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 La vengeance

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Solomon Kane
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Solomon Kane
   Posté le 29-06-2007 à 10:53:11   Voir le profil de Solomon Kane (Offline)   Répondre à ce message   http://perso.wanadoo.fr/chemins-du-reve   Envoyer un message privé à Solomon Kane   

"La vengeance est un plat qui se mange froid". Tout le monde connaît cette expression. Oui mais le plat en question est-il digeste ? La vengeance peut-elle se justifier ? La notion de "Bien" peut-elle être associée à elle ? En clair la vengeance est-elle aussi répréhensible que ça quand elle trouve sa source dans une volonté d'abattre le "Mal" ? Oui je sais ce que vous allez me dire : le Bien et le Mal ne sont que des données relatives et subjectives qui ont autant besoin l'une que l'autre pour exister. On a besoin du Mal pour éprouver le Bien, etc... Je le sais, je l'ai écrit dans ce forum. Pourtant je ne pense pas me faire une trop mauvaise idée de ce qui est mal et de ce qui est bien. Essayons de démêler cela ensemble.

Primo je ne crée pas ce topic dans le but de me venger de quoi que ce soit, bien que je ne sois pas loin de partir en guerre. Mais ce dernier point n'a rien à voir avec le présent message. Non, si je vous parle de cela c'est que j'ai vu un film hier soir, excellent, qui s'appelle Man on Fire. C'est de Tony Scott, le frère de Ridley, avec Denzel Washington. L'histoire est très simple : un ancien assassin qui a perdu goût à la vie se sent à nouveau exister en jouant les gardes du corps pour une petite fille. Quand celle-ci se fait enlever puis tuer, il décide d'en faire payer le prix à chacune des personnes impliquées, quoiqu'il lui en coûte. Je précise que l'action du film se déroule dans un pays d'Amérique du Sud où la corruption est reine.

J'ai trouvé ce film particulièrement émouvant et intense. La détermination du héros pour venger la mort de cette gamine qui a redonné un sens à sa vie est poignante. Et justifiée à mes yeux. La question que je me pose c'est : sous prétexte qu'on dit de ne pas répondre à la violence par la violence, devait-il se contenter de fermer les yeux sur ce drame, ne rien faire et constater que, de toute façon, personne ne ferait rien. La fille serait morte pour rien. Et d'autres enfants subiraient le même sort (car le pitch du film parle aussi de ces enlèvements très fréquents devenus presque une banalité). L'impunité de ces réseaux de banditisme, de ces filières de flics pourris et de personnalités véreuses est à vomir. On peut affirmer que le mal et le bien sont liés mais jusqu'à quel point peut-on tolérer le mal ? N'y a-t-il pas des maux qu'on ne devrait pas éradiquer ? On peut imaginer un renouveau, dans le futur, de la conscience terrestre basée sur l'amour et la paix. Mais comment amener ces gens dévorés par le mal à cette nouvelle conscience ? L'un de vous a-t-il la certitude d'être en mesure d'amener ce genre de personne à un changement d'attitude ? Ou simplement en a-t-il la volonté ?

Il y a certes des actes humains qui existent pour nous faire prendre conscience de leur gravité et nous encourager à suivre une direction opposée. Cependant certains de ces actes ne sauraient être pardonnés, ni excusés. La vie est une chose sacrée et celui qui décide de la voler doit en payer le prix, plus particulièrement lorsque c'est celle d'un enfant. Aussi ai-je trouvé la quête de Denzel Washington dans ce film épique et saisissante. L'implacable froideur et la violence qu'il emploie pour répliquer est tout simplement incroyable. Il est devenu le bras armé d'une cause juste.

