nomme "le choc en retour" ; l'utilisation de la magie entraîne effectivement souvent une accélération des évènements, y compris dans le domaine du karma. L'une des seules choses que peut demander réellement un occultiste sans trop de danger est l'accroissement de la sagesse et de la compréhension, encore que même ces deux vertus ne s'acquièrent pas sans épreuves et sans souffrances.

L'aspirant sur le chemin de la magie ne devra donc pas trop s'étonner de constater que le résultat de ses opérations ira souvent apparemment en sens contraire de ses demandes ; mais qu'il se souvienne que les épreuves qu'il endurera seront à la fois un test des puissances d'en Haut et une occasion de liquider plus rapidement son karma négatif afin de parvenir à l'illumination.

Contrairement à la voie bouddhiste qui prône l'extinction des désirs comme voie de libération spirituelle, la magie offre à ses adeptes le moyen de réaliser tous leurs désirs, ce qui l'a souvent fait condamner comme "une voie de perdition de l'âme". Qu'en est-il réellement ? Tout d'abord, je voudrais souligner qu'un homme sans désir est un homme mort ; le désir est en effet le moteur de la vie et aucun homme ne peut s'accomplir vraiment sans réaliser son désir profond, ne serait-ce que celui d'atteindre l'illumination...

Par ailleurs l'apprenti-magicien sera vite confronté à un dilemme dès qu'il commencera à compulser les grimoires, qui lui offriront monts et merveilles : par quoi commencer ? Voudra-t-il d'abord obtenir la richesse, l'amour, la puissance, la vengeance, la gloire ou la sagesse ? Très souvent, il ne le saura pas très bien lui-même (car contrairement à ce que l'on imagine, très peu de gens savent exactement ce qu'ils veulent et sont suffisamment déterminés pour obtenir la réalisation de leur désir.) Bref, il ne saura plus à quel saint, ou plutôt en l'occurrence à quel démon se vouer. En d'autres termes, le débutant sera soumis à l'épreuve du choix et de la tentation. Cette étape est illustrée à merveille dans nombre de grimoires, lesquels sont toujours des textes allégoriques qu'il faut savoir déchiffrer. C'est ainsi que le mage Abramelin raconte dans sa Magie Sacrée que les esprits malins, présents bien qu'invisibles, mèneront une telle sarabande dans le mental de l'opérateur que ses idées deviendront une véritable abîme de confusion et un chaos de propositions et de réponses. Ils tenteront également de semer le doute dans son esprit et de le séduire par toute sortes d'offres plus tentantes les unes que les autres. C'est alors que pour faire cesser leur tumulte et leur "verbiage", comme le dit Abramelin, le mage devra frapper l'autel trois fois de sa baguette magique.

Tout cela est métaphorique bien entendu. Les "esprits familiers" dont il s'agit sont en fait les pensées, les doutes, les inhibitions, les complexes et les désirs contradictoires qui sont enracinés dans le psychisme de l'opérateur et que celui-ci devra extirper. C'est sans nul doute pourquoi Israël Regardie conseillait à tous ceux qui voulaient s'engager dans la voie magique de suivre une psychanalyse avant d'aborder le Grand Oeuvre. Quant à la baguette magique, elle est le symbole de la volonté du mage, mais encore faut-il savoir de quelle volonté dont il s'agit...

Il arrive en effet que certains individus possédant une forte volonté soient attirés par la magie dans le seul but d'accomplir un dessein bien particulier ou de réaliser un désir exacerbé.

Dans ce cas qu'ils méditent sur le passage suivant, extrait de l'oeuvre de Sir Françis Barrett, The Magus or the Celestial Intelligence :
Citation :

« Quels que soient tes désirs dans la poursuite de cet Art que l'on appelle la magie, il te sera répondu comme dû. Si tu poursuis la vengeance, tu dois savoir que tu attireras un démon de la vengeance, ou un esprit infernal furieux qui servira le principe de la colère de Dieu ; si tu poursuis les richesses, tu auras un esprit de la Terre ou du Feu qui te décevras avec les richesses du monde central ; si tu veux la célébrité ou la gloire, alors les esprits de l'orgueil te seront impartis. (...) Aussi choisis bien, car deux voies magiques s'ouvrent devant toi. »

