| Abraxas | | Membre du conseil |  |  |
| Posté le 17-10-2014 à 17:18:32
| Bonjour, Voici la reprise dun texte et surtout dune traduction que jai posté ailleurs et qui intéressera peut-être dautres lecteurs. H.E Douval est le pseudonyme de Herbert Emil Döhren, cet auteur na pas de notice biographique, on trouve cependant une notice bibliographique au catalogue de la bibliothèque national allemande : Bibliographie Bücher der praktischen Magie: Douval, H. E.:Ed. Bauer, 12 tomes, 1954-1956, réédité 8 fois (la dernière en 1986), aux éditions Bauer, puis aux éditions Schikowski en deux tomes. - Bd. 1. Ritus und Zeremoniell der Magie, 1954 - Bd. 2. Magische Hilfsmittel, 1955 - Bd. 3. Konzentration als magische Kraft, 1955 - Bd. 4. Gedankenstille, Mutter aller Magie, 1955 - Bd. 5. Imagination als geistige Wegbahnung, 1955 - Bd. 6. Hellsehen als experimentelle Magie,1955 - Bd. 7. Magie und Toxikologie, 1955 - Bd. 8. Magie und Astrologie, 1956 - Bd. 9. Wandlung des magischen Menschen, 1956 - Bd. 10. Magische Phänomene, 1956 - Bd. 11. Die sieben Welten und ihre Kräfte, 1956 - Bd. 12. Stein der Weisen, Lebens-Elixier, 1956 Beweise der Wiedergeburt; Douval, H. E.ed. Bauer, 1956 Richtig Kartenlegen - leicht gemacht!: Douval, Herbert Emil. - Freiburg i. Br. : Bauer, 1957 Telepathie - die Magie der Wirkung in die Ferne; Douval, H. E. Ed. Bauer, 1957 Magie des Unbewussten; Douval, H. E. ed. Lebensweiser-Verl., 1958 Eros und Magie; Douval, H. E.. Ed. Lebensweiser-Verl., 1959 (reedition: Arcturus-Verl., 2007) Wie stelle und deute ich mein tägliches Horoskop?; Douval, H. E. Ed. H. Bauer, 1960 Wiedergeburt durch innere Sekretion; Douval, H. E. Ed. Schwab, 1964 Praktische Anleitungen zur Bewusstseins-Erweiterung: Douval, H. E..: ed. Bauer, 1973 Son uvre la plus connu, avec plus de dizaine de réédition reste les Bücher der praktischen Magie , totalement inconnu en dehors de la sphère germanique (et pour cause il nen existe aucune traduction en langue étrangère), Douval jouit dune solide réputation dans les cercles ésotériques allemand. Personnellement, jai découvert cet auteur à travers mes recherches sur la Fraternita Saturnis, au-delà de son uvre et de sa bibliographie il ma été totalement impossible davoir des informations concrètes sur cet auteur. Tout ce quon peut dire cest que le « Bücher der praktischen Magie» faisait partie dun corpus de livre, qui était défini comme « à lire » pour tout membre de la Fraternita Saturnis, et cela avant même 1956 date de la parution dun autre livre qui a rejoint ce corpus à savoir celui de Franz Bardon « Der weg zum wahren adepten », qui est quant à lui beaucoup plus connu. Cela ressort des lettres de la loge et du magazine Gnosis. Etant donné quil nexiste pratiquement rien en langue française sur cet auteur, je prends la grande liberté de traduire une partie du premier tome de « Bücher der praktischen Magie » et qui concerne la définition même de la magie selon Douval (les mots entre crochet sont des ajouts qui ne sont pas dans le texte original, c'est juste pour faciliter la lecture ou apporter des précisions):
Citation :
De LABC de la haute magie. En accord avec son but, ce tome commence avec lenseignement élémentaire de la magie, ce qui signifie quil va familiariser le lecteur avec les causes originelles de la magie. Chacun, même ceux qui sont familiers avec ce sujet, devraient tout de même les lire, pour que les hypothèses et les concepts faux ou insuffisants soient balayés, combattus ou complétés, pour que les structures, les fondations, soit sûres et solides dès le départ, [quelles soient] la base pour tout ce qui va suivre. Bien que chacun sache, ce que lon doit comprendre sous le terme de magie, peu sont vraiment capable de définir ce terme de manière claire et exhaustive. Nous voulons le faire ici à loccasion, non pas pour arbitrer sur la vieille dispute, [à savoir] si les forces inconnus sont rendu visibles et effectives de l « extérieur » ou bien sont activés de l « intérieur », du fond de lâme, mais plutôt pour donner une base claire de travail. La magie est laction par des moyens inhabituels, ou plus exactement, avec des forces psychiques inexplorées (le lecteur attentif notera rapidement, que dans une uvre magique réalisé, les forces de l « extérieur » et de l « intérieur » afflux ensemble, [elles] travaillent conjointement à un but). Les cinq points suivants appartiennent, comme composants essentiels, à tous uvres magiques : a. Connaissance des lois et de la pratique (l « ordre » - le rite et les « usages formelles » cérémonielles de la magie) b. Connaissance du chemin, qui amène de manière sûre et sans danger dans les champs de forces magiques. c. Basculement sur le monde magique. d. Disposition, ou plutôt