Là je vais peut être choquer pas mal de gens mais je suis d'avis qu'il y a dans ce monde des cas désespérés. Il y a des êtres tellement enracinés dans le mal, dont le coeur est si noir, que leurs chances de retrouver la lumière est quasi inexistante. Je n'ai pas dit totalement. Je crois qu'il faut leur donner une chance, une possibilité de retrouver le bon chemin. Mais pas deux. Il arrive un moment où il faut considérer l'échec. Pour que le monde change, il devra se purger. Et ne me dites pas que vous n'en avez pas conscience. Nous sommes trop nombreux à la surface de cette planète. Peut-être est-ce la terre elle même qui prendra la décision de se débarrasser un jour de ce trop-plein. D'ici là posez-vous la question : est-ce si mal que ça pour un individu de rendre justice soi-même ? Il y a bien sûr un prix à payer à cela. On ne sort pas indemne de ceci. Mais combien de vies épargnées pour une vie perdue ?

Tueurs en série, pédophiles, violeurs, terroristes, braconniers... et pire encore : multinationales (les assassins du silence)... Le monde est rempli de ces fléaux. Qui a envie d'un monde avec ceux-là ? Honnêtement qui ?

Dav


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"On n'est pas le meilleur parce qu'on le croit, mais parce qu'on le sait."
Sol
Membre du conseil
Sol
   Posté le 29-06-2007 à 18:46:12   Voir le profil de Sol (Offline)   Répondre à ce message   http://svetlina.over-blog.com/   Envoyer un message privé à Sol   

Salut Solomon,

J'ai longtemps cru qu'il fallait rejeter la violence sous toutes ses formes, qu'il ne fallait jamais répondre au mal par le mal. Aujourd'hui j'ai beaucoup changé sur ce point. Face à une personne dont on sait pertinemment qu'elle contribue au déséquilibre général, je pense qu'il faut agir concrètement. Pour prendre un cas extrême : le nazisme. Face à l'armée nazie dans les années quarante, il est évident qu'il ne fallait pas rester les bas croisés, et que la seule solution était de répondre aussi brutalement que l'attaque. Bien sûr, on a vu des pays où la non-violence a fonctionné, comme en Inde. Mais si ça a fonctionné, c'est parce que les conditions s'y prêtaient. En Bosnie c'est le contraire qui s'est passé. Pendant trois ans, l'ONU a essayé de régler le conflit par des traités, des "dialogues" et des discussions à n'en plus finir. Trois ans pendant lesquels les nationalistes serbes ont massacré et exterminé des dizaines de milliers de Bosniaques. Le jour où l'OTAN est venu bombarder les positions serbes, tout a été réglé en quinze jours et les Serbes sont rentrés chez eux. Quinze jours, alors qu'ils tergiversaient depuis trois ans. Combien de vies auraient pu être épargnées si la force armée avait été employée dès le début ? Des dizainnes de milliers.

On pense tous à la parole de Jésus : "Si on te frappe sur une joue, tends l'autre joue". Mais je crois qu'ici, Jésus voulait surtout dire que face à une attaque, il faut savoir montrer l'autre côté de soi-même. N'oublions pas qu'à d'autres moments, Jésus a déclaré être venu venu annoncer non pas la paix mais la guerre (la guerre contre le mal bien sûr), et n'oublions pas non plus qu'il s'est mis fortement colère pour expulser les marchands du temple (on devine bien sûr que chez Jésus, cette colère était simplement simulée et qu'au fond de lui il était parfaitement calme).

Après bien sûr, pour celui qui souhaite progresser très rapidement, la non-action peut-être une bonne solution. Les Sanyasins, en Inde, ont pour règle absolue de ne jamais répondre à une attaque. Si on vole leur manteau, ils regardent sans intervenir. Si on pointe une arme sur eux, ils attendent le coup de feu. C'est une façon d'évoluer très rapide et très efficace, mais avant d'en arriver là il y a des étapes préliminaires, et on peut être disciple sans être un sanyasin.

Par contre, je ne te suis pas sur certains points, notamment :
Solomon a écrit :

Je suis d'avis qu'il y a dans ce monde des cas désespérés. Il y a des êtres tellement enracinés dans le mal, dont le coeur est si noir, que leurs chances de retrouver la lumière est quasi inexistante.