Comme on peut le constater la magie est avant tout une voie de discrimination mentale . En effet avant de s'embourber dans le piège de ses désirs, le mage devra d'abord trouver quelle est sa "volonté vraie", comme le disait Aleister Crowley qui avait été à bonne école au sein de la Golden Dawn. C'est à cette fin que les adeptes de cet Ordre avaient pour devoir d'évoquer leur "saint ange gardien" afin que celui-ci puisse les guider dans le périlleux chemin de la voie magique. Avant d'affronter et de soumettre les forces du Mal (opération magique délicate et dangereuse qui était réservée au haut grade d'Adeptus Major), les initiés du grade d'Adeptus Minor devaient se mettre sous la protection de leur "génie supérieur" et obtenir la "conversation du saint ange gardien" après l'avoir évoqué au cours de cérémonies spéciales ayant pour but leur développement spirituel. C'est au cours de cette liturgie que l'adepte pouvait recevoir l'illumination et que son ange lui révélait sa volonté vraie. Mais qu'est-ce que la "volonté vraie" ? C'est celle de l'âme, la mission que celle-ci a choisi en s'incarnant dans le corps d'une personnalité ; or le désir de l'âme est souvent en opposition avec les désirs de la personnalité issus de son "corps astral" ou plus exactement de son corps émotionnel. L'âme a souvent choisi un chemin difficile, plein d'obstacles et d'épreuves, afin de se réaliser ; la personnalité, elle, est avide de jouissances et de sensations qu'elle cherche à satisfaire par tous les moyens. Encore faut-il posséder une âme, car tous les êtres humains ou d'apparence humaine n'en ont pas une ; beaucoup sont en fait des entités issues d'autres plans, soit en voie d'humanisation, soit en exil pour cause de bannissement, soit en mission. Dans ce dernier cas, les desseins que les entités en question servent peuvent être très divers, du plus maléfique au plus bénéfique. Il faut bien comprendre que ce que la magie nomme "les esprits planétaires", "les démons", "les élémentaires" ou les "anges" sont incarnés parmi nous, ou plus exactement, des êtres humains en sont les véhicules, souvent inconsciemment et parfois, bien que plus rarement, consciemment. D'une certaine manière, ces entités sont "invisibles" puisque le commun des mortels est incapable de les discerner derrière la simple apparence physique ; tout est donc une question de perception, de clairvoyance dirons certains, de conscience dirais-je pour ma part. Mais je ne puis m'étendre davantage sur cette question qui constitue l'un des véritables mystères de la magie, lequel n'a jamais encore été révélé, du moins à ma connaissance, mystère que très peu d'occultistes eux-mêmes soupçonnent. J'en traiterais plus abondamment dans un prochain ouvrage à paraître à propos des évocations magiques.

Au risque d'étonner le lecteur, je dirais que la haute magie cérémonielle a pour but essentiel de devenir un être humain véritable. En effet selon la théorie de la magie, un être humain est composé physiquement de 5 éléments, psychiquement de 7 forces planétaires, et spirituellement de 12 principes zodiacaux. J'éclairerais sans doute considérablement le chercheur en révélant que l'examen du thème astrologique permet de déceler facilement sous quelles forces particulières se trouve un individu donné et par conséquent quelles sont les énergies qu'il doit équilibrer en lui.

Par le cycle des morts et des renaissances, le corps causal ou égoïque d'une entité (seul principe permanent et immortel) se colore petit à petit des différentes énergies cosmiques et astrales que revêt une individualité lors de ses réincarnations. Toutefois ce processus est extrêmement lent. La voie de la haute magie cérémonielle permet d'accélérer considérablement ce processus puisque l'adepte apprend à connaître et à expérimenter l'ensemble de ces énergies, consciemment, en une seule incarnation. Si l'adepte arrive à intégrer et à harmoniser en lui ces différentes forces, il deviendra alors un "homme universel" et pourra être intégré dans la hiérarchie des "veilleurs" ou des "constructeurs" de l'Univers.

C'est à cette fin que l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée commençait à enseigner à ses initiés ce qu'était la "constitution occulte de l'homme", puis leur apprenait à construire ce que les anciens grecs appelaient l'Augoïdès , c'est à dire le corps de gloire. Il s'agissait en fait de se forger une âme, un corps d'immortalité ; ce processus s'accomplissait à l'aide d'une technique que les orientaux nomment le Laya-yoga ou le Kriya-yoga, c'est à dire par un travail sur les centres subtils du corps, technique que les initiés de la Golden Dawn connaissaient sous le nom de "rituel de la colonne du milieu". Le schéma employé était celui de l'Arbre de Vie séphirothique de la qabale. La stimulation des centres subtils du corps s'opérait par la visualisation, par l'intonation de certains mots de pouvoirs, par le contrôle de la respiration, et par la méditation. Ces techniques visaient essentiellement à contrôler la "sphère de sensation", c'est à dire la sphère aurique. L'étape suivante consistait à maîtriser l'art de la projection du corps d'énergie subtile, ce que l'on appelle habituellement "la projection astrale", non sans raison, puisque chez les initiés de la Golden Dawn l'aura était identifiée à la forme d'une sphère constellée d'étoiles dont la disposition correspondait à leurs thèmes astrologiques personnels. Une fois la technique de la projection astrale maîtrisée, l'adepte devait explorer les différents plans de la création. Il commençait par les plans et les sous plans correspondant aux cinq éléments : la Terre, l'Air, l'Eau, le Feu et l'Esprit. Pour cela il s'aidait de certains symboles géométriques colorés (inspirés du tantrisme et nommés tattwas ) qu'il imaginait comme autant de portes donnant accès aux divers royaumes élémentaires. II poursuivait ensuite ce travail d'exploration en continuant par les symboles planétaires, puis par les symboles zodiacaux, géomantiques, les lettres de l'alphabet hébreu et les lames du tarot.

