| | pelerin sur le sentier | | Membre du conseil |  |  |
| Posté le 21-02-2006 à 15:40:03
| Oui, vous on va me dire que ce post aurait bien sa place ailleurs... alors je mets le liens qui mène à cet autre sujet : Le libre arbitre : https://abrasax.alloforum.com/sujet-11765-0-1697-0-0-1-3065-1.html La raison, est que ce post, est d'une amie, et que je poste pour elle car elle ne peut aller sur le net....voilà voilà!! Considérer ce post comme sujet de reflexion ; il dégage quelque vérité subtil....à vous de lire!! tout cela m'a guidé à poster à part, car il n'est pas en reponse à certains sujets!... En parcourant un des classiques de notre patrimoine culturel, je me suis arrêtée sur une phrase : « Demain ne nous obéit pas « ( cf lHomme qui rit , Victor Hugo). Ces quelques mots mont donné matière à penser. Comme quoi la réflexion est partout et même (devrais je die « surtout » ?) où on ne lattends pas. En effet, « demain ne nous obéit pas » semble contenir bon nombre des questionnements auxquels lhomme est confronté depuis tout temps. Quest ce que « demain » ? La certitude, ou du moins lespoir dun avenir. Un pas de plus vers la mort. Un jour de plus qui nous éloigne de notre dernière naissance. La cause rationnelle qui nous certifie que le soleil se lèvera indubitablement après avoir salué les étoiles et embrassé la lune. Quest ce dautre que demain ? Quest ce sinon un mot qui nous rappelle que lexistence ne se borne pas à léphémère aujourdhui dont nous sommes témoin ? Et ce « demain » cest à « nous » quil n« obéit » pas. « Nous » est qui ? Cest « je » + « tu » + « il » + « elle » + « vous » + « ils » + « elles » . « Nous », cest « on » : cette généralité qui symbolise lHomme au sens large du terme ; lHomme et tout ce qui fait de lui un homme et non une bête. « Nous », cest vous tous et moi réunis, incluant nos différences et nos dissemblances. « Nous », cest lhomme blanc autant que lhomme noir, le sage autant que le fou , légoïste, comme laltruiste, lenfant tel le vieillard, lassassin au même titre que linnocent. « Nous », cest ce formidable symbole dunion, cette utopie, qui fait de lhumanité une unité constituée dindividus différents, une unité soudée et donc plus forte. Sans avoir ni la prétention ni la volonté dimposer mes idées, je dirais néanmoins que « Nous » est certainement ce vers quoi il faut tendre. Et ce quHugo introduit entre « demain » et « nous », ce avec quoi il lie ces deux termes, cest la notion dobéissance, ou plutôt de non-obéissance. « demain » nobéit pas à « nous ». Autrement dit lavenir (la vie ne se bornant pas à léphémère dont nous sommes témoins), nobéit pas à lHomme (lUnité que constituent les êtres particuliers une fois réunis). Lauteur annonce cela comme une certitude. Nous apporte-t-il pour autant une quelconque preuve irréfutable nous poussant à considérer son point de vue comme une vérité absolue ? Assurément, non. Victor Hugo disait qu«être contesté, cest être constaté ». Puisque nous le constatons, il est donc de notre droit de le contester. Peut être en arriverons nous au même point que lui mais je ne crois quil soit vain dy réfléchir. Et dans lidée de lunité que jai déterminé comme étant « Nous », je crois intéressant dy songer ensemble. Nos point de vues, quels quils soient, évoluent les uns au contact des autres. Demain ne nous appartient pas, maurait semblé indiscutable. En effet, rien ne me certifie que je ne mourrais pas aujourdhui. Il est toujours possible que je ne vois pas demain, du moins que je ne le vois pas dans le corps que jhabite aujourdhui. Dans ce cas, il mest impossible de dire que demain mappartient. Demain appartient à ceux qui le connaîtront. Ceux qui meurent aujourdhui, demain nous pourrons, dire quhier leur appartenait et peut être que nous les retrouverons après demain, mais « demain » nest pas leur puisquils ny sont pas. Mais dans lhypothèse où nous survivons à aujourdhui (et à moins dune catastrophe terrible, la majeure partie de « nous » devrait en effet arriver jusquà demain), est-il juste de dire que « demain ne nous obéit pas » ? il semble impossible de répondre à cette question de manière impartiale. Les croyances au sujet de « demain » sont trop variées. Celui qui croit