Il n'y a rien de pire que de dire à quelqu'un "tu es irrécuperrable", de dire à un jeune "on ne fera jamais rien de toi", ou bien tout simplement "tu n'es bon à rien". C'est quelque chose d'horrible, de s'entendre dire que quoiqu'on fasse, de toutes façons, c'est perdu d'avance. Et c'est justement parce qu'on répète souvent cela aux jeunes, qu'ils finissent par devenir bel et bien des cas despérés. C'est peut-être utopiste, mais je suis sûre qu'il n'y a pas de cas perdu. Les hommes ont besoin d'amour, de reconnaissance. Besoin de se sentir exister. Et c'est parfois beaucoup plus simple qu'on ne le croit. Les gens croient souvent que le seul moyen de contribuer au bien de l'humanité est de partir au bout du monde pour aider ceux qui meurent de faim. C'est très bien, oui, mais on peut réaliser des merveilles tout en restant dans notre bonne vieille société occidentale (qui ne manque pas non plus de pauvres et de laissers-pour-compte). Quand quelqu'un est très mal dans sa peau, parfois, un tout petit peu de considération pour ce qu'il est peut suffire à améliorer son état. Dire à un jeune délinquant : "Tu as des qualités, nous allons les travailler", c'est déjà fabuleux. Bien sûr il ne suffit pas de le dire, il faut aussi travailler derrière. En tous cas il n'y a rien de pire que de dire à quelqu'un que c'est un cas irrecuperrable.

La vengeance, non, je ne peux pas accepter cette idée. Si c'est pour éviter que d'autres crimes soient commis, comme dans le cas de ce film, oui, bien sûr. Mais si c'est une simple vengeance pure et dure, non, je ne vois pas l'intérêt. Le vengeur ne sera pas plus heureux après qu'avant. Il se sentira peut-être soulagé, oui, mais ce fardeau dont il est soulagé n'aurait même pas existé s'il avait accepté les choses telles qu'elles sont. Si on vous vole votre voiture et que vous considérez qu'il aurait pu en être autrement, vous aurez de la rancoeur contre le voleur. Mais si vous considérez que les choses sont comme elles sont, que c'est la loi du karma, vous n'avez plus de rancoeur contre qui que ce soit, et vous n'avez plus rien à venger.

Ce débat pourrait aussi nous amener sur la peine de mort... Mais j'ai peur de dévier un peu du sujet initial, je laisse donc le bâton de parole à celui qui le souhaite

A bientôt,
Sol


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Svetlina
Silence
Membre du conseil
   Posté le 30-06-2007 à 14:13:22   Voir le profil de Silence (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Silence   

Bonjour Solomon,

J'apporte à mon tour ma pierre, vu que ma vision du Bien et du Mal est assez différente (pour ceux qui m'ont déjà lu ).

(Petit résumé pour ceux qui auraient raté : pour moi les notions de Bien et de Mal sont largement supplantées par le concept d'Harmonie, qui non seulement engloge ces deux notions, mais engloge bien plus encore... De plus l'Harmonie est la seule notion universelle, c-à-d qui existe à tous les niveaux, à tous les plans de matière et d'énergie, alors que le Bien n'existe qu'après l' UN, et pour le mal, il n'apparait que dans des couches plus basses... d'ailleurs les mages et les invocateurs ne nous disent-ils pas que les entités négatives font partie du bas-astral ?)