Ces exercices de clairvoyance (que nous publierons dans le cadre de cette collection) se déroulaient habituellement à partir du grade de Philosophus (dernier grade de l'Ordre Extérieur). La pratique de la magie cérémonielle en tant que telle ne commençait réellement qu'au grade d'Adeptus Minor, premier grade de l'ordre intérieur.

Etant donné que je ferais souvent référence aux divers grades pratiqués au sein de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée dans ce livre, il n'est pas inutile de récapituler ici brièvement la structure de cette hiérarchie ; celle-ci était organisée selon le schéma de l'Arbre de Vie qabalistique, chaque grade correspondant à une séphirah précise. L'ordre était de plus subdivisé en trois sous-ordres de plus en plus secret. L'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée ( The Golden Dawn ) en tant que tel n'était en fait que le nom de l'ordre extérieur, encore appelé "Premier Ordre". L'ordre intérieur, le "Deuxième Ordre", s'appelait Ordo Rosae Rubeae et Aurea Crucis et comme son nom l'indique, il était l'une des branches de la Rose+Croix. Quant au "Troisième Ordre", il se situait sur le plan astral et était constitué des "chefs secrets" de l'ordre, c'est à dire d'adeptes pleinement réalisés, véritables maîtres invisibles dont on ne savait rien. Son nom même était inconnu. Toutefois certaines branches ultérieures de la Golden Dawn prétendirent en être les émanations directes. D'après les révélations que Mathers aurait fait à Aleister Crowley, le nom secret du troisième ordre aurait été l' Astrum Argenteum , nom que reprit ensuite Crowley pour fonder son propre ordre initiatique. Selon d'autres sources, notamment celles du Dr Felkin, le nom véritable aurait été celui de Stella Matutina , nom qu'il aurait également repris pour fonder l'une des branches qui succéda à la Golden Dawn. Lors du fameux schisme de 1903 Mathers lui-même avait nommé son propre ordre l'Alpha Omega , peut-être en référence au nom du troisième ordre. D'autres enfin prétendaient que celui-ci portait le nom d'Aurora Aureae . Toujours est-il que l'Ordre se subdivisait selon les grades correspondant respectivement aux séphiroth, aux éléments et aux planètes indiquées dans le tableau suivant :


ORDRE HERMÉTIQUE DE L'AUBE DORÉE
Ordre extérieur

- Néophyte (0) = [0] grade d'introduction
- Zelator (1) = [10] Malkuth / Terre / Terre
- Théoricus (2) = [9] Yesod / Air / Lune
- Pratictus (3) = [8] Hod / Eau / Mercure
- Philosophus (4) = [7] Netzach / Feu / Vénus

ORDRE DE LA ROSE ROUGE ET DE LA CROIX D'OR
Ordre intérieur

- Seigneur du Portail
de la Voûte des Adeptes grade d'introduction
Paroketh / 4 éléments
- Adeptus Minor (5) = [6] Tiphareth / Air / Soleil
- Adeptus Major (6) = [5] Geburah / Feu / Mars
- Adeptus Exemptus (7) = [4] Chesed / Eau / Jupiter

TROISIEME ORDRE DES CHEFS SECRETS
- Seigneur de l'Abîme grade d'introduction (Daath)
- Magister Templi (8) = [3] Binah / Eau / Saturne
- Magus (9) = [2] Chokmah / Feu / Zodiaque
- Ipssissimus (10) = [1] Kether / Air / Primum Mobile


Selon les règles en vigueur au sein de l'Ordre nul ne pouvait passer à un grade supérieur sans avoir passé un examen oral et écrit testant les connaissances théoriques et pratiques que l'initié devait avoir acquis pour ce grade. Le cursus des cours de l'ordre extérieur était essentiellement consacré à la mémorisation des symboles et des hiérarchies spirituelles. Dès le grade de Néophyte, l'initié devait apprendre des rudiments d'hébreu (ce qui disqualifiait environ un tiers des postulants selon les statistiques de l'Ordre).

Les initiés de l'ordre extérieur devaient également avoir acquis les bases de l'astrologie, de la géomancie, de l'alchimie, du tarot et de la qabale et devaient faire preuve de leur maîtrise pratique dans ces domaines lors de "l'examen pentagonal" qui précédait leur entrée éventuelle au sein de l'ordre intérieur. Un tiers des Néophytes arrivait à ce stade seulement.