appropriation (la « préparation » ) e. Le travail sur soi et sur luvre, se consacrer à et pour le service de la Magie : le secret, que comprend en lui le domaine magique. a. On notera concernant le premier point, que par exemple le chercheur atomique [ne] peux disposer de la force atomique, [que] lorsquil connait les lois dont elle dépend. Il doit donc connaitre la règle, qui apporte les mêmes résultats sous les mêmes conditions et les mêmes circonstances. Mais après [cela], il doit [également] trouver un chemin pratique, pour exploiter les forces actives daprès les lois connus quil a ainsi découverte, cest-à-dire rechercher une forme de leur efficacité. Et cest exactement aussi ce que le magicien doit faire : connaitre les lois [régissant] les forces avec lesquelles il veut travailler, et maitriser les formules avec lesquelles il peut les rendre effectives. Les « rites » et « cérémonies » sont compris aujourdhui au sens large, après que le concept de magie ce soit étendu en correspondance avec une vision du monde renouvelée et élargie [NDT : il parle ici des changements fondamentaux de la société au court du XIXème et du XXème siècle]. Par exemple du moyen-âge jusquà nos jours, la plupart de cérémonie magique soccupaient presque exclusivement avec la maitrise de l « essence élémentaire », [de] la « manifestation dentité astrale » et [de] la « conjuration ou du bannissement desprits », en un mot avec une sorte de magie que nous qualifierions de « noir » aujourdhui. Si nous devions représenter à présent la vision magique, il est [alors] essentiel dinclure dans les rites la totalité des lois et des conditions du travail magique, détendre le scope des cérémonies jusquaux composantes essentielles des formes magiques médiatrices. Aujourdhui, la magie comprend la totalité des phénomènes qui ont un rapport avec les forces psychiques cachées de lHomme, ou bien qui peuvent être « produites » ou « atteintes » par ces dernières. Lenchanteur du 14ème siècle contenait son désir, avait besoin de force de caractère, dintrépidité, dimpitoyabilité [NDT : néolog.], oui de cruauté, le magicien « moderne » développe en soi les forces nécessaires et les utilisent, pour rentrer en contact avec les puissances congénères (orienté identiquement) [NDT : sympathiques]. La Charlatanerie, les superstitions et les petits secrets allèrent main dans la main avec la « magie noire ». La clarté, la vue synoptique, louverture, la vérifiabilité, lenquête détaillé et exhaustive de tous les mystères « surnaturels », sont les signes de la « magie du 20ème siècle », dont la phénoménologie est pratiquement totalement expliqué par la psychologie expérimental, particulièrement la psychologie profonde (1) des phénomènes qui étaient vu autrefois comme « superstition ou sorcellerie ». b) Cependant ces lois, une fois quelles ont été reconnu, doivent être mise en relation ensemble, ce qui signifie que lon doit trouver un chemin pour pouvoir les utiliser sans dégât pour la vie et la santé de lexpérimentateur et de son environnement. Le chemin unit donc toutes les lois connus du praticien vers un but précis, vers des résultats prévisibles. c) Pour aller sur ce « chemin », le cherchant doit le « voir », car il ne sagit pas dun chemin fait de pierre, même pas dun sentier : le « chemin », que loccultiste empreinte, est présent dans une sphère particulière, pour lui bien plus « réel » que le chemin de pierre précité. Mais pour cela on doit dabord le visualiser, et pour cela on a besoin de sens, qui doivent être « exploité » pour le voir : ce basculement sur le « chemin magique » doit être mené de manière conséquente pour celui qui pénétré dans le domaine surnaturel d) Comme quatrième condition nous avons nommé une « disposition » à luvre magique, ou bien, si cette dernière manque, une appropriation : [cest] la « préparation » de lexpérimentateur. e) Comme le « chemin » des parapsychologues de celui qui travaille avec le « surnaturel », semble se perdre dans les nuages et que seules les premières marches de léchelle sont reconnaissable et atteignable, le travail constant sur soi et à luvre et un prérequis à l « élévation ». Nulle part ailleurs quici larrêt est descente. Lidéal ne sera atteint que lorsque le magicien abandonnera sa personnalité propre, pour se donner sans compter à son uvre et à son but. Le chemin en quatre étapes. 