Tout d'abord il y a la notion d'action-réaction.
Il est clair qu'une vengeance pré-méditée est bien différente d'une vengeance sur le fait.
Je suis assez partisan du "faire ce qu'il doit être fait".
Dans le cas de la légitime défense (qui n'est donc pas un cas de vengeance), si quelqu'un menace ma vie, et que j'ai à ma disposition une technique qui va me sauver mais qui lui sera mortelle, eh bien tant pis pour lui. Et je n'aurais même pas de regrets, d'ailleurs, je n'aurais pris aucune décision. Je ne suis pas acteur, juste réacteur. N'ayant pas mon libre arbitre, c'est un peu comme si j'étais simplement l'instrument du destin et de sa loi de retour de baton. Les choses changent notablement si j'ai à ma disposition une technique non-mortelle mais que j'emploie la mortelle quand même... mais là encore cela dépends si j'ai pris une décision, ou si je n'en ai pas eu le temps et que ce sont mes instincts et mes réflexes qui ont exécuté seuls le geste fatal.
Dans le cadre d'une vengeance froide, des années après, là on est clairement acteur, et on a tout notre libre-arbitre : cette fois on a notre conscience et la morale à affronter, et quand il y aura jugement (par Dieu pour les monothéiste, le Karma pour les hindouistes, ou par notre âme pour ceux qui pensent comme moi), nous seront juger pour cet acte, avec comme question de fond : l'acte était-il nécessaire ? Etait-il guidé par une pulsion, un désir égoïste ? ou bien par un sens (erroné ou non) de la justice ? Ou plus simplement : l'intention était-elle louable ou le prétexte fallacieux ?
Entre les deux, pour une vengeance à chaud, la part d'action ou de réaction varie. Il n'y a bien-sûr pas de règle, mais nous ne pouvons pas tricher avec nous-même (en se racontant qu'un acte n'était que réaction).
Dans tous les cas, la haine reste "mal" (même si dans le cas de ton film, pour ne pas hair de tels assassins il faudrait être un surhomme).

D'ailleurs toutes les vengeances laissent des traces, des séquelles, qui sont d'autant plus graves que la vengeance est violente et active (par opposition à réactive). C'est se causer du tort à soi-même que de se venger.

Dans le cas de justiciers improvisés, qui veulent arrêter des gros méchants pour les empêcher définitivement de nuire, bon ben là encore, il vaudrait mieux que l'intention soit *vraiment* sincère. Et surtout qu'à aucun moment le dit justicier n'y prenne goût. A ce sujet, une célèbre citation disait à peu près : "A force de combattre un ennemi, peu à peu on fini par devenir comme lui". Dans de tels circonstances, le fil de l'Harmonie sera rompu très rapidement, et le fil du Bien sera prêt à casser d'un moment à l'autre.
Faire cela sans casser le fil de l'Harmonie réclamerait l'abnégation la plus totale, en devenant simplement comme je le disais plus haut, l'instrument du destin, de la loi de l'équilibre. C'est cela que j'appelle "faire ce qui doit être fait".



A propos des gens mauvais, je pense effectivement que certaines personnes sont entièrement mauvaises, mais ce sont des êtres rarissimes, peut-être une personne sur un million.
Je ne pense pas qu'il faille s'occuper de ces êtres là tant qu'ils restent dérisoires. Par contre si leurs actes dépassent les bornes : loi de cause à effet et de retour à l'équilbre (faire ce qui doit être fait).


Citation :

Tueurs en série, pédophiles, violeurs, terroristes, braconniers... et pire encore : multinationales (les assassins du silence)... Le monde est rempli de ces fléaux. Qui a envie d'un monde avec ceux-là ? Honnêtement qui ?

L'idéal serait qu'il existe plusieurs planètes viables. Tout ceux qui pronent la loi du plus fort : hop, sur la planète de la loi du plus fort !
Violent ? sur la planète des violents.
Pervers ? sur la planètes des pervers.
etc...
Bien-sûr c'est un jeu de l'esprit, imaginez le pauvre malheureux qui est né sur la mauvaise planète (et non, monsieur Nicolas S., la violence et la perversité, c'est pas dans les gènes).

Mais si seulement les gens pouvaient se regrouper par eux-même selon ce genre de schémas
On pourrait même appliquer ça à la politique : un pays pour ceux qui prônent l'argent comme unique valeur, un pour les humanistes... Le rêve... Ca serait ça, la vraie démocratie !

Message édité le 30-06-2007 à 14:17:45 par Silence
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