L'une des premières tâches que devait accomplir le nouvel Adeptus Minor était de mémoriser à la perfection les rituels mineurs, majeurs et suprêmes du pentagramme et de l'hexagramme, aussi bien dans leurs formes de bannissement que d'invocation. Les rituels du pentagramme ont pour objet essentiel de maîtriser les forces des quatre éléments ainsi que celles de leur quintessence, appelée l'Esprit. Les membres de l'ordre extérieur avaient déjà été mis en contact avec les forces des quatre éléments au cours de leurs rituels d'initiations, ainsi qu'avec celle de la quintessence spirituelle au cours de la cérémonie du grade de Seigneur du Portail. A partir de ce grade, ils devaient s'efforcer d'entrer en communication conscience avec ces forces élémentaires par le moyen de la projection astrale et de la clairvoyance, puis d'équilibrer ces mêmes forces dans leur aura. Ce n'est qu'au grade d'Adeptus Minor qu'ils pouvaient commencer à commander réellement aux forces élémentaires et à utiliser leurs pouvoirs. Pour cela ils devaient construire eux-mêmes leurs armes magiques.

Étant donné que ce livre est essentiellement consacré aux rituels de consécration des armes magiques, il est important de souligner que celles-ci sont avant tout symboliques . Comme le disait Israël Regardie dans l'un de ses ouvrages, les armes magiques en elles-mêmes ne possèdent aucun pouvoir intrinsèque ; ce ne sont que de simples objets rituels qui représentent extérieurement certaines vertus que doit acquérir intérieurement l'apprenti-magicien. Beaucoup de débutants commettent l'erreur de penser qu'après une simple consécration rituelle leurs armes magiques seront chargées de pouvoir et qu'ils pourront opérer des merveilles avec. Dans la réalité, c'est toute une autre affaire. Une anecdote tirée des annales de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée illustre très bien les difficultés de cette opération : lorsque Frater De Profondis Ad Lucem présenta ses armes magiques qu'il venait de consacrer à Frater Deo Duce Comite Ferro , celui-ci, après les avoir examinées par clairvoyance, lui révéla que ses armes n'étaient chargées d'aucun pouvoir magique et lui ordonna de recommencer les rituels. F. L. Gardner fut étonné de la justesse du diagnostic de son maître car il s'était bien gardé de lui dire qu'il avait procédé aux cérémonies de consécration assez hâtivement.

Dans la pratique, il ne faudra donc pas hésiter à recommencer plusieurs fois de suite le même rituel de consécration. Il est en effet nécessaire que d'une part l'opérateur puisse répéter ce rituel afin de le maîtriser dans tous ses détails, et d'autre part qu'il puisse contacter réellement la sphère de pouvoir correspondante afin que son arme puisse être "chargée". En d'autres termes, il doit créer un lien entre son subconscient et les forces archétypiques symbolisées par l'arme magique en question.

A. C. Highfield aborde ce processus avec beaucoup de clarté dans son livre The symbolic Weapons of Ritual magic :
Citation :

« Il doit être clair que le simple fait de construire ou d'acheter une épée, une dague, une coupe ou une baguette et d'accomplir par dessus un rituel à moitié compris ne rendront pas ces objets instantanément "magiques". Une arme magique véritable est conçue sur les plans intérieurs et si on lui donne une naissance physique sur le plan de Malkuth (c'est à dire sur le plan matériel) c'est plus à des fins de commodité pour le magicien que pour d'autres raisons. Une épée, une baguette, une coupe, une dague ou un pentacle physique n'ont aucun effet que ce soit sur les plans intérieurs à moins qu'ils n'aient une existence indépendante aux niveaux où ils doivent opérer. Il est possible de créer une arme en Malkuth et d'en construire une réplique sur les plans intérieurs qui soit une réalité, mais l'évolution habituelle d'une arme magique authentique part des plans intérieurs pour aboutir à la manifestation physique, plutôt que le contraire. C'est pourquoi le fait de copier simplement les armes décrites dans ce livre s'avérera inopérant à moins que vous ne soyez capable de construire les liens intérieurs requis et de recevoir des indications provenant de votre propre plan intérieur au sujet de la nature et de la fonction exacte de ces armes. Car deux armes magiques semblables ne sont jamais exactement les mêmes ; chacune d'entre elles possède ce que l'on pourrait appeler une personnalité indépendante, à défaut d'autre mot. Certaines armes magiques particulièrement puissantes peuvent même avoir un gardien indépendant sur le plan intérieur qui leur sont attachées et dont le service est de protéger et de veiller à ce que l'arme en question soit correctement utilisée. Toute tentative de pervertir l'usage de cette arme provoquerait l'activation de ce gardien et entraînerait des résultats terribles pour la personne assez folle pour avoir tenté d'interférer avec son but divin. »


Afin d'illustrer la façon correcte de contacter ces plans intérieurs psychiques qui vitaliseront réellement toute arme magique digne de ce nom, je donne ci-dessous un extrait du compte-rendu de Soror Merilee Forestal du temple Ra-Horakhty de Santa Monica en Californie :
Citation :