1. « Basculement sur l[angle de] vision magique : Lautre côté du monde ». Les manifestations parapsychologiques sont des effets du domaine spirituel, qui donc, plus que tout autre « faits », doivent trouver leur origine dans le mental [NDT Geistig syn : spirituel]. Si le lecteur veut sadapter au « monde magique », ou même avoir lui-même une action sur ce dernier, il doit [pour cela] entreprendre un changement complet de sa [manière de] pensée, sentir et croire. Le monde à pour notre considération deux aspects. Jusquà présent le lecteur nen aura connu quun seul, laspect matériel, [et] maintenant il doit quitter son [propre] point de vue et choisir le [point de vue] opposé. Le monde na absolument pas changé lors de ce changement de point de vue, mais de son nouvel angle de vision, lobservateur le voit différemment. Et cest cela qui compte. Il doit sapproprier le monde, qui va ainsi se découvrir à lui, il doit vivre et agir dedans ; ces notions et conceptions doivent devenir les siens. Même lorsquil doute ou bien récuse, il doit se contraindre pour linstant à croire. Il se rendra rapidement compte, que les choses sont, comme il croit quelles sont. Bientôt il réalisera, quelles possèdent des caractéristiques, quil na jamais remarqué, quelles possèdent des forces cachées, quil na jamais réalisé, quil na par ailleurs jamais expérimenté, en un mot, que le monde entier est véritablement et pas à son désavantage ni au détriment de lobservateur complètement changé. Ce « basculement sur l[angle de] vision magique », sapproprier les « choses », dont nous parlerons ici, est très utile, mais cela devient indispensable, si le lecteur veut tirer un quelconque bénéfice du travail qui lattend. Intellectuellement il peut comprendre, - sil nest pas complétement borné [NDT versteinert, litt : pétrifier] -, le contenu de ce livre aussi bien que nimporte quel autre. Il ne peut en revanche enrichir sa vie que sil suit notre conseil. Il se pourrait alors, que soudainement ou bien graduellement en fonction de lévolution de chacun sa vie acquière de nouvelle fondation, [et] que ce qui ne fut quune excursion en terre inconnu, [devienne] un monde nouveau, [plein de] couleurs chatoyantes, [de] perspectives nouvelles, littéralement le départ dans une nouvelle vie dans de nouveaux mondes. Ici ne peut être le lieu, pour expliquer en détails cette « vision du monde magique ». Cela se fera, dès que cela sera nécessaire, dans les chapitres suivants de ce livre, et de manière détaillé dans les tomes suivants. Cependant nous voulons montrer, en quelques traits marquants, ce que lon doit vraiment comprendre sous [le terme de] « basculement » sur le point de vue magique. Il y a, dit de manière volontairement sommaire [et] pour garder les choses claires deux mondes : le matériel, perceptible avec nos cinq sens, et le monde spirituel, pour la perception duquel, des sens particuliers, qui normalement ne sont pas actifs, sont nécessaires. Ces sens spirituels se réveille parfois de manière spontané (soudainement temporairement) sous certaines conditions, pour disparaitre à nouveau, ils peuvent également être actifs dès la naissance (par exemple chez ceux qui ont la « double vue »), dun autre côté, ils peuvent être réveillé par des exercices particuliers. Cette « dichotomie » [NDT : division binaire] du monde, [et] lexistence de « Supra-sens »~[NDT : ou sens supérieurs], le lecteur doit les considérer comme des faits indiscutables. Les autres composantes indispensables [et] incontournables du « basculement », sont le changement complet des notions, des pensées, des sensations, des croyances, cest-à-dire de la totalité des fondements idéologiques (2) . Une vision du monde dominante doit être « régénéré » (renouvelé suivant le nouveau angle de vision : le monde matérielle est une représentation de Dieu [NDT : c.à.d. le monde tel que dieu l « imagine », le pense ou tout simplement le « rêve »], dun point de vue spirituelle [cest] une irréalité, une bulle de savon, une fantasmagorie, une illusion : la Maya. Il sen suit que la croyance en une loi fondamentale spirituelle soutenant tout [et] contentant tout en elle, que lhomme religieux appel Dieu, est le premier besoin de laspirant. Dès quil pénètre plus profondément dans les merveilles de la magie, lorsquil est libéré du matériel : que ce soit la mort ou bien dans dautre états particulier, il se rendra alors rapidement compte, à quel point laction du corporel est insignifiante, [et] à quel point celle de lesprit est omnipotente. Le corps [lui]-même est un outil - une forme manifesté - créer par lesprit pour des tâches précise sur [cette] terre. Derrière lui se cache la vérité, limportant, qui est derrière toute chose corporelle. Le lecteur doit donc en premier se familiariser à la conception étrange, que lesprit change de corps à volonté, que labandon dun corps ce quon appelle la mort nest quun processus sans importance, cest-à-dire que pour quelquun qui vit sa vie de manière correct, orienté vers un but, [cest un processus] libérateur [et] stimulant. La peur de la mort doit être banni dans les recoins