au destin au sens où tout est écrit davance et qui ne voit en lhomme quune marionnette articulée, guidée par une force toute puissante que certains appellent Dieu na aucune raison de croire que demain lui obéit puisquil croit que tout obéit au puissant en qui il a foi et que lui nest quun pion quon mène où il doit aller. Celui ci ne croit pas au libre arbitre et doit trouver absurde (voir idiot) le fait que je soulève un questionnement où, à ses yeux, il ny avait quaffirmation. Celui là me répondrait donc sans hésitations que demain ne nous obéit pas. » Et celui qui croit différemment au destin, je suis tentée de dire plus modérément, celui qui croit que si, en effet, le Céleste a posé ses doigts de fée sur lunivers dionysiaque afin dy poser quelques réalités immuables, il reste à lhomme son libre arbitre, le droit de choisir son chemin et même le droit à lerreur ; que me répondra celui là ? Pourra t-il me dire que « demain ne nous obéit pas » ? dans quelle mesure pourrait il me dire que « demain » ne fait pas précisément partie de son libre arbitre, et même de sa marge derreur ? Celui ci, qui pense que lunivers céleste et le monde chtonien cohabitent, serait forcé de tempérer sa réponse. Il ne pourrait pas dire que « demain » ne lui obéit aucunement puisquil sait être maître dau moins une partie du chemin qui le mène à ce « demain » mais il ne serait pas davantage en mesure de dire que « demain » lui obéit totalement puisquil nignore pas que le Céleste est intervenu et que, peut être, il a touché à ce demain. Que me répondrait ladepte dEpicure, nobéissant quà une devise : « carpe diem » ? Il ne me répondrait probablement pas, il se désintéressait certainement de ma question puisque, pour lui, seul le jour présent compte. Ou alors, il me dira que « demain » ne le regarde pas, quil ne vit que pour aujourdhui et que lorsque « demain » sera aujourdhui alors, il sy intéressera. Mais il ne pourra pas répondre à ma question puisquelle ne le concerne pas. Que dirait celui qui ne croit ni en Dieu, ni au destin ni à la devise de lEpicurien ? Il pourrait me dire que non, « demain » ne lui « obéit pas ». Que « demain » sera le fruit du hasard et que sa présence en ce « demain » nest elle aussi quun hasard ou une coïncidence. Ou il pourrait me certifier au contraire que « demain » lui obéit en tout point puisque « demain » nest que la continuité daujourdhui et que ce sont donc ses choix et ses actes daujourdhui qui déterminent ce que sera « demain ». Pour illustrer son propos, il pourrait dailleurs choisir de se donner la mort pour me prouver que sil décide quil ny ait pas de « demain », il ny en aura pas. Mais il me prouverait simplement quil nobéit quà lui même et quil est en mesure de choisir de nêtre pas « demain » ce quil est aujourdhui. « Demain » aura quand même lieu. En aucun cas il ne me démontrerait ainsi que « demain » lui obéit. Et ce « nous », dont Hugo dit quil nest pas maître de « demain », cest autant celui qui croît à la Providence que celui qui ny croit que modérément, que ladepte du jour présent, que celui qui croit au hasard, que celui qui pense diriger demain et que tant dautres encore que je nai pas cité. Comment déterminer celui qui est le plus proche de la vérité ? Cela semble impossible. Je peux dire que le croyant se trompe car la Providence nexiste pas mais sil ne peut me prouver son existence, je ne peux guère davantage justifier son non-être. Si je dis que lEpicurien se trompe car « demain » existe bel et bien même si lui ne voit que le jour présent, il naura quà me répondre que lorsque nous arriverons à « demain » alors nous serons aujourdhui et son raisonnement sera aussi juste que le mien. De même, si je dis à celui qui croit que « demain » dépend de ses choix et de ses actes quen réalité « demain » dépend dautre chose, je ne pourrais pas plus que lui justifier mon propos. Hugo semble donc admettre comme une évidence ce qui pourtant nest pas si simple. Il me reste peut être à donner mon point de vue sur la question mais je ne crois pas quil est un quelconque intérêt. Dailleurs, peut être nen ai je aucune idée
Je dirais seulement que « demain » sera très certainement et que « nous » fera partie de ce « demain ». |