« L'une de mes faiblesses personnelles est le manque d'agressivité et d'affirmation. Aussi, Laura Jennings, l'un des chefs du temple Ra-Horakhty et maître d'une des classes d'initiés de la Golden Dawn, m'assigna le devoir d'invoquer Mars. Je devais donc conjurer en moi la sphère de Geburah.
Au commencement, l'inspiration ne venait pas. Afin de m'aider, Laura me suggéra d'utiliser l'épée du temple et de méditer sur elle chaque nuit tout en récitant l'invocation suivante :
"Salut à toi, Mars, gouverneur du pourpre environnement de Geburah où seule l'intrépidité peut se tenir... Surgis des profondeurs de braise et brandis ton puissant glaive à la lame étincelante afin d'y empaler sans pitié tous les doutes et les sentiments d'insécurité. Je me tiens devant toi et je veux ton pouvoir, ton énergie et ton courage afin de chasser toute faiblesse et tout faux désir, afin de me rendre courageuse et brave. Que ta force puisse se fondre en moi ; viens-en moi, glorieux Mars ; marche avec moi au travers des feux de mon conflit intérieur. libère les énergies qui se trouvent en moi ; enflamme-moi de passion et de chaleur afin que mon corps tout entier puisse rayonner. Ô Geburah, combien je te désire ! Brûle en moi avec tes yeux de feu, brûle dans mon coeur, brûle dans mon âme, brûle dans mon sein. Comme les flammèches qui jaillissent étincelantes d'un feu ardent, je sortirais de ton bûcher flamboyant plus agressive. Mon énergie est chaleur ; tu brûles doucement en moi et je suis ivre de ta sévérité. Je suis le Feu ! Je suis le Feu ! "
Pendant deux semaines je méditais donc chaque nuit, sans que rien ne se passe. Puis un soir, quelque chose arriva et je réussis à m'accorder avec les énergies de Mars. Les changements physiologiques furent remarquables. J'étais en effet incapable de dormir. L'énergie déferlait dans mon corps, le purifiant et le transformant. Je devenais le Feu. Cette invocation changea ma perception de la vie. Je suis devenue maintenant beaucoup plus directe avec les gens. De plus, l'énergie de Mars m'est toujours disponible quand la nécessité s'en fait sentir. Par exemple, je peux chasser toute forme de faiblesse ou d'indécision à tout moment. L'un des autres bénéfices de cette invocation est que je dispose maintenant d'une véritable source de créativité qui ne demande qu'à être employée. »


Lors de la consécration des armes magiques, il est donc très important de s'accorder un moment de méditation afin de comprendre pleinement leurs portées symboliques.

On sait par exemple que la fonction d'une épée est double : elle peut être à la fois une arme de défense et d'attaque ; souvent elle possède une lame à double tranchant. C'est donc une arme qui peut avoir deux aspects : l'un négatif, l'autre positif, de même que les forces martiennes de Geburah peuvent être employées dans un but positif de protection, comme dans un but négatif de vengeance ou d'attaque psychique. En magie cérémonielle, l'épée rituelle a pour rôle essentiel de repousser les "mauvais esprits" ; par cette expression métaphorique il faut comprendre que l'épée magique est en fait le symbole de la discrimination mentale et de la volonté de l'adepte qui lui permettra de vaincre ses propres faiblesses ou vices. L'épée est donc le symbole du courage nécessaire pour affronter le "dragon intérieur". Par ailleurs, on sait que la lame d'une épée doit être forgée et trempée pour pouvoir résister aux chocs, tout comme le mage doit apprendre à se forger une volonté invincible au travers des épreuves qui tremperont son caractère... Or le métal d'une épée ne peut être forgé qu'à l'aide du Feu, principe de l'énergie vitale.

On oublie trop souvent que Geburah, dont la planète Mars est la manifestation cosmique extérieure, est avant tout la sphère de la vitalité ; c'est la raison pour laquelle cette séphirah joue un grand rôle dans les opérations de guérison ou de maintien de la santé. Mars doit être considéré comme le moteur de la vie et le producteur de l'énergie vitale, à l'image d'une centrale électrique qui fournit le courant nécessaire. C'est également la sphère de l'activité, puisque lorsque nous avons un trop plein d'énergie la nature nous pousse à le dépenser. Cette dépense peut être physique et se manifester dans des activités variées tels que le sport, la sexualité ou le travail, activités essentielles à notre bien-être physique. La dépense d'énergie peut être aussi psychique et contribuer ainsi à notre enrichissement tant matériel que culturel. Le rôle de Mars est donc essentiel à la vie et nous recommandons son invocation à tous ceux qui seraient sous une dominante planétaire trop passive de la Lune ou de Jupiter afin de rééquilibrer leur vie. Malheureusement sa fonction bénéfique a été détournée ; la sphère de Mars ou de Geburah a été trop souvent associée dans des grimoires de bas étage à la magie noire et à ses fins destructrices. Il faut bien comprendre conscience que la guerre, la violence, la haine, qui caractérisent hélas tant notre monde moderne, ne sont pas des fonctions de Geburah, mais celles de sa Qliphah, sa contre sphère démoniaque.