les plus reculés de lâme, là où se réunissent les fantômes dune vie passée et limitée, et qui devront être détruit à jamais par un acte de foi (3) . Les manifestations de lesprit, les accomplissements de lâme pensée, désirs, ressenties sont plus important que lêtre corporel, qui est lui-même façonné en premier lieu par cette force. Que lon se familiarise donc à regarder dans ces pulsations de forces vivantes et quon la garde bien particulièrement après sêtre fixé un but, après la reconnaissance de [ses propres] fautes et faiblesses. De la même manière on rejettera pour le domaine magique, les concepts de temps et despace. Léternité ne les connait pas le cherchant persévérant se rendra compte par lui-même de cette vérité suffisamment tôt. Comme lesprit humain dans son expression [NDT syn puissance] la plus élevé nest quune « étincelle » de « lesprit universelle » et ainsi « part » de tout ce qui existe, pense et crée, il ny a pas dindividualité (existence particulière [NDT : syn dissocié ou séparé, ss-entendu du tout]) dans un sens matérielle terrestre- LHomme abandonne son « être extérieur » [NDT : son apparence], son point de vue égocentrique (centré sur soi) : il est une part des lumières célestes, maitre sur tous les mondes, responsables de tout ce qui arrive dans tous les recoins du cosmos. La somme de toute sensations bonne ou mauvaise, des mots, des uvres façonnées par lhomme -, les peuples, du destin du monde, des périodes de paix ou des temps catastrophiques. A travers sa [propre] « résonnance » ou bien son « suis-je être le gardien de mon frêre ? » (4) destructeur et négatif, lhomme est responsable pour toute vies. Oui, [il est] co-créateur de lesprit humain, co-gardien du tout : tout-puissant ! Bücher der praktischen Magie - Bd. 1. Ritus und Zeremoniell der Magie, 1954 - Traduction Abraxas NOTE: (1) NDT : Tiefenpsychologie, cest la totalité des concepts psychologiques et psychothérapeutiques qui se concentre sur linconscient comme cause des comportements humains], (2) NDT : weltanschaunlich c.a.d qui se rapporte à la vision du monde globale, on pourrait presque dire dogmatique mais cela serait péjoratif et ce nest pas ce que lauteur veut dire]. (3) NDT : Machtspruch, en allemand équivalent dun ordre formel, cest un terme juridique utilisé lorsque lempereur annulé une décision de justice, il ny a pas déquivalent français, on pourrait cependant traduire par injonction] (4) NDT : cit. livre de moise 5-34 |
Pour Douval la magie est une composante de la croyance, de limagination, de la concentration et de la capacité à « faire le vide » dans ses pensées. Cela rejoint en quelques sortes Bardon qui nomme quant à lui comme composante principale la volonté (cest léquivalent de la concentration chez Douval), la sensation, limagination et la croyance. On retrouve des thèses similaires non seulement chez Bardon mais aussi chez Quintscher et chez Weinfurter. Autant il est documenté, voir plus facile de tirer des liens de filiations idéologiques et pratiques entre ces différents auteurs, autant Douval reste un mystère. Même si comme les auteurs précités il utilise parfois le terme de force « Od », en référence aux travaux de Reichenbach, mais cette mention typiquement germanique semble commune à tous les auteurs de cette époque. On notera aussi quil fut publié dans la même maison dédition que Bardon, à savoir les éditions Bauer, à Freiburg. Il est dailleurs difficile de comprendre pourquoi Bardon a eu tant de succès à linternational et Douval si peu. Cest peut-être justement parce que Bardon (qui a un style déplorable en allemand comparé à Douval, mais cest normal étant donné que ce nétait pas sa langue maternel) aborde lensemble de la théorie magique, à travers une sorte de filtre théosophico-hermétique, ou tout du moins une approche syncrétique entre lorient et loccident, même si ce dernier trait est renforcé à lextrême dans la traduction française (notamment à travers les notes de Moryason qui tendent à tout ramener à des concepts théosophiques). Personnellement japprécie beaucoup lapproche pragmatique et pratique de Douval, il rejoint la vision pratique de Bardon et même de Crowley par certains égards, mais il ne sencombre pas comme eux de théorie hermétique (voir complètement imaginé comme cest le cas chez crowley) et est donc abordable par nimporte qui quel que soit sa spiritualité. Je crois me souvenir dailleurs que Thomas Hakl (éditeur du magazine Gnostika), qui a également découvert la magie à travers son uvre, en a plus ou moins la même critique, jessaierais peut-être de retrouver le texte ou il en parle
. Grüssi Abra
-------------------- Carita bene ordonata incipit a se met ipso |
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