| | Solomon Kane | | Membre |  |  |
| Posté le 22-02-2006 à 22:44:26
| "La raison, est que ce post, est d'une amie, et que je poste pour elle car elle ne peut aller sur le net." Eh bien c'est fort dommage car on se prive d'une participante fort douée. Quelle brillante écriture ! Tu pourras lui transmettre tous mes compliments. C'est riche, structuré, superbement raconté, plein de références savantes... Et surtout c'est intéressant, faisant habilement le tour de tous les points de vue possible pour s'achever par une conclusion qui ne donne ni raison, ni tort à personne. "Je peux dire que le croyant se trompe car la Providence nexiste pas mais sil ne peut me prouver son existence, je ne peux guère davantage justifier son non-être." C'est exactement le genre de phrase que j'ai sorti à plusieurs reprises sur le tchat pour désamorcer des débats qui prenaient un chemin houleux afin de placer chacun des participants devant leur impossibilité à prouver leurs différentes théories. Dans tous les cas c'est la tolérance qui doit primer car, comme le dit ton amie, il faut dépasser le "je" pour penser "nous". Quant à demain... eh bien c'est un autre jour ! Dav
-------------------- "On n'est pas le meilleur parce qu'on le croit, mais parce qu'on le sait." |
| | Mallory | | All you need do, is touch a star... | | Inactif |  |
| Posté le 23-02-2006 à 14:42:42
| Juste une petite citation qui m'a fait réflcéchir récement: La voix de lémissaire résonna dans mes oreilles. Elle disait que, pour moi, la seule différence entre percevoir mon monde et percevoir le leur était que leur monde se présentait et disparaissait en un clin dil. Quand je percevais le mien, ce nétait pas le cas, car ma conscience avec la conscience dun immense nombre dêtres comme moi qui mainte naient avec leur intention mon monde en place était fixée sur mon monde. Lémissaire ajouta que, pour les êtres inorganiques, percevoir mon monde commençait et sachevait de la même façon, en un clin dil. Mais lorsquils percevaient le leur ce nétait pas le cas, parce quil existait un grand nombre dentre eux le maintenant en place par leur intention. Carlos Castaneda, l'art de rêver *Petit délir personel* Je me suis mise à voguer dans mes pensées avec cette notion de libre-arbitre et d'intention. Si je suis reliée à toutes choses et que je suis à la base que de l'énergie, un amas d'atomes... (Me référant à mes croyances personelles) Mon intention, ajoutée à celle des autres, est de former cette réalité. Ex: un amas de particule d'énergie infimes, se coagulant, formant une masse, formant une table. Cohésion et adhérences formées dans notre cas de tous nos archétypes rassurants et de cette réalité renforcé par les médias, les croyances..etc. autre petit extrait: Or, avec ces sciences, nous ne faisons qu'expliquer les choses dans lesquelles nous baignions et sur lesquelles nous ne pouvons pas avoir une vision objective et complète. Comment donc décrire en effet le monde en en faisant partie et sans s'en extraire? Deuxième bémol bien connu des physiciens étudiant les systèmes quantiques, c'est à dire la vie des particules les plus petites constituant la matière: on s'est aperçu que le simple fait d'observer ces particules pouvait influencer leur comportement. Incroyable ? Magique ? En apparence seulement ! Cela nous montre surtout que tout est interdépendant, tout est relié et pourquoi pas, que quelque part, tout ne fait qu'un. source: l'univers hollographique, Karmapolis : http://karmapolis.be/pipeline/matrix.htm Si je suis cette logique et celle du libre arbitre... Demain devrait en théorie nous appartenir. Seulement ça n'appartiens pas aux hommes. Puisque les créatures non-organiques de Carlos Castaneda, voit notre demain passer à la vitesse d'un clin d'oeil. Si demain n'est pas linéaire et que nous considérons les autres mondes, les autres formes de vies "possibles"... Alors demain n'appartient certainement pas à une seule espèce... Que dire du petit organisme microbien qui ne vit qu'une journée? Demain, ça n'existe pas pour lui. Donc, celon notre perception, ou notre intention... Demain est très relatif! Vraiment interessant cette discution! |
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