Si l'épée magique est le symbole de la discrimination mentale que doit exercer le mage, la baguette magique, elle, est le symbole de sa volonté, illuminée par sa connaissance occulte. La tige de la baguette est droite et unie afin d'illustrer un principe occulte fort important en magie : la concentration et l'unité d'esprit. Le mental du mage doit être en effet aussi concentré et cohérent que le rayon d'un laser. Si son esprit est la proie des doutes et déchiré entre des désirs contradictoires, il ne pourra jamais mettre en action sa volonté et réaliser ses desseins. La magie est avant tout l'art de construire des formes-pensées et pour que celles-ci puissent se concrétiser dans le monde, la matière, il faut qu'elles soient particulièrement puissantes et cohérentes. Une volonté affaiblie par le doute ne pourra jamais triompher des évènements et de la fatalité. C'est pourquoi le magicien tient d'une main son épée afin d'écarter les démons du doute et de l'autre main sa baguette afin d'affirmer son but. Mais encore faut-il que celui-ci soit éclairé par la compréhension des lois occultes. Il doit donc faire appel aux forces de la séphirah Chesed, correspondantes à la sphère de Jupiter, pour pouvoir régner sur les "esprits" et être le maître de son royaume psychique. La baguette magique a effectivement une certaine analogie avec le sceptre ou la main de justice, emblèmes du roi. Or le sceptre est le symbole de la loi et de la justice. Le mage doit donc connaître et respecter la loi cosmique s'il désire régner sur les forces universelles. Au sein de l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée, la baguette magique était l'image d'un rayon de lumière décomposé par un prisme et dont les couleurs vibraient entre la lumière et les ténèbres. Cet emblème faisait donc allusion aux différents plans vibratoires de l'univers, ainsi qu'à une technique occulte très secrète, celle des "rayons", qu'utilisaient les membres avancés de l'Ordre. Je ne puis m'étendre ici sur la technique des rayons qui fera l'objet d'une autre publication.

Ajoutons enfin que la baguette magique utilisée par les adeptes de la G.D. était couronnée d'une fleur de lotus, symbole des chakras en Orient et en Egypte, et plus particulièrement du sahashra chakra , centre subtil coronal situé au-dessus de la tête que les adeptes de la Golden Dawn identifiaient avec la séphirah Kether (mot hébreu signifiant "la couronne"). La baguette magique "lotus" était donc l'emblème du processus même de l'Illumination, celui de la montée des énergies de la colonne vertébrale s'épanouissant jusqu'au centre de Kether. [/citation]


Edité le 23-03-2011 à 19:40:50 par Abraxas



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(suite obligé de couper)

Le lamen de la Rose+Croix, que portaient tous les adeptes de l'ordre intérieur sur leurs poitrines, constituait la troisième des armes magiques majeures avec l'épée et la baguette. Traditionnellement le lamen, ou pentacle, a pour but de protéger le mage contre les forces du Mal. Il est en fait le symbole de son idéal spirituel, de ce qu'il aspire à devenir. Le lamen de la Rose+Croix rappelait aux membres de l'ordre intérieur leur initiation d'Adeptus Minor où ils avaient subi symboliquement la crucifixion du Christ ; celle-ci signifiait pour eux l'entrée dans un nouvel état de conscience. Par l'acceptation des liens du sacrifice, ils abandonnaient le "vieil homme" en eux pour se consacrer désormais entièrement à la poursuite du grand-œuvre alchimique. D'autre part, le symbole de la Rose+Croix était considéré par les adeptes de la Golden Dawn comme une puissante protection psychique émanant de l'égrégore même de l'ordre, adombré par les Maîtres secrets du troisième ordre.

Après les trois armes magiques majeures, venaient les quatre armes magiques mineures élémentaires : la baguette du Feu, la coupe de l'Eau, la dague de l'Air et le pentacle de la Terre.

La baguette magique élémentaire du Feu participe beaucoup au symbolisme de l'épée et ses fonctions sont presque identiques ; d'ailleurs dans le système de la Golden Dawn, le sud est non seulement attribué à l'élément Feu mais aussi à l'archange Michaël, qui est souvent armé du glaive flamboyant afin de soumettre le démon, lequel est voué à la fin des temps à la géhenne du feu infernal. La baguette du Feu possède toutefois une connotation plus mystique que l'épée ; si celle-ci est le symbole de la lutte contre les forces du Mal, la baguette du Feu est le symbole de l'étincelle spirituelle toujours présente en nous. Car le "feu" dont il s'agit est sacré ; c'est celui de la foi et de l'enthousiasme qui doivent toujours nous soutenir dans notre combat contre les forces des ténèbres. On sait que dans les temps antiques le feu ne devait pas s'éteindre et qu'un collège de prêtresses, les vestales, étaient spécialement chargées de l'entretenir perpétuellement. De même l'adepte doit veiller à nourrir son feu intérieur par des nourritures spirituelles... Le feu était considéré comme d'essence divine, plus particulièrement le feu céleste, celui de la foudre, attribut de IOVIS DIIS PATER (Jupiter). Le feu, source de chaleur et de lumière, était donc considéré comme un don du ciel et aussi comme un symbole d'illumination intérieur.

Le feu céleste est d'origine électrique : aussi la baguette du Feu, telle que la construisait les adeptes de la Golden Dawn, était-elle munie d'une tige aimantée, symbole de l'attraction magnétique des forces de la lumière que l'opérateur doit réaliser en soi s'il veut atteindre le grand-oeuvre. D'une certaine manière la baguette du Feu est en analogie avec la torche portée dans les mystères d'Eleusis et de Mithra qui symbolisait la lumière de la connaissance occulte éclairant le chemin de l'initié dans sa quête.

La coupe de l'Eau était l'emblème de la purification des émotions et de la maîtrise des passions que devait entreprendre l'adepte. On connaît le pouvoir purificateur et régénérateur de l'eau sur le plan physique. L'eau est le dissolvant universel par excellence qui permet de se laver de toute impureté ; aussi par analogie est-elle devenue le symbole de la purification de l'âme. En tant que réceptacle, la coupe est également le symbole de l'inspiration divine et résume à elle seule le processus de la méditation : en faisant le vide et le silence en lui-même et en s'efforçant au calme intérieur, l'initié peut alors s'ouvrir aux influences des forces supérieures et imprégner son mental de ces hautes vibrations qui l'amèneront au bout du compte à la transparence et à la clarté tant désirées.

La dague de l'Air possède des attributs très semblables à ceux de l'épée : elle est aussi le symbole de la discrimination mentale ; mais alors que l'épée ne s'emploie que lors des grandes opérations comme arme de bannissement et de protection contre les forces négatives, la dague ne s'emploie que dans les opérations où les élémentaires de l'Air, les sylphes, sont concernés. L'Air est en affinité avec le plan mental et intellectuel ; car l'air est subtil, mouvant et pénètre toutes choses tout comme la pensée peut le faire. Ne dit-on pas d'un esprit qu'il est pénétrant ou aigüe, à l'image même de la lame d'une dague ? L'attribution de la Golden Dawn de la dague à l'élément Air a été très contestée par certains occultistes contemporains qui jugent que la dague est plutôt en affinité avec le Feu (son métal étant forgé par le feu) et que la baguette dépend de l'Air. Je ferais remarquer toutefois que dans le système de la Golden Dawn aucune arme mineure n'est sous la domination exclusive d'un élément en particulier ; il s'agit plutôt d'une note fondamentale avec laquelle l'arme est en résonance. Mais lors de la consécration de ces armes, il ne faut pas oublier que les quatre sous-éléments sont invoqués en tant que principes psychiques.

Le pentacle de la Terre est plutôt une arme défensive et de protection. Il a pour but d'être une force d'interposition entre l'opérateur et les forces hostiles et de protéger son intégrité physique. La fonction principale du pentacle est donc d'être un bouclier psychique, arme symbolique de l'archange de la Terre, Uriel (Les adeptes de la Golden Dawn connaissaient certaines techniques occultes de protection psychique très efficaces et apprenaient notamment à construire dans leur aura un bouclier astral frappé du sceau du pentagramme et de l'hexagramme, signes souvent gravés sur le pentacle). Le pentacle se trouve placé sous la domination de la séphirah Malkuth et de la Terre qui est le plus lourd et le plus dense des quatre éléments.

Beaucoup d'occultistes s'enlisent trop souvent dans le monde psychique en négligeant de se consacrer à leurs affaires et à leurs devoirs matériels. Beaucoup d'étudiants de l'occulte ont une fausse conception de l'argent qu'ils méprisent souvent au profit du monde spirituel. S'ils prennent la peine de méditer sur le pentacle de la Terre, ils découvriront que celui-ci a pour fonction principale de concrétiser les forces divines dans la matière. Le pentacle s'emploie donc dans les opérations magiques qui ont pour but de produire un effet matériel désiré. L'apprenti-magicien ne doit pas toutefois commettre l'erreur de penser que la réalisation de son désir se fera tout seul, sans peine ni travail, sous le prétexte qu'il a fait une invocation des forces de la Terre. Ces dernières sont représentées allégoriquement par les gnomes, les travailleurs du monde souterrain, souvent décrits comme des lutins laborieux qui peinent au fond des mines pour arracher à la Terre ses précieux minéraux. C'est pourquoi le magicien, s'il veut se concilier les forces de la Terre, devra imiter le comportement des gnomes et soutenir son désir par une attitude active. S'il désire par exemple trouver du travail, il devra d'abord entreprendre toutes les démarches habituelles, écrire des lettres, répondre aux annonces, solliciter des entretiens, etc, tout en répétant régulièrement les rites d'invocation de la Terre et en visualisant avec confiance l'aboutissement de ses demandes.

Qu'il me soit permit de donner ici un conseil aux débutants : qu'ils évitent donc les "grandes opérations magiques" et les cérémonies d'évocation trop longues et compliquées ; celles-ci donnent souvent peu de résultats. Il est inutile de perdre son temps et son argent pour rassembler le matériel souvent coûteux et difficile à trouver qu'exigent ce genre d'opérations. L'expérience montre que les cérémonies simples et courtes (ne dépassant pas une heure) sont beaucoup plus efficaces, à condition que celles-ci soient répétées régulièrement. On ne défonce pas un mur avec un seul coup de marteau : des coups répétés sont nécessaires pour cela. L'une des qualités les plus essentielles en magie est la persévérance ; celle-ci finit toujours par être récompensée. C'est pourquoi l'une des pratiques les plus efficaces que je connaisse en magie personnelle est le système de la "septaine", particulièrement bien adapté à l'invocation des sept forces planétaires : on devra tout d'abord sélectionner la force planétaire qui est en correspondance avec sa demande. Je rappelle que suivant la tradition ces correspondances sont les suivantes :

SATURNE (ange : CASSIEL. Jour : SAMEDI)
Gouverne les transactions et constructions immobilières. Propriétés terriennes. Agriculture. Testaments. Héritages. Stabilité matérielle. Plans à longue échéance. Règlement de ses dettes. Travaux scientifiques et mathématiques. Gouverne les historiens, les comptables, les antiquaires, le karma.
JUPITER (ange : SACHIEL. Jour : JEUDI)
Abondance. Prospérité. Croissance. Toute questions financières. Banquiers. Prêts. Crédits. Gains au jeu ou à la bourse. Toutes affaires politiques, religieuses, légales. Avocats, magistrats, Juges. Hommes d'affaires. Enseignants. Professeurs. Médecins. Notoriété. Célébrité. Aisance. Confort. Position sociale.
MARS (ange : SAMAEL. Jour : MARDI)
Énergie. Santé. Vitalité. Courage. Volonté. Gouverne les chirurgiens, les militaires, les sportifs, les bouchers, les mécaniciens, l'industrie, les travaux manuels. Protège des ennemis, de la mort, des violences et des blessures.
SOLEIL (ange : MICHAEL. Jour : DIMANCHE)
Pouvoir. Succès. Ambition. Gloire. Renommée. Gouverne les rois, les présidents, les officiels, les patrons, les musiciens. Richesse. Faste. Illumination. Prophétie.
VENUS (ange : ANAEL. Jour : VENDREDI)
Gouverne les affaires mondaines, les affections, l'amour, les femmes, le mariage, les plaisirs, la sensualité, la beauté, le luxe, les arts, la musique, le théâtre, l'orfèvrerie.
MERCURE (ange : RAPHAEL. Jour : MERCREDI)
Gouverne le commerce, les achats, les ventes, les négociations, les contrats, l'écriture, les écrivains, la littérature, les libraires, les livres, les documentalistes, la communication, l'informatique, les journalistes, la presse, la télévision, les courts déplacements, les moyens de transport, la dextérité manuelle, la médecine.
LUNE (ange : GABRIEL. Jour : LUNDI)
Gouverne les femmes, la conception, la maternité, les enfants, les nurses, les affaires domestiques, le foyer, les biens mobiliers, les voyages au-delà des mers, les affaires maritimes, la foule, le public, la clientèle, l'imagination, la voyance.

Après avoir choisi la planète qui gouverne la demande, on commencera la septaine le jour correspondant à la dite planète. On commencera par les rituels de bannissement mineur du pentagramme et de l'hexagramme afin de purifier l'endroit où l'on opérera. Puis on effectuera le rituel majeur d'invocation de l'hexagramme de la planète en question. Après quoi, on appellera l'ange de la planète et on formulera sa demande, laquelle doit être écrite de façon extrêmement précise ; on doit toujours stipuler dans sa supplique qu'aucun tort ne doit être apporté à autrui ou pour soi-même dans la réalisation de son désir. Il est d'usage de brûler un cierge de la couleur correspondante à l'ange planétaire pendant toute la durée du rituel. On recommencera le rituel d'invocation de l'hexagramme planétaire pendant sept jours consécutifs. Lorsque l'on reviendra au jour correspondant à l'ange planétaire, on brûlera la demande écrite à la flamme du cierge que l'on laissera se consumer complètement. Puis on renverra les forces invoquées en demandant à l'ange en question d'accomplir sa mission.
^
C'est alors que l'on pourra seulement procéder au rituel majeur de bannissement de l'hexagramme, puis à celui du pentagramme afin de libérer les forces ainsi accumulées pendant la semaine. Les effets de ce rituel peuvent être très rapides, à condition toutefois de le commencer lors de la lune montante et de le terminer peu de temps avant la pleine lune.

Nous recommandons au débutant d'avoir parfaitement maîtrisé les rituels de base du pentagramme et de l'hexagramme et d'avoir consacré ses armes magiques avant de se livrer à ce type de rituel.

VALE SUB UMBRA ALARUM TUARUM YOD HE VAU HE !
FRATER LVX AVRORAE (6) = [5]



Voili-voilou, je ferais certainement des commentaires et je rajouterais d'autres citations/textes interessant soit d'ici peu soit dans 5 ans ;-)

Grüssi

Abra



Edité le 23-03-2011 à 19:42:23 par